OCTOBRE NOIR (Edito du 29 Octobre)

Philippe DUPONT

 

« Nous sommes entrés dans l’ère des incertitudes » disait Georges Pompidou en 1974 à propos du premier choc pétrolier et surtout de la fin « des Trente glorieuses » économiques que connut la France. C’est une phrase que pourrait reprendre à son compte, dans un contexte certes totalement différent, l’actuel locataire de l’Elysée, Emmanuel Macron sur les moments difficiles que connait notre pays concernant les deux virus qui le plombe lentement mais surement : à savoir l’interminable crise sanitaire et le terrorisme islamique qui s’est réinvité de façon sanglante dans un quotidien qui peut apparaitre anxiogène à un grand nombre d’entre nous….

Après ce printemps « pas comme les autres » a succédé « l’été indien » que l’on pensait naïvement salvateur et générateur d’un retour aux « temps d’avant » mais qui aura vite été éclipsé par un début d’automne qui a décidé de ne plus faire de nous « les maitres des horloges » bien que nous soyons passés récemment à l’heure d’hiver….

A l’orée des vacances de la Toussaint, la « Covid 19 » qui elle,  ne prend jamais de vacances,  a donc repris du service avec une brutalité que les plus prudents n’avaient imaginée…obligeant nos humbles dirigeants à prendre des mesures défensives telles les « couvre-feux » qui auront vite été balayés par la déferlante virale obligeant un remake de l’épisode printanier : « Confinement 2 : le retour » avec dans une version plus « soft » enfin pas pour tout le monde : les secteurs déjà fragilisés qui poursuivaient une convalescence fragile croient sentir « l’épée de Damoclès » leur chatouiller le cuir chevelu….

Pour l’instant « un mois au minimum de vie sociale et professionnelle sous cloche » est imposé, faute de mieux, à la France et à ses voisins, pris dans l’œil de ce maléfique cyclone avec en prime la « vague scélérate » du fanatisme religieux qui a déferlé récemment sur les rives de l’Oise pour finalement submerger les abords de la « Baie des Anges », cette dernière qui avait déjà connu naguère, l’horreur un certain Quatorze juillet, pourtant fête nationale… On souvient de cette phrase prophétique d’André Malraux « Le XIXe siècle sera religieux ou ne le sera pas » et surtout d’en mesurer la portée….

On le sait, tout relâchement, aussi bien au niveau sanitaire que dans la vigilance face à cette « armée de la haine » attisée par des éléments extérieurs décidés à en découdre avec « les mécréants Français qui osent blasphémer le prophète » ne doivent pas nous faire baisser la garde et surtout pas nous laisser nous enliser dans une sinistrose ambiante.

Emmanuel Macron, habitué aux critiques d’une opposition virulente mais peu porteuse d’alternative quant à son exercice du pouvoir est également devenue la « cible privilégiée » de la « fureur islamique » encouragée indirectement par un dirigeant mégalomane des rives du Bosphore, ce qui l’a incité à rappeler à chacun d’entre nous que « nous ne céderons jamais » et que « l’unité nationale devait primer »… pas sûr qu’il soit forcément entendu dans un pays ou la « polémique » est un sport national, à moins que ce deuxième confinement nous amène à approfondir notre réflexion sur l’état d’un monde fébrile qui tousse, qui tousse…