BALLE DE MATCH (Edito du 15 juin)

Philippe DUPONT

 

 

Ce n’est pas toujours évident pour la plupart d’entre nous et c’est pour ça qu’il est bon de le rappeler : un match de tennis n’est gagné que lorsque la Balle de Match a été réussie par un des deux joueurs, tout comme un match de Football n’est remporté que lorsque l’arbitre siffle la fin de la partie.

En politique, c’est la même chose : tant que le dernier bulletin de dépouillement n’a pas été comptabilisé, inutile de faire le « V » de la Victoire au risque d’avoir une cruelle désillusion…

Ce dimanche dernier, sur la terre battue de Roland Garros, le « Temple du Tennis » se sont affrontés pendant quatre heures et en plein soleil, le N°1 mondial, le Serbe (mais résident Monégasque) Novak Djokovic et le N°5, le Grec (mais également résident de la Principauté) Stéfanos Tsitsipas.

Un véritable choc des « Titans » entre le Seigneur des Balkans et l’apprenti-dieu de l’Olympe, une éprouvante « bataille de Marathon » qui a d’abord beaucoup profité au second qui réussissait avec insolence tout ce qu’il entreprenait face à un adversaire méconnaissable, qui a frôlé la catastrophe en manquant se tordre la cheville…

La fatigue était certainement une des causes du « passage à vide » du sympathique Novak qui, l’avant-veille, avait eu l’audace de faire mordre la poussière à son éternel rival, le « Taureau de Manacor » au cours de 5 sets autant incertains qu’épuisants…

« El Rey Rafa » a donc perdu sa couronne, lui « le quasi-indéboulonnable Patron sur le Court Philippe Chatrier » face à « un meilleur client que lui pour une fois » devant se contenter (ou pas) de regarder à la TV la première finale sans lui…

Mais on le sait, l’ultime confrontation de ce tournoi est toujours riche en rebondissements et le jeune Grec, qui revêtait pour la première fois les habits du « challenger » sérieux a vu son rêve se briser au troisième set, victime de la « Technique Djoko » ….

Une technique qui va finir par être brevetée par son dépositaire tant elle risque de faire de nombreux émules dans moults domaines : au cœur de la « tourmente » porteuse des germes de la défaite, le Serbe a pu faire un « break » aux vestiaires…le temps de quelques minutes pour revenir avec une nouvelle tenue et surtout des « batteries » rechargées à bloc qui lui ont permis d’inverser la vapeur et de gagner finalement la partie.

Ayant déjà pris la même option lors de sa confrontation avec l’Italien Musetti et qui lui a également porté chance, beaucoup de téléspectateurs sont restés néanmoins intrigués par ce curieux rite, entaché de nombreuses interrogations voire de soupçons…

Pour « Djoko le miraculé » il s’agissait simplement d’intégrer un « sas de décompression », doublé d’une très rapide mise en application de la « Méthode Coué », ce que les commentateurs avisés aiment expliquer pas « Lorsque l’on est cuit, la gestion du Mental reste importante » et le « port symbolique de la nouvelle tenue permet d’exorciser l’ancienne » … Dont acte…

Cette méthode du « vestiaire » est donc un cas d’école : notamment pour ceux qui trouvent interminable la « sortie de crise sanitaire » : il suffit de rester « quelques minutes reconfinés en changeant de masque » puis ressortir pour « humer le bon air de la vie d’avant » et le tour sera joué…

Ou encore un Joe Biden qui pourra s’absenter deux minutes aux toilettes lors de sa confrontation avec Poutine, qui a la sournoise tendance à lui « empoisonner la vie » pour lui décerner tous les noms d’oiseaux possible » : au retour, reprise des bonnes relations diplomatiques garanties…

La même chose pour les électeurs (du moins ceux qui se déplaceront dimanche prochain) qui pourront s’isoler quelques « secondes dans l’isoloir » pour changer le bulletin qu’ils avaient initialement prévu de mettre dans l’urne) …. Les introspections furtives sont parfois à l’origine d’évènements autant inattendus qu’heureux.