CIEL, MON VENDREDI NOIR !

Philippe DUPONT

 

Editorial du 26 Novembre

 

Ce 26 novembre 2021, c’était donc le « D-Day » pour déclencher le « Black Friday » une nouvelle « opération Overlord » version consumériste qui a débarqué sur le sol français, après avoir envoyé des éclaireurs dès le début de la « Black Week »et qui va se poursuivre jusqu’au « Cyber Monday » le 29 novembre….

Pour ceux qui n’auraient pas compris ce sabir franglais d’aéroport ou qui se gratteraient la tête en révisant leurs verbes irréguliers (to buy : I bought-bought), il s’agit bien de cette semaine folle, une fois de plus importée des Etats-Unis en 2013, s’imposant comme une vaste opération commerciale avec un pic de « bonnes affaires » à saisir le vendredi…


Une forme d’appel à la consommation qui a donné un « sacré coup de vieux » à nos soldes traditionnelles et autres journées de déstockage qui continuent cependant à survivre dans cet univers impitoyable de Dallas mercantile….


On le sait, les temps sont incertains, avec un rebond de l’épidémie et les mesures qui l’accompagneront, il est à parier que les magasins seront quand même pris d’assaut par des consommateurs autant masqués que motivés, omettant certainement les gestes barrières pour pouvoir saisir la bonne occase.


Cependant, le « Vendredi Noir » a connu une irrésistible ascension avec Internet, le désormais « compagnon de chevet » de cette nouvelle génération de clients avec ses « codes, us et coutumes », aussi bien en France qu’à l’Etranger et notons qu’en France, le « Cyber-Monday » est le jour essentiellement réservé au : "E : Commerce"....


Cette révolution numérique (appliquée également au marketing et à la formation notamment) qui permet aux annonceurs de proposer des réductions de prix sur leurs sites, en les modulant à leur guise en temps réel : l’efficacité alliée à la réactivité, en somme.


Cela implique que le « magasin virtuel » ne risque pas de baisser le rideau…face à cette nouvelle génération de clients « vaccinés » aux « affaires à saisir », n’hésitant pas d’avoir recours aux piqures de rappel et ayant procédé, malgré leurs dénégations au « grand remplacement » : celui du « petit commerce » face au « commerce de masse »….


C’est un fait, l’intérêt pour l’évènement connait un succès de plus en plus notable malgré les slogans actuels de pré-campagne électorale rabâchés les médias concernant le pouvoir d’achat, préoccupation n°1 des Français, devant l’immigration ou bien sûr la santé….


Cependant, la promotion massive de produits traditionnellement peu soldés que sont les smartphones ou tous les autres produits électroniques expliquent l’engouement du moment sans oublier les secteurs de la maison ou de la mode qui restent des valeurs sûres de notre société de consommation… Les grandes enseignes l’ont bien compris et on a ainsi vu s’envoler le nombre de connexions et de clics frénétiques sur les sites marchands….


Toutefois, des voix de plus nombreuses s’élèvent contre ce « panurgisme consumériste », accusant les promoteurs de cette « Cyber Week » d’incitation à la surproduction et surtout à la surconsommation, certaines associations de consommateurs ou de mouvements actifs accusant même les grandes enseignes de « promotions en trompe-l’œil » au vu des réductions proposées finalement dérisoires lorsque l’on fait des comparatifs plus aiguisés tandis que d’autres incitent à bouder l’évènement tout en voulant réinventer de nouvelles formes de « consommation », adeptes du recyclage, de l’auto production de biens, etc….


D’autres actions plus musclées ont eu lieu, en témoignent les blocages de certains centres commerciaux ou tout autre dépôt de commerce, prônant la lutte contre le « matraquage des cerveaux pour faire acheter plus »….


En attendant, rien ne semble arrêter pour l’instant l’irrésistible ascension du « Vendredi Noir », en attendant qu’un autre évènement venu d’Outre-Atlantique ne viennent le détrôner, comme disait La Bruyère : « Une mode a à peine détruit une autre mode, qu’elle est à présent abolie par une plus nouvelle qui cède elle-même à celle qui la suit »….

 

Allez, « Bon Vendredi » comme il vous plaira….