LA REDACTION DU BLOG

"La Voix du Sud Essonne" a été lancée à la fin du premier semestre 2017. 

Son fondateur et principal rédacteur est Philippe DUPONT, 55 ans (Certificat de Journalisme au CNFDI, mention Très bien) qui exerce en parallèle un tout autre métier dans une enseigne de la grande distribution.

Un grand merci à Christèle Dumas pour sa belle participation sur COMPOSTELLE,

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Bonne année.

Parti Socialiste : Courage, votons !

Il fallait effectivement bien du courage aux 37 000 militants socialistes pour se rendre aux urnes ce jeudi 15 mars. A l’issue d’une campagne modestement suivie par les médias, excepté un débat télévisé qui n’a pas amassé les foules, l’issue du scrutin était à des années lumières de celui de la primaire de 2017 : sans surprise.


QUATRE HOMMES A LA RECONQUETE DU POUVOIR PERDU

4 candidats étaient en lice pour prendre la succession de Jean Christophe Cambadélis, naguère Premier Secrétaire du parti à la Rose : Stéphane Le Foll, Luc Carvounas, Olivier Faure et Emmanuel Maurel. A déplorer toutefois l’absence d’une femme pour postuler suite au rejet de la candidature de Delphine Batho.

Donc quatre candidats, dont trois étaient des rescapés du désastre électoral de 2017 : citons l’ancien ministre de l’agriculture,
• Stéphane Le Foll, député sortant d’une circonscription de la Sarthe, naguère fief électoral de François Fillion,
• Olivier Faure en Seine et Marne (Savigny le Temple-Lieusaint)
• Luc Carvounas dans le Val de Marne (Alfortville, dont il était le maire)
• Emmanuel Maurrel, actuel député européen, ce qui lui avait permis d’éviter de subir le même sort que ses camarades « frondeurs » de l’assemblée sortante.

Depuis quelque temps, Olivier Faure, 49 ans, député de Seine et Marne et actuel président du modeste groupe PS à l’Assemblée Nationale (30 élus) était largement favori. Durant la dernière législature, cet ancien collaborateur de Martine Aubry avait plutôt joué la carte de l’apaisement : ni frondeur ni godillot face à l’action gouvernemental.

il l'a largement emporté au 1 er tour avec 48,5 % des voix, loin devant Stephane Le Foll et ses 26 %, Emmanuel Maurrel avec 20 % et Luc Carvounas fermant la marche avec plus de 6%. Admis au 2 e tour mais lucide, l'ancien ministre de l'agriculture a préféré jeter l'éponge face à un score sans appel...

Il était certes moins connu que Stéphane Le Foll, fidèle parmi les fidèles de François Hollande mais semblait de facto moins représenter le souvenir d’une majorité rejetée brutalement par les urnes que son challenger de la Sarthe.

Luc Carvounas, connu pour être un fidèle de Manuel Valls, donc identifié à la droite du PS, s’est curieusement rapproché de Benoit Hamon, donc aux antipodes de l’ancien ministre après le départ de ce dernier du parti de la Rose.


AU BON SOUVENIR D’EPINAY

 

Donc, on l’aura compris une micro-reproduction de ce qu’a été le parti Socialiste depuis le congrès fondateur d’Epinay sur Seine en 1971 : un ensemble de courants divers au sein d’une gauche non communiste dont le dessein a toujours été d’arriver à une synthèse, en bref de déboucher sur un compromis.

Mais dans un mouvement politique aussi décimé, aux ressources financières limitées (provoquant un plan social des permanents et surtout la vente du symbolique siège de la rue de Solférino), l’heure n’est plus à la synthèse mais plutôt à la reconquête.

La reconquête par analogie avec Epinay, c’est ce qu’avait fait François Mitterrand en 1971 pour permettre au jeune parti Socialiste de mutualiser ses différentes tendances afin d’éradiquer l’hégémonisme à gauche du parti Communiste et surtout d’effacer l’humiliante déroute d’un Gaston Defferre lors de la présidentielle de 1969 qui avait vu (déjà) la « famille de gauche » éliminée dès le premier tour…

Aujourd’hui, la donne est différente : le parti « « convalescent » est confronté à la concurrence d’autres mouvements qui se sont constitués d’une marge non négligeable d’anciens socialistes qui ont rejoint notamment les rangs Macronistes et qui sont même devenus pour certains ministres (Le Drian, Griveaux, Ferrand, Parly, etc…)

N’oublions pas les partisans de Benoit Hamon et de son mouvement Générations qui préconise un retour aux « fondamentaux » de la Gauche et bien sûr de la France Insoumise, pur symbole d’une gauche romantique mais combattive et à l’origine lors du schisme de Mélenchon en 2008, d’une gauche irréconciliable.

 

LES CHEMINS CAILLOUTEUX DE LA RECONQUETE

 

Donc on l’aura compris, la tache sera ardue pour le nouveau premier Secrétaire, comme le confiait le « sage » Julien Dray, ancien député de l’Essonne.
Pour résumer la sociologie électorale du parti socialiste, on peut constater l’absence de catégories très populaires (mais votent-elles encore vraiment ? ne les trouvent-on pas réfugiées dans l’abstention ou bien répondant aux sirènes frontistes ?), assister à la fuite inexorable des « bobos » vers l’archipel Macroniste et les fonctionnaires ou autres agents de l’éducation nationale vers des mouvements plus progressistes, en l’occurrence, la France Insoumise ?

Alors que reste-t ‘il au PS pour redonner envie ?

Quel sera donc son angle d’attaque pour revenir aux premières loges d’un théâtre politique complètement bouleversé ? Plusieurs possibilités sont ouvertes :


• Soit rester dans une opposition » constructive face au pouvoir en place, pris d’une fièvre réformiste frénétique et espérer voir revenir son aile « droite », à l’instar des « Républicains » pour son aile « gauche » en cas de manque de résultat concret pour le gouvernement ?


• Soit se faire l’apôtre d’une ligne politique à suivre : continuer le social-libéralisme entamé sous le quinquennat Hollande ? Certains vantent les bienfaits des réformes engagées (le CICE) qui ont fini par porter leurs fruits sur le retour de la « croissance » tandis que d’autres ne pardonnent toujours pas ce changement de « cap libéral » aux antipodes du discours du Bourget….

• Redevenir offensif, faire plus d’attaques ad hominem (cela avait réussi avec l’élaboration d’un front anti-Sarkozy, pourquoi anti-Macron) ? Mais on sait qu’une action politique gorgée de slogans finit par lasser un électorat désabusé et que le clivage droite-gauche même s’il existe toujours n’est plus un marqueur pour l’électeur lambda….

• Redevenir un parti « progressiste », « républicain » et « écologiste » comme le prône Benoît Hamon où l’idée de justice sociale, d’égalité des chances et l’apport de solutions innovantes comme le « revenu universel » peuvent être un remède face à la montée de la précarité. Mais on sait que l’exercice du pouvoir ne sied guère à l’utopie ambiante….

• Le Parti socialiste comme les Républicains d’ailleurs, jouit d’un socle électoral solide au cœur de l’Hexagone : malgré la cuisante défaite aux municipales, il conserve un nombre conséquent de grandes villes, des départements, des régions a contrario des Marcheurs, que leur jeunesse prive évidemment d’assises locales, ce que l’on appelle « des fiefs », toujours porteurs de victoires à venir…

 

LA RECONJUGAISON D’UNE GAUCHE PLURIELLE

 

Et quels alliés ? Les écologistes ? le centre Gauche ? L’hypothèse de la renaissance d’une gauche plurielle qui avait constitué les germes de la victoire de Lionel Jospin pourrait être une hypothèse….
On le sait, on n’est jamais mort en « politique ». La mort du Parti Socialiste a été plusieurs fois annoncée mais n’a pas eu lieu. Il n’a pas les deux pieds dans la tombe comme pourrait l’espérer certains, quelques orteils gigotent, une lueur d’espoir est d’ailleurs apparue dimanche dernier avec la large victoire d’un député socialiste en Haute-Garonne lors d’une élection partielle.

Un peu de baume au cœur, certes mais la tâche qui attend Olivier Faure est colossale.
La politique n’étant pas une science exacte, on peut toujours supposer que tout est possible alors soyons réalistes demandons l’impossible, comme on l’écrivait sur les murs du printemps 1968….