LA TREVE DES CONFISEURS (EDITO DU 28/12)

La veille du réveillon, beaucoup d’entre nous avons croisé le père Noel au coin d’un carrefour. Ce fut mon cas au cœur d’une vaste zone d’activité commerciale d’Ile de France où il faisait sonner une petite cloche pour attirer le chaland mais il était fortement concurrencé par le bruit des klaxons d’approbation liés à la présence de gilets jaunes qui squattaient un rond-point tout proche….

Les magasins étaient bondés et les clients de dernière minute s’empressaient d’effectuer les derniers cadeaux à mettre aux pieds du sapin. Après un mois de forte agitation sociale, un calme apparent régnait sur les lieux.  Mais seulement apparent car un nombre d’irréductibles s’apprêtaient à continuer la lutte malgré les promesses d’une traditionnelle trêve des confiseurs…

Il faut savoir arrêter un conflit, comme disait l’autre. Mais pour les plus déterminés, faire une trêve, c’est risqué de faire retomber la pression sur un exécutif qui aura vécu outre ce mouvement autant inattendu une année bien compliquée sur tous les fronts…

Malgré une chute sensible de la mobilisation, on a quand même pu assister à une nouvelle série de manifestations parsemées une fois de plus d’incidents et d’interpellations mais le soufflet de la violence est heureusement retombé….

Le pouvoir souffle un peu, les forces de l’ordre aussi malgré la montée de la grogne au sein d’effectifs au bord de l’épuisement…Malgré l’injonction du ministre de l’Intérieur de quitter définitivement les ronds-points, ces nouveaux « fort-chabrol » du XXIe siècle, certes générateurs de fraternité entre obscurs inconnus et, de se préparer à venir enfin « discuter » sur la suite à donner à ce vaste feuilleton d’automne.

Mais cela reste pour l’instant un vœu pieu et il n’est pas exclu qu’une nouvelle fièvre éclate au cours du réveillon de la Saint Sylvestre, souvent propice aux incidents de tous genres….

Pourtant, une pause serait bien nécessaire, car si cette « saison en enfer » pour un exécutif qui aura servi d’exutoire à une population en souffrance, jaillie de ce que l’on appelle traditionnellement la « minorité silencieuse ».

 Il n’en demeure pas moins que cela aura engendré des soubresauts dommageables pour notre économie : des emplois menacés dans le secteur du commerce qui a vu son chiffre d’affaires s’effondrer, une chute notable du PIB de l’ordre de 0.2 % ou encore le risque d’accroitre notre dette publique avec l’annonce de mesures pas forcément toujours budgétées….

Alors comment entamer la suite avec sérénité ? L’annonce de la batterie de mesures gouvernementales (prélèvement à la source, régime de retraites et des collectivités ne vont-ils pas encore plus braquer une certaine opinion publique devenue réfractaire ou incrédule quant aux actions menées par le président de la République ?

La grande consultation promise, le retour des corps intermédiaires dans le débat et la tentative de réconciliation avec les élus seront-elles suffisantes pour réconcilier une frange conséquente de l’électorat avec ses gouvernants. La réponse dans les prochaines semaines.

On sait que ces périodes profitent toujours aux forces protestataires et les sondages laissent présager une poussée du Front National, pourtant moribond il y a encore peu aux élections européennes du printemps. Curieusement, la droite comme la gauche traditionnelle (Les Républicains comme le Parti socialiste) ne profitent absolument pas des déboires du pouvoir, bien au contraire…

Et que dire de cette idée de lancer une « liste de gilets jaunes » d’ailleurs encouragée par certains partis en guise de récupération mais qui pourrait leur causer du tort en leur « piquant » des voix…

Le 31 décembre, Emmanuel Macron présentera ses vœux aux Français en leur répétant « je vous ai compris » espérant gommer même modestement ce désamour qu’il subit depuis une saison…C’est vrai, l’ivresse du pouvoir aura quelque goût amer dans sa bouche tandis que crépiteront les derniers braseros des ronds-points encore squattés….

VOX POPULI (EDITO DU 19/12)

« Nous sommes entrés dans l’ère des incertitudes » cette affirmation est prêtée à Georges Pompidou lors du premier choc pétrolier qui sonna le glas des « Trente glorieuses », cette période bénie démarrée au lendemain du second conflit mondial et qui fit de la France ainsi que ses voisines des nations prospères tant au niveau économique que social.

« Nous sommes de nouveau entrés dans l’ère des incertitudes » pourrait murmurer Emmanuel Macron, le lointain successeur du second président de la Cinquième République. Mais ces constats présidentiels ont des origines tout à fait différentes….

La France de 1973 qui était devenue une grande puissance industrielle grâce à la volonté de Georges Pompidou durant son long séjour à Matignon entre 1962 et 1968, vivait à l’heure d’une économie profitant des bienfaits du Marché Commun et d’un monde bipolaire : d’un côté le monde capitaliste, de l’autre le monde communiste vivant en circuit fermé avec en arrière-plan des pays du tiers monde n’ayant pas vraiment voix au chapitre…

C’était l’époque des « plans quinquennaux » et des « grands monopoles d’état » qui nous donnait l’impression de pratiquer « un capitalisme d’état », avec une croissance insolente (plus de 5 %) et un chômage confidentiel (autour de 500 000 chômeurs) …tandis qu’aujourd’hui, la donne a changé, laissant la place à une économie libéralisée tournée vers la mondialisation et subissant un chômage de masse devenu structurel….

Pourtant la France jugée plus prospère qu’aujourd’hui connut en 1968 un mouvement social bien plus rude qu’à présent et qui menaça le pouvoir en place incarné par un Général de Gaulle. A l’époque, pas 300 000 gilets jaunes dans la rue mais dix millions de grévistes !

Les gouvernants d’hier comme ceux d’aujourd’hui affirment toujours que ce n’est pas « à la rue » de diriger le pays, et surtout pas la « chienlit » dixit Pompidou ou « les groupuscules de l’ultra droite ou de l’ultra gauche » d’aujourd’hui. Et pourtant, c’est bien elle qui a fini par donner le tempo….

Georges Pompidou organisa son « Grenelle » social qui donna la part belle aux salariés brimés de ce pays (augmentation importante du SMIC, plus de 30 %) mais dont les revendications étaient paradoxalement à la fois différentes et voisines de celles des gilets jaunes, notamment sur un meilleur partage des richesses….

Autre temps, autre époque avec des similitudes également entre les deux hommes (purs produits de l’élite républicaine : l’un à Normale Sup , le second à l’ENA, des littéraires convertis à la finance, tous les deux à la banque Rothschild) mais avec aussi des différences, l’un  rongé par la maladie et qui connut une lente et douloureuse agonie et ne finit pas son mandat. Il avait succédé à un vieux Général que « la voix de la rue » voulait chasser tout comme le jeune président qui suscite déjà de la haine après seulement dix huit mois d’exercice du pouvoir….

Est-il pour autant disqualifié pour continuer son quinquennat ? Rien n’est moins sûr, on a vu des retournements de situation, notamment en 1968 ou la dissolution de l’assemblée nationale provoqua un raz de marée gaulliste. Pour le chef des « marcheurs », tous les espoirs de reconquête restent permis, lui qui commence à entendre et surtout comprendre les sourdes colères doit reprendre son baton de pelerin pour ne plus donner l’impression de laisser certains de ses concitoyens sur le bord de la route…..

MEA CULPA (EDITO DU 12/12)

Il avait promis de s’adresser aux Français ce lundi 10 décembre pour annoncer une série de mesures concrètes et rapidement applicables afin de tenter de mettre un terme à ces trois dernières semaines d’agitation sociale qui ont été marquées  par des scènes de violence rarement égalées. Emmanuel Macron a tenu parole lors d’une allocution de treize minutes qui aura été regardée ou écoutée par plus de 23 millions d’auditeurs et de téléspectateurs.

Un succès d’audience indéniable pour ce type d’exercice télévisuel qui s’avère souvent périlleux car il doit faire la synthèse de tous les problèmes et d’y apporter des solutions pour satisfaire  le plus grand nombre…

La tâche n’était pas aisée tant les revendications des « Gilets jaunes » cette armée sans leaders, hermétiques aux promesses politiques qu’ils jugent vaines sont nombreuses et n’ont cessé de s’étoffer au fil des semaines….

A-t-il réussi le début d’une amorce de fléchissement de la part de cette armée des ombres toujours largement soutenue par l’opinion publique en reconnaissant sa part de responsabilité dans la prolongation d’un conflit qui coûte cher à l’économie française et fragilise les institutions et notamment un pouvoir en place en position bien inconfortable ? Son autocritique bien appuyée sur ses maladresses verbales ou sa propension à développer une verticalité verticale du pouvoir a-t-elle réussi à le faire moins détester ?

On serait tenté de répondre que l’annonce des mesures telles l’augmentation du SMIC de 100 euros, la défiscalisation des heures supplémentaires, l’éventuelle prime de noël ou encore la non augmentation de la CSG pour les retraités touchant moins de 2000 euros (et non plus 1200) ont certainement séduits, au-delà des gilets jaunes une frange de la population qui se jugeait discriminée par les dix-huit mois de « rude et injuste » politique menée tambour battant par le gouvernement….

Sa volonté de décréter un « Etat d’urgence économique et sociale » est une piste qui peut également séduire ceux qui demande plus de « démocratie participative » et d’organiser des rencontres avec les populations afin de mieux de mieux capter « leurs doléances » et de plus travailler avec les corps intermédiaires, jusqu’ici snobés comme finalement les députés qui doivent plus jouer le rôle d’interface entre leurs électeurs et un pouvoir jugé encore trop centralisateur….

Chacun reconnait des avancées pour un pouvoir qui ne voulait pas changer de cap et que la nature des évènements a forcé à une sorte de rétropédalage. Une partie de l’opposition, la plus constructive salue la démarche, tandis que l’autre parite s’oppose quelque soit les mesures proposées. Les éléments les plus radicaux, en périphérie de ce mouvement imprévisible, rêvent du « grand soir et restent sourds à la main tendue d’un « monarque » qu’ils souhaitent déloger de son trône….

Certains observateurs économiques chiffrent les mesures préconisées par le pouvoir pourrait couter la bagatelle de 10 à 12 milliards d’euros et verrait la France se faire recadrer par Bruxelles pour cause de dépassement des critères de stabilité, bien plus que l’Italie que la France fustigeait il y a encore peu….

Mais bon, il faudra bien sortir de cette quadrature du cercle et c’est ce que tente de faire Jupiter descendu de l’Olympe pour tenter de calmer la sourde et très ancienne colère de ses ouailles, la tâche est titanesque mais pas infaisable si tout le monde y met du sien…….

LA THEORIE DU BORDEL AMBIANT (EDITO DU 05/12)

Hier, c’était le titre provocateur d’un ouvrage du regretté Roland Moreno, génial inventeur de la carte à puce, aujourd’hui cela pourrait être le titre des actions menées par les « gilets jaunes » ces anonymes en colère contre la politique menée depuis 18 mois par un pouvoir en difficulté et qui tente de reprendre la main….

Mais pour l’instant, rien n’y fait, dès l’annonce des premières mesures d’assouplissement dévoilées par le premier ministre, le maintien d’une prochaine manifestation à Paris a été confirmée. L’espoir du « pourrissement » d’un conflit mené par une armée protéiforme sans structure ni leader véritable mais jouissant d’un soutien de la population n’a pour l’instant pas lieu et dans la ligne de mire des manifestants un seul responsable de cette situation insolite : le président de la République.

Celui qui était encore récemment le premier de la classe, jugé un brin arrogant mais porteur d’un monde « nouveau » se retrouve au « piquet ». Selon ses ennemis les plus irréductibles, Jupiter est tombé de son piédestal et se terre actuellement dans un mutisme qui peut inquiéter jusqu’à ses amis.

On le connaissait joueur d’échecs depuis la présidentielle, anticipant les coups pour mieux surprendre ses adversaires, on le découvre à présent joueur de poker qui essaye de se refaire après une nuit houleuse…

Les scènes d’une violence inouïe à Paris comme dans d’autres villes de France, la difficulté des forces de l’ordre à mater une guérilla urbaine et des revendications qui ne cessent de s’ajouter aux initiales rendent la tâche bien compliquée pour Emmanuel Macron.

Mais dans la solitude du pouvoir, celle imposée à tous les présidents de la Vème République, le chef de l’état sait qu’il ne peut plus jouer la montre mais au contraire arriver au délicat équilibre entre celui de lâcher du lest sans pour autant renier ses promesses de contrat.

Le premier pas concernant un moratoire est une première piste, celle de l’organisation de rencontre avec les corps intermédiaires jusqu’à présent snobés, les différents personnels politiques sans oublier une représentation enfin identifiée des « gilets jaunes » afin de sortir de ce que l’on peut bien appeler une crise institutionnelle….

D’autres préconisant même l’organisation d’un véritable Grenelle social et fiscal afin de trouver des solutions à un conflit sorti des sentiers battus traditionnels, fruit de nombreuses d’années d’immobilisme en espérant que cela ne soit pas un marché de « dupes » pour les contestataires face à un pouvoir qui cherche toujours à privilégier le fond sur la forme mais qui a pour l’instant échouer en pratiquant peut être une trop grande verticalité du pouvoir.

Rien n’est perdu pour l’élève Macron pour calmer la colère, même s’il a été sifflé lors d’un récent déplacement : il sait à présent qu’il doit plus « écouter » ses concitoyens, être plus audible face à une population qui ne comprend plus sa politique.

La tâche sera cependant rude pour le chef de l’exécutif souffrant d’une image devenue négative et qui a cru casser tous les codes d’une classe politique traditionnelle sans en connaitre les rouages comme celui d’être d’un territoire et de savoir faire remonter les mécontentements ou les colères vers les plus hautes instances….

JACQUERIE 2.0 (EDITO DU 27/11)

Ils s’étaient donné rendez-vous pour une deuxième journée d’action. Comme la première n’avait pas donné les résultats escomptés, il avait essayé d’interpeller de nouveau un Jupiter sourd à leurs revendications. Comme le samedi précédent, cette armée des ombres protéiforme, sans leader et sans structures connue à présent sous le nom de « gilets jaunes » s’est déployé dans les moindres recoins du territoire métropolitain et de la lointaine Réunion….

La montée vers « la Capitale » était programmée pour certains car c’est là que se concentre le pouvoir et plus précisément le pouvoir suprême. Les autorités avaient autorisé les manifestations dans un périmètre restreint autour du « Champ de Mars » mais un grand nombre préféraient partir à l’assaut des « Champs Elysées » ou leur « Champ d’action » paraissait plus ample…

Mais rapidement, les scènes relativement « bon enfant » du week-end ont laissé la place à des scènes dignes des « jacqueries », ces révoltes populaires qui provoquaient désordre, casse et et pillage que les chaînes d’info faisaient défiler  les images en « boucle. ».

Aussitôt, le stoïque Christophe Castaner, Ministre de l’intérieur porta la responsabilité de ces débordements, qui furent difficiles à résorber à l’adresse des groupuscules d’extrême-droite attisés par une leader d’un parti situé à la droite de la droite sur l’échiquier politique. Suivez mon regard….

Ailleurs, d’autres débordements ont vu le jour comme à Lyon ou Toulouse, des tentatives de blocage de raffinerie, des radars saccagés et recouverts de « gilets jaunes » comme pour défier un état qui continue encore et toujours à ponctionner le citoyen de base, aux dires des revendications des manifestants.

Alors une question se pose : quelle attitude adopter : pour ce mouvement spontané des « gilets jaunes », né comme beaucoup d’autres avec les « réseaux sociaux » mais échappant aux structures syndicales et politiques qui jusqu’à présent avaient réussi à faire « plier » un grand nombre de gouvernements dans le passé… ?

L’idée de nommer des « Porte-paroles » pour discuter de façon plus palpable a été décidé, malgré des réticences de manifestants attachés à leur « indépendance » et à leur « revendications premières » : la vie chère et la hausse des taxes de carburant et non à une « récupération » de leur action par une opposition qui « s’oppose » tandis que le Pouvoir, sommé de changer de méthode au sein même de sa propre majorité continue de jouer la carte du pourrissement du conflit ou joue tout simplement la montre…

Oui, le maitre des horloges ne peut que jouer la montre face à cette rébellion issue de la rue même s’il dit la comprendre. Il ne peut céder comme l’on fait ses prédécesseurs dans le passé pour acheter la paix sociale. Ses propositions qui se voulaient rassurantes, mais saupoudrées d’un discours trop technocratique n’ont pas été entendu, jugées trop décalées…

L’homme qui veut continuer à « réformer la France » est certainement persuadé que certaines de ses méthodes doivent changer mais la difficulté majeure réside dans ce qu’il a lui-même affirmé : « la difficile cohabitation entre la fin de mois (difficile) et les risques de fin du monde (par paresse écologique), entre une démarche de court-terme pour soulager une « partie du pays qui souffre » et de long-terme (le temps de son quinquennat) susceptible d’amorcer le début d’une lueur d’espoir.

LES GILETS DE LA COLERE (EDITO DU 20/11)

« C’est jaune, c’est moche, ça ne va avec rien…mais ça peut sauver la vie ». C’était le slogan d’une campagne de prévention pour le port du gilet jaune lancée en 2008 et animée par le célèbre couturier Karl Lagerfeld qui en portait un pour l’occasion….

Dix ans après, "c’est toujours jaune, moche, ça ne va avec rien mais ça sert à exprimer une grosse colère ». Ils étaient près de 300 000 sur tout le territoire, ces porteurs de gilets issus des classes moyennes et populaires qui tenaient à exprimer d’abord leur « ras-le-bol » sur la hausse des prix du carburant automobile puis le sentiment de « baisse continue du pouvoir d’achat » …

Né via les réseaux sociaux en octobre, ce mouvement totalement inédit s’est déroulé ce samedi 17 novembre en effectuant des blocages et éventuellement des barrages sur les ronds-points, les aires d’autoroutes, les parkings de centres commerciaux ou encore les périphériques des grandes agglomérations…afin d’alerter puis de faire fléchir un gouvernement jugé responsable de ces maux qui font souffrir cette « France d’en bas ».

Contrairement au conflit précédent des cheminots, organisation corporatiste et fortement syndicalisée, cette journée des « Gilets jaunes » a été approuvée par une majorité de français car ce mouvement se voulait spontané, protéiforme et surtout apolitique. Mais on sait qu’une telle manifestation a besoin d’une logistique implacable, de leaders identifiés qui connaissent bien les codes du militantisme, tout le contraire d’une « armée des ombres » avec de nombreuses inconnues quant au succès :  les risques de dérapage inévitable ou l’absence d’un porte-parole, même si les médias ont su trouver des « leaders d’un jour »

Edouard Philippe a dit comprendre les manifestants mais s’est déclaré déterminé à ne pas changer de cap : celui de continuer la « transition écologique » comme son gouvernement s’y est engagé. On peut comprendre sa position : céder c’est se fragiliser et rendre encore plus vulnérable une politique déjà impopulaire mais au risque de provoquer la radicalisation du mouvement…

La mort accidentelle d’une militante, les nombreux blessés et les quelques interpellations ont perturbé cette journée de protestation qui se voulait pacifique.  Alors, quelle suite donner à ce mouvement, car si quelques barrages d’irréductibles persistent, il est probable que ce mouvement s’éclipsera aussi vite qu’il est monté….

Certains analystes énoncent l’émergence deux France : pour faire simple, celle des privilégiés qui serait des premiers de cordée qui connaissent encore l’aisance, incarné par le locataire de l’Elysée et celle des exclus qui voient leur pouvoir d’achat fondre au fil des années. Mais ce n’est pas si simple : depuis la crise de 2008, les études confirment que cette baisse sensible de pouvoir d’achat touche toutes les couches de la population et ce, en grande partie à la suite des innombrables réformes sociales et fiscales que les différents gouvernants ont mis en œuvre….

Alors quelle attitude adopter ? jouer la carte de l’action à long terme, comme le préconise Emmanuel Macron ou celle du court-terme qui soulagerait les populations en déshérence, soutenus par une opposition hétéroclite mais unie pour défier un exercice du pouvoir solitaire, vertical et jugé arrogant ?

Il est clair que les deux camps ne peuvent continuer à camper sur leurs positions respectives, l’idée de Laurent Berger de réunir les corps intermédiaires, jusqu’ici absents, pour construire un pacte social de la conversion écologique pourrait être une piste et amener à une sortie éventuelle de crise….

CENT ANS APRES (EDITO DU 12/11)

Il a réussi son pari, Emmanuel Macron en conviant à Paris plus de 70 chefs d’états du monde entier pour venir célébrer le centième anniversaire de la fin de ce que l’on surnommait alors la Grande Guerre. Un conflit meurtrier qui avait commencé quatre ans plus tôt, en 1914 quand les futurs poilus étaient partis « la fleur au fusil » prêts à en découdre avec les « Boches » le temps d’une saison….

On sait qu’il en fut autrement et que la promenade de santé se transforma en quatre ans de lutte acharnée provoquant plus de dix millions de victimes et où les mêmes poilus comme leurs adversaires connurent l’enfer à l’épreuve des combats se transformant souvent en lourdes pertes humaines pour gagner quelques mètres de terrain…

Le 11 -ème jour du 11 -ème mois de cette année 1918 à 11 heures, les cloches de France sonnèrent alors pour sonner le glas d’une tragédie qui laissera des plaies profondes dans notre territoire. Elles ont resonné un siècle après pour honorer la bravoure de nos aînés.

Le discours du chef de l’Etat fut poignant et émouvant et la prestation des différents protagonistes (élèves, musiciens) à la hauteur du devoir de mémoire que suscitait un tel évènement.

La célébration à Paris et partout en France et en Europe aura eu le mérite de ne pas faire tomber dans les oubliettes de l’histoire un conflit dont tous les protagonistes ont aujourd’hui disparu mais en outre de nous rappeler que de tels drames ne sont pas des accidents de l’histoire : celle que l’on surnommait alors « la der des der » fut suivi d’un conflit encore plus meurtrier vingt ans après faisant plus de cinquante millions de morts….

L’itinérance mémorielle effectuée pendant une semaine par le chef de l’Etat au cœur de deux régions : le Nord et L’Est, particulièrement meurtries durant ces quatre ans de guerre a permis de revisiter certains territoires martyrisés voire disparus sous le poids des obus et pour certains demeurant des nécropoles improvisées pour soldats inconnus….

Quelques polémiques sont nées durant ce périple : la controverse sur le Maréchal Pétain, vainqueur de Verdun, hier héros national, aujourd’hui banni pour son rôle funeste joué durant le deuxième conflit mondial ou encore la juxtaposition d’un évènement historique avec la « rencontre » avec des populations de ces territoires souvent en grogne contre l’action du gouvernement à leur endroit : quand l’histoire se confond avec le quotidien….

Mais laissons de côté ses polémiques qui reprendront leur cours dès aujourd’hui pour retenir encore les points positifs : la remontée symbolique des chefs d’état sur les Champs-Elysées, la complicité Merkel-Macron, l’Allemande de l’est et l’enfant de la Somme dont les ancêtres s’affrontèrent pour aujourd’hui souder plus que jamais la réconciliation entre les deux peuples et surtout nous mettre en garde contre les vieux démons qui sommeillent chez certains : la volonté du repli sur soi et la montée des nationalismes dont on sait qu’ils ne sont jamais de bon augure…..

LE CAILLOU (EDITO DU 12/11)

Les 143 000 électeurs inscrits que comptent la Nouvelle-Calédonie étaient donc conviés à se rendre aux urnes ce dimanche 4 novembre afin de se prononcer sur l’avenir de cet archipel océanien : quitter ou rester dans le giron de la République Française.

Il s’agissait du premier des trois referendums prévus par les « accords de Nouméa » en 1998 qui eux-mêmes découlaient des « accords de Matignon » signés dix ans plus tôt.

Cet interminable processus démocratique était le fruit de nombreuses discussions entre les deux principales communautés qui composent ce territoire ultramarin : les Canaques, d’origine mélanesienne et les Caldoches, essentiellement d’origine européenne qui s’étaient violemment affrontées à partir des années 70 , frôlant la guerre civile et devenant le théâtre d’évènements tragiques comme l’épisode de la « Grotte d’Ouvéa » où des indépendantistes et des gendarmes avaient trouvé la mort…

Les sondages prédisaient une large victoire du « non » à l’indépendance mais le résultat même s’il confirme la victoire de ce non à 57 % est quand même plus étriqué que prévu. On peut l’expliquer par le fort taux de participation à 80 %, du jamais vu dans ce territoire situé à 16000 Kilomètres de la métropole, malgré les incitations au boycott de certaines organisations politiques…

Il est clair que les plus jeunes électeurs qui constituent, comme partout ailleurs, les plus gros bataillons d’abstentionnistes ont cette fois-ci dérogé à la règle en se rendant dans l’isoloir. Les observateurs et quelques-uns d’entre eux ont confirmé qu’il s’agissait d’un acte citoyen pour revendiquer leur identité et respecter la mémoire des anciens qui s’étaient battu pour eux….

La géographie électorale a été respectée : le « Non » l’emporte massivement dans la province sud, dominée par la capitale Nouméa tandis que les autres provinces ont porté nettement leurs suffrages pour la sortie du territoire français….

L’archipel restera donc sous pavillon tricolore du moins pour encore deux ans, quand une nouvelle consultation électorale devra confirmer ou non le premier vote et qui devrait être suivi d’un troisième et ultime referendum a posteriori pour décider du sort final……

Certaines organisations politiques ont contesté ce processus, jugeant que la décision des électeurs calédoniens était actée pour le Non à l’indépendance, mais dans le respect des accords signés au préalable, le Premier Ministre a confirmé la tenue de la deuxième consultation. D’autres ont reproché au président de la République d’être resté neutre lors de la campagne, lui rétorque qu’il a préféré le libre arbitre pour ses électeurs ultramarins…

Donc, pas de vainqueur éclatant : les partisans du « non » sont soulagés et ceux du « oui » revigorés par ce bon score prometteur.  

Le plus dur reste à faire car le dialogue entre les communautés reste primordial et les enjeux tant sociétaux, comme moins de disparités  ou de la diminution de la sous représentativité de la minorité canaque dans les fonctions régaliennes sont criantes malgré la création des régions et du transfert des compétences de la métropole vers le territoire que les défis économiques avec la valeur sûre que représente le nickel qui booste l’économie locale mais qui attise les convoitises de concurrents économiques comme les Chinois ou les Australiens…..

RIO FACHO (EDITO DU 31/10)

Comme prévu dimanche dernier, Jair Bolsonaro est devenu le nouveau Président de la République Fédérative du Brésil en battant son adversaire Fernando Haddad. Favori des sondages, l’ancien Capitaine de l’armée de terre devient donc « l’homme fort » du plus grand pays d’Amérique latine. Il prendra officiellement ses fonctions le 1 er janvier et déjà cette perspective suscite autant d’angoisse que d’espoir parmi la population.

Durant la campagne, le candidat proclamé d’extrême-droite a clairement affiché son intention de « nettoyer » un pays miné par l’insécurité et la corruption, se déclarant nostalgique de la période de la dictature (1964-85), synonyme de prospérité dans ce pays quinze fois plus grand que notre Hexagone et devenu la 8 -ème puissance économique mondiale bien que restant un pays « émergent » mais également un des plus inégalitaires qui soit…
Profitant des déboires judiciaires de ses prédécesseurs, dont l’icône « Lula » qui n’a pu l’affronter pour cause d’incarcération et de Dilma Rouseef, destituée pour corruption, le futur président a pu se positionner en « sauveur » du pays, prêt à tous les moyens mêmes les plus brutaux pour procéder à un dégagisme a grande échelle (même s’il est lui-même élu député depuis 28 ans !).
Sa tentative d’assassinat durant la campagne a confirmé sa volonté d’éradiquer l’insécurité endémique et de s’entourer de militaires, garants de l’ordre pour réussir son pari….
Il ne s’est pas vraiment présenté comme le gendre idéal, préférant mettre en avant sa misogynie, son homophie ou encore sa haine des minorités. Il s’est contenté de rabâcher un discours démagogique, prônant une politique libérale assumée même si les lignes de son programme n’ont pas clairement été définies sinon un rapprochement vers le grand frère Nord-Américain, aux dépens du Mercosur dont il dépend.
On l’a alors surnommé le « Trump Américain », la filiation avec l’homme antisystème qui défie l’establishment corrompu ou une presse malfaisante le dénigrant systématiquement est évidente, sauf que les institutions Etats-Uniennes reposent sur des fondations démocratiques bien plus solides que celle du géant sud-américain.
Un pays qui n’a vraiment découvert la démocratie qu’au lendemain de la seconde guerre mondiale et qui donc connu une dictature militaire comme tant d’autres pays voisins. Même si l’offre politique est à présent vaste avec une multitude de partis, le nouveau président pourrait être tenté de contourner à son profit les institutions afin de mieux consolider son pouvoir personnel comme le fait avec habileté un Erdogan en Turquie, lui-même élu démocratiquement…
Entre les intentions de départ, on sait toujours que les promesses ne sont pas toujours tenues à l’arrivée, tant l’exercice du pouvoir est compliqué même pour des populistes prêts à en découdre avec leurs adversaires. La majorité d’électeurs qui a porté ses suffrages sur Bolsonaro n’est certainement pas constituée de fascistes impénitents mais d’une population qui espère probablement « un avenir meilleur » que ce leader improbable pourrait leur apporter.
On sait que les coups de menton, les outrances verbales ou le bruit des bottes ne sont pas des exemples à suivre, l’histoire nous l’a prouvé. A Bolsonaro d’en tirer les leçons et de nous étonner plutôt que de confirmer ce que nous craignions de lui….

DIES IRAE (*) Edito du 24/10

En fait-il de trop ? Ou plutôt n’a-t ’il pas fait le coup d’éclat en trop ? On serait tenté de répondre par l’affirmative en revoyant les images défilant en boucle sur les chaînes d’info montrant un Jean-Luc Mélenchon « pétant en direct les plombs » lors des différentes perquisitions qu’il a subies ce mardi 16 octobre….

Un chef de parti qui pique une grosse colère, bouscule un procureur, hurle au complot d’un pouvoir prompt à l’abattre avec le soutien de sa police politique osant violer ce qui constituerait sa sphère privée : son domicile et les locaux de la France Insoumise, le « principal parti d’opposition » comme il l’affirme….

Celui qui se définit comme le chef des « Insoumis » a donc été victime de plusieurs perquisitions dont l’origine concernant une suspicion d’emplois fictifs au sein du parlement européen d’une part et d’irrégularités de compte de campagne lors de la présidentielle de 2017, d’autre part….

Le Député de Marseille se dit victime d’une première sous la Ve République quant à sa perquisition, ce qui totalement erroné car dans le passé une dizaine de leaders politiques l’ont été avant lui……

Ce qui est plus surprenant, cependant c’est cette soudaine fureur vis-à-vis de ces actions alors qu’une attitude plus zen aurait été préférable, confortant l’idée que notre leader n’avait rien à se reprocher. Lui-même d’ailleurs fustigeait ses adversaires Marine Le Pen et François Fillion lorsque ces derniers s’avéraient peu enclin à se rendre chez le juge lors de leurs déboires judiciaires.

Or, Jean Luc Mélenchon a opté pour l’affrontement avec les forces de l’ordre et de la justice, faisant pratiquement du corps à corps et proférant des menaces envers ses interlocuteurs. « La République, c’est moi » a-t-il clamé avant de vouloir rentrer de force dans ses locaux….

A-t-il été rattrapé par son passé de militant Trotskyste prêt à en découdre avec l’ordre établi ? Est-il resté un « révolutionnaire dans l’âme », malgré son appartenance à un « système établi » dont il dénonce à jet continu sa déliquescence avec un désir de provoquer enfin le « grand soir » ?

Nul ne le sait vraiment mais on a senti l’embarras palpable de ses compagnons d’arme envers un leader qui les a amenés jusqu’aux portes du pouvoir mais dont les outrances verbales et ses agissements violents finiront pas leur porter préjudice…

Cette semaine folle s’est transformée en mauvais feuilleton pour le leader insoumis : une désolidarisation d’une partie de son électorat, les attaques ad hominem sur Emmanuel Macron comparé à un « petit chose », les insultes envers Médiapart qui a dévoilé les relations prétendues intimes de Mélenchon avec sa responsable de communication, Sophia Chikirou, impliquée dans différentes affaires (surfacturation, détournement de fonds publics, fiasco de la télé des insoumis) ou sur les journalistes d'investigation de France Info, traités d’abrutis…

La chute dans les sondages ne s’est pas fait attendre et le doute s’est soudainement abattu sur des électeurs qui voyait dans l’ancien sénateur de l’Essonne, un « révolutionnaire en cravate,  un orateur-né, homme de culture avec un caractère bien trempé habité par la ferme intention de réveiller une gauche devenue léthargique « , certains finissent par penser que celui qui a fait de son combat politique « un acte citoyen fait de bruit et de fureur » pour réveiller les consciences ne serait en fait  qu’un électron libre bien incapable d’incarner un jour, la fonction présidentielle….

(*) Jour de colère

APRES LE DELUGE (EDITO DU 17/10)

Ce lundi 15 octobre, on s’attendait à l’annonce du remaniement gouvernemental qui se faisait désirer par ce bel été indien que connait le nord de la Loire. Mais une actualité plus dramatique a pris le dessus sur le feuilleton politique : les violents orages qui ont sévi dans le grand quart sud-ouest, provoquant des inondations catastrophiques notamment aux portes de Carcassonne et qui nous ont laissé interdits….

En effet, les dégâts sont considérables et les pertes humaines qui s’élèvent à onze personnes, sans compter les disparus et les mille personnes évacuées comme le montrent les images apocalyptiques d’une région connue d’habitude pour sa douceur de vivre… Mais imaginez qu’il a plu autant en quelques heures qu’au cours des six derniers mois : entre 150 et 300 mm d’eau sont tombés sur une terre qui avait déjà connu pareil phénomène en 1999 avec un bilan encore plus lourd….

Le plus grand nombre de victimes a été recensé à Trèbes (six), déjà meurtri par l’attaque, au printemps dernier, du supermarché local par un terroriste, coûtant la vie à plusieurs innocents et provoquant, l’acte héroïque du Colonel Beltrame, victime du devoir. Cruel destin pour ce village….

Le Premier Ministre, Edouard Philippe s’est très rapidement rendu sur les lieux pour constater les lourds dégâts et de lancer de facto une procédure de catastrophe naturelle accélérée…

Des habitants qui ont tout perdu en quelques heures, plus de 1500 foyers privés d’électricité, des routes inaccessibles, des écoles fermées, des voies de chemin de fer impraticables rendaient l’annonce d’un remaniement gouvernemental dérisoire.

 Mais la compassion de la communauté nationale pour ce territoire meurtri n’a pas tardé à être remplacée par un début de polémique incriminant notamment Météo France, accusé d’avoir minimisé cet épisode climatique en ne déclarant d’abord qu’une vigilance orange puis une rouge mais seulement à 6h00 du matin…

A leur corps défendant, les prévisionnistes ont rétorqué que ce genre d’épisode très localisé comporte une grande part d’imprévisibilité quant à son ampleur. De plus, les messages d’alerte vigilance orange lancés auprès d’une population qui a tendance à les banaliser au vu de ses conséquences souvent variables.

On sait également qu’un tel évènement qui se produit durant la nuit implique une logistique de secours pas toujours évidente à déployer. D’ailleurs imagine-t’on si l’épisode s’était produit pendant la journée de dimanche, lors des retours de week-ends, peut être aurait eu encore plus de victimes ?

Mais l’heure n’est pas à trouver des boucs émissaires mais plutôt à panser les plaies d’une région, toujours angoissée par la montée inexorable des eaux puis la lente décrue. Notons malgré tout un point positif dans toute cette tragédie, l’émergence d’une grande chaîne de solidarité d’une de la population qui a su aider les valeureux secouristes à venir en aide aux sinistrés….

SAMBA BRUNE (EDITO DU 10/10)

Ce dimanche 8  octobre, il a provoqué un séisme politique en arrivant très largement en tête du premier tour de l’élection présidentielle organisée au Brésil. Certes, les sondages avaient bien prédit qu’il en serait le favori mais ce score de 46 % a donné la gueule de bois à tous ses adversaires. Le second tour qui aura lieu dans trois semaines laisse présager une nette victoire de Jair Bolsonaro… 

Né dans la région de Sao Paulo en 1955, cet ancien capitaine de l’armée de terre devenu député au début des années 90 ne doute pas de son succès. Clairement classé à l’extrême-droite, il n’a cessé de sillonner le pays le plus vaste d’Amérique du sud, en haranguant les foules d’un discours populiste teinté de propos homophobes, racistes ou encore misogyne qui semble séduire un électorat déboussolé par les différentes crises politiques antérieures….

Un électorat qui se situe en grande majorité dans le Sud du Brésil, plus riche et prospère qu’un Nord qui compte de nombreuses poches de pauvreté. Son programme économique reste flou aux yeux des observateurs. Bolsonaro accuse l’actuelle équipe gouvernementale, héritière de Lula, d’avoir amené le pays vers la récession économique.

Mais quelles sont ses solutions ? Fervent admirateur de la dictature qui sévit au Brésil entre 1964 et 1985, régime devenu très autoritaire et peu regardant sur les droits de l’homme mais symbole du « boom économique » qui propulsa le pays dans le rang des pays émergents qui comptent, on devine qu’il rêve de rebooster ce pays en appliquant une politique libérale et isolationniste forte. Ne le surnomme-t’on pas déjà le « Trump Brésilien ?

Un pays potentiellement riche mais un des plus inégalitaires du monde, miné par une corruption endémique qui a fini par envoyer derrière les barreaux, l’ancien « héros national » Lula et destitué son successeur, Dilma Roussef, pourtant victime de la dictature regrettée par le populiste Bolsonaro.

L’insécurité dont la montée est tout aussi endémique que les inégalités constitue un idéal angle d’attaque pour le leader du Parti Social libéral (qui change de parti comme de chemise). Sa récente agression au couteau qui a failli l’envoyer à trépas constitue une aubaine pour imposer un régime autoritaire à même d’éradiquer ce mal profond qui mine le pays…

Arrivé en deuxième position avec 29 %, le successeur de Lula, Haddad sait que le second tour sera très difficile pour lui. « Une remontada » sera possible si un « plafond de verre » est instauré pour freiner l’irrésistible ascension de la coqueluche des sondages.

Rien n’est perdu, mais on sait que ce « sursaut démocratique » ne serait que l’addition hétéroclite de partis parfois opposés uniquement soudés pour barrer la route celui quI prône "une dictature " pour provoquer la résurrection du pays….Et après ?.

L'ANNEE DE TOUS LES DANGERS (EDITO DU 03/10)

Sortons de nos turpitudes politiciennes Franco-Françaises pour nous pencher sur les jours tragiques que vit la région occidentale de l’Indonésie dont les images de désolation diffusées sur les télévisions du monde nous interpellent et nous rappellent surtout que nous ne savons finalement pas grand-chose sur ce  grand pays qu’est l’Indonésie.

C’est le plus vaste archipel du monde, composé de plus de 13.000 îles et ilots dont beaucoup sont d’origine volcanique et qui présente le paradoxe suivant : être densément peuplé (plus de 250 millions d’habitants, le quatrième plus peuplé de la planète) et renfermant des espaces naturels encore sauvages et inaccessibles.

Les plus avertis d’entre nous savent que le pays fut jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, une colonie Néerlandaise et qu’il abrite toujours la plus importante communauté musulmane du monde.

Les plus anciens observateurs de géopolitique se rappelleront les différentes volontés de séparatisme découlant de l’indépendance mais surtout des jours mouvementés des années 60, quand l’autoritaire Suharto renversa le fondateur de l’Indonésie indépendante : Soekarno et resta trois décennies au pouvoir amenant une certaine prospérité économique mais développement un régime brutal et corrompu…. 

Mais aujourd’hui, chacun d’entre nous déplore un cataclysme engendrant un drame humanitaire sur toute la région occidentale du pays, dans les Célèbes. Vendredi dernier, un puissant séisme d’une magnitude de 7,5 sur l’échelle de Richter provoquant ensuite un tsunami aura tout balayé sur son chemin provoquant des dégâts considérables : plus de 66 000 logements détruits et un spectacle de désolation absolu….

Au fil des jours, la région de Palu, port principal actif de 350 000 habitants pleure ses morts dont le nombre ne cessent d’augmenter pour atteindre le chiffre de 1 300 mais qui reste provisoire, sans oublier les 300 000 personnes en état de détresse, du fait de l’isolement, frappé par la soif et la faim…

Depuis la semaine dernière, les secours peinent à progresser du fait de l’inaccessibilité de certaines zones et malgré l’appel à l’aide internationale qui arrive, les opérations de retrouver des victimes sous les décombres restent fastidieuses. Pour être clair, une véritable course contre la montre a été déclenchée…

Cette région a le malheur d’être située à la convergence de trois plaques tectoniques, dans ce que l’on appelle « la ceinture de feu du Pacifique », donc forcément vulnérable pour des populations qui avaient déjà connu dans le passé, des phénomènes similaires sans être de la même ampleur toutefois.

Certains esprits critiques y voient la « main du diable », celle que l’on surnomme le « dérèglement climatique » provoqué par une humanité peu prompte à tenir ses promesses lors des sommets climatiques (les fameuses COP) qui génèrerait de façon cyclique ce type de catastrophe….

Mais les querelles de prophètes de mauvais augure ou de scientifiques partagées sur les incidences du réchauffement climatiques sur les risques géologiques encourus ne sont pas à l’heure du jour. C’est plutôt l’aide humanitaire aux populations sinistrées qui prime. Un fonds d’aide de l’ONU a déjà débloqué plus de 15 millions de dollars, sans compter sur la générosité des autres pays du monde, dont nous faisons partie pour tenter d’effacer cette tragédie….

 

RETOUR AUX SOURCES (EDITO DU 25/09)

« Je veux être le prochain maire de Barcelone ».  Le ton est solennel mais l’annonce est un secret de polichinelle. L’homme qui prononce cette déclaration n’est autre que Manuel Valls, actuel député apparenté LREM de la 1ère circonscription de l’Essonne (Evry-Corbeil), ancien Premier ministre et natif de la deuxième ville d’Espagne où il est de plus en plus présent depuis quelques mois.

Bien que prévisible, cette annonce n’en est pas moins une première dans l’histoire politique Européenne : un ancien chef de gouvernement Français qui se voyait il y a encore un an être le futur locataire de l’Elysée aspire désormais à présider aux destinées d’une ville phare en Europe du Sud.

Ce brusque changement de vie aussi bien privée que publique est un véritable challenge pour l’ancien Maire d’Evry mais l’homme adore se mettre en danger, d’être un outsider comme il le fut jadis lors de la primaire socialiste de 2012, ou très minoritaire au P.S, il avait réussi deux ans après à devenir Premier ministre. Alors pourquoi pas réitérer un nouvel exploit dans une cité fracturée par un désir d’indépendance avorté il y a un an ?

Issu d’une illustre famille Barcelonaise, élevé à Paris et naturalisé français à 20 ans, Manuel Valls n’a jamais fait mystère de la revendication affirmée de ses racines catalanes, côté paternel ni de ses origines Italo-Suisse par sa mère, parlant couramment Castillan, Catalan et Italien, il peut se targuer d’être un authentique citoyen d’une « Europe » ouverte vers le monde extérieur, comme l’est d’ailleurs sa ville natale.

Franchement hostile au séparatisme qu’il juge suicidaire pour son pays natal, le toujours député, que ses adversaires locaux regardent comme un « parachuté qui espère prendre sa revanche sur son échec politique en France » ou encore comme un « opportuniste, qui change de pays ou de parti comme de chemise », seulement appuyé par le petit parti centriste « Ciudadanos » voit sa route semée d’embûches et des chances de succès pour l’instant très minces….

Mais l’homme n’est pas seul, il s’est entouré de conseillers et a commencé à tisser un réseau permettant de rebattre les cartes déjà chamboulées depuis cette annonce qui agace autant qu’elle affole une classe politique très divisée….

Fort de son expérience de Premier Ministre et de ministre de l’intérieur populaire qui pourrait apporter des solutions à la montée de l’insécurité dans la cité catalane, il ne lui reste plus qu’a fédérer autour de lui des partenaires politiques au vu d’un scrutin à la proportionnelle et à un tour et c’est là que la tâche est titanesque….

Pour confirmer la sincérité de son combat à venir, Manuel Valls a décidé de quitter tous ses mandats politiques en France et de se lancer dans cette nouvelle aventure qui n’est autre qu’un retour aux sources. L’ancien maire naturalisé espagnol d’Evry espère devenir le premier maire Français naturalisé de Barcelone…et petit clin d’œil de l’histoire : lors du traité de Corbeil en 1258, la France renonça à ses prétentions sur la Catalogne, aujourd’hui son futur ex-député lui refait une déclaration d’amour……

 

LA GUERRE DES MONDES (EDITO DU 17/09)

La guerre des mondes rappelle d’abord ce génial canular diffusé sur les ondes américaines de 1938 et dont l’auteur n’était autre qu’Orson Welles. Ce dernier fit croire à une invasion des martiens sur le sol américain. Réalisé comme un reportage plus vrai que nature, ce qui provoqua une panique certaine….

Mais la nouvelle guerre des mondes aujourd’hui fait plutôt allusion a l’affrontement entre l’ancien monde et le nouveau monde.

En France, l’ancien monde est l’héritier des acquis sociaux, du formidable boom économique au lendemain de la seconde guerre mondiale, d’une classe politique composée d’une droite et d’une gauche, d’une certaine élitocratie qui a gouverné le pays ou encore de la persistance d’un état-providence fait pour toujours durer tandis que le Nouveau Monde a été porté sur les fonts baptismaux lors du cataclysme politique de 2017.

Ce « cataclysme » a eu pour effet de brouiller les codes traditionnels qui régissaient la vie politique (ce fameux clivage droite/gauche), puis de vouloir établir un nouveau contrat social, plus en adéquation avec la marche du Monde tenté de ranger au placard des valeurs jugées obsolètes pour mettre en exergue de nouveaux concepts : le libéralisme, le développement de l’intelligence artificielle devenue inexorable, à l’instar d’une révolution numérique ou la mondialisation  qui avaient déjà chamboulé l’ancien monde durant la dernière décennie.

Les partisans du Nouveau Monde y voient la possibilité de la France de tenter de rester dans la cour des grands, qui met une Europe encore puissante mais en proie au doute (la peur du déclin et la poussée des nationalismes) tandis que ces adversaires déplorent : la poussée de la précarité, des lendemains incertains, d’une déshumanisation du travail au profit d’un capitalisme débridé mené tambour battant par la guerre économique Sino-Américaine.

Alors quel camp choisir ?  Le retour en arrière prôné par certains n’est plus possible. La tentative isolationniste dangereusement entamé par une Grande-Bretagne empêtrée dans le mauvais feuilleton du Brexit ou encore les gesticulations de leaders d’extrême droite des ex-pays de l’est doivent nous inciter à un sens des réalités…

Plonger la tête baissée dans le Nouveau Monde ne signifie pour l’instant pas grande chose. Cela reste un concept balbutiant même si les médias ou ses acteurs principaux le décrivent comme lancer dans une course frénétique. Il reste le défi majeur de la prochaine décennie : en France notamment, vieux pays il est vrai un peu réfractaire au changement mais qui finit toujours par prendre le train en marche.

Car la France est à la croisée de ces deux mondes incertains et parfois teinté d’ambiguïté : le maintien des avantages sociaux coût que coût, la poussée de la précarité, des premiers de cordée qui tutoient les sommets quand d’autres dévalent les pentes, la volonté de réforme et le désir de ne rien toucher et enfin les rapports amour-haine avec un pouvoir jamais satisfaisant…

Il faut de tout pour faire un monde, qu’il soit ancien ou nouveau……

CLASSE EX (EDITO DU 10/09)

Avez-vous constaté que l’actualité politique du moment n’est pas uniquement alimentée par les acteurs en place, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition mais également par une autre catégorie parfois active même si on la catalogue ironiquement « has been » ?  C’est celle des Ex.

Prenons par exemple, les ex-présidents de la République, fonction qui a l’inconvénient, du fait de sa position dans l’appareil d’Etat de vous conduire, dès que vous l’avez quittée de vous faire jouer dans la catégorie du « champion déchu », toujours prompt à prodiguer des conseils ou à décerner des brevets de mérite à ses successeurs.

Oh, bien sûr, la confortable rente de situation des anciens présidents, la délicieuse illusion de jouer encore un rôle lorsqu’on les voit apparaître dans les commémorations à quelques mètres de leur successeur peut les pousser à une certaine fierté de « rester dans l’imaginaire collectif ».

Mais en réalité, on sait qu’ils espèrent malgré tout revenir sur le devant de la scène, voire de servir de « recours » à un pays qui serait plongé dans une « incertitude dangereuse », s’autoconvainquant qu’ils sont des retraités sans l’être » prêts à revêtir leurs habits d’antan.

On se souvient de la fin présumée de la carrière politique de Nicolas Sarkozy après sa défaite en 2012, qui rapidement ne sera qu’un « break » pour mieux essayer de revenir dans le jeu jusqu’à se requalifier pour les « primaires de la Droite » pour finalement trébucher face à son ex-collaborateur François Fillon ou le meilleur d’entre eux, Alain Juppé….et tenter de fermer définitivement la page, même si un récent sondage continue à en faire un champion pour une droite traumatisée par ses revers électoraux , loin devant son ex ministre, Laurent Wauquiez.

Son successeur et meilleur ennemi, François Hollande, contraint de rendre son tablier présidentiel en 2017, meurtri certainement par la « trahison » de son successeur ou encore de son ex- collaborateur, qui aurait aimé lui succéder à la tête de l’Etat pour finalement flirter avec ses racines catalanes du côté de la deuxième ville d’Espagne….

Celui que ses propres amis surnommaient méchamment « Guimauve le Conquérant » avant de devenir ses ministres espère redevenir « François le revenant », grâce à la publication de son livre et de ses nombreu

12 millions d’élèves et 880 000 enseignants ont donc repris le chemin de l’école ce lundi 3 septembre. Une rentrée sans heurts supervisée par le ministre le plus populaire du gouvernement, Jean Michel Blanquer qui portait lui-même un cartable rempli de 7 réformes autant symboliques que majeures (la dictée quotidienne, le dédoublement des classes CP-CE1 dans les zones défavorisées, l’apprentissage de la Marseillaise, l’amélioration des activités périscolaires, la fin du portable au collège, le positionnement pour l’entrée en seconde, l’accompagnement personnalisé) .

Le même jour, le « premier de la classe », Emmanuel Macron effectuait lui-même sa rentrée à Laval (Mayenne), il confiait d’ailleurs à son auditoire que parfois sa tâche n’était pas toujours facile, loin de là. Ah ! l’exercice du pouvoir….

Il avait passé des vacances un peu difficiles (doux euphémisme), voire plombées par son ex-fidèle Alexandre Benalla, ce dernier ayant réussi par ses frasques, à voler la « Une de l’actualité » à nos « Bleus » champions du Monde !

Le départ a la fois prévisible mais « en même temps » surprise de Nicolas Hulot, suivi de la démission de Laura Flessel ont certainement perturbé l’agenda de rentrée du « maitre des horloges ».

Des sondages calamiteux, des propos goguenards sur les « gaulois réfractaires » ou encore la valse-hésitation concernant la mise en place ou non du prélèvement qui semblait ne plus couler de source pour le chef de l’état a rendu cette rentrée très compliquée pour le gouvernement.

Malgré l’intervention télévisée du second de la classe, Edouard Philippe pour rassurer un pays en proie au doute sur la capacité de son équipe à relever les défis, on ne peut que constater un « mou » certain dans la cordée gouvernementale, pourtant décidée à gravir le sommet de la montagne abrupte du changement….

Mais une croissance moins bonne que prévue, la hantise de l’opinion de voir son pouvoir d’achat s’effriter « lentement mais sûrement » et peut être aussi une certaine impatience à voir enfin le « bout du tunnel » d’une société française toujours aussi riche mais voyant monter la précarité dans les couches les moins favorisées de sa population grippe la marche de manœuvre de l’exécutif….

Les dossiers chauds de la rentrée dont notamment celui des retraites qui risque d’être aussi ardu à régler que celui de la réforme de la SNCF. Si le chef de l’Etat a remporté les manches précédentes grâce à une évidente ténacité et à une détermination sans failles à vouloir réaliser ses promesses électorales, il doit à présent changer de braquet en matière de gouvernance. 

Une gouvernance qui a cassé les codes traditionnels pratiqués naguère sous la Vème République : ses plus farouches adversaires lui reprochant de diriger la France comme une Start-up et d’utiliser un management vertical qui laisse peu de places aux autres acteurs de la politique et syndical….

D’autres lui reprochent toujours de favoriser les « métropoles » face aux « territoires », les « zones favorisées » aux « quartiers », de permettre aux « nantis » de continuer à se verser des dividendes quand d’autres tirent la langue….

Les attaques sont souvent manichéennes et les difficultés passagères du gouvernement sont elles propices à un « essor » de l’opposition ? Rien n’est moins sûr…Certes, les mouvements contestataires risquent de remporter les élections européennes, généralement l’expression « d’une mauvaise humeur » mais qu’appelle-t’on l’opposition ?

S’agit-il de la Droite classique menée par un Laurent Wauquiez, ambigu et peu audible ? d’un parti socialiste moribond et dirigé par un inconnu du grand public ? d’une Marine Le Pen, menacée d’une banqueroute de son parti ou encore d’une France Insoumise, certes active dans les médias mais dont l’aptitude à rassembler reste vaine ?

A ceux qui prédisent la fin du Macronisme triomphant et le retour aux fondamentaux de la politique (le retour du clivage droite/gauche) sont les mêmes qui nous expliquait pourquoi le petit jeune homme de 39 ans n’avait pas les épaules pour arriver au pouvoir (certains d’entre eux l’ont rejoint depuis…).

Evitons les commentaires hâtifs, il reste encore quatre ans, tout le monde a une carte à jouer, c’est la quintessence de la démocratie qui n’est pas si bafouée que ça dans notre vieux pays de gaulois réfractaires (plutôt bougons que réfractaires, d’ailleurs) …

Ce mardi 28 août 2018, Nicolas Hulot, ministre d’Etat, chargé de la transition écologique a choisi de présenter sa démission à Nicolas Demorand et Léa Salamé, les deux matinaliers les plus écoutés de la France Inter….

Certainement submergé par une émotion palpable même à la Radio, l’ancien présentateur d’Ushuaia s’est en fait trompé d’interlocuteurs : il aurait dû rendre les armes à ceux qui l’avait adoubé : le Président de la République , Emmanuel Macron ou le premier Ministre, Edouard Philippe, co-auteurs de cette belle prise de guerre en 2017.

Mais l’éternel « croisé » de l’environnement, maints fois convoité par les gouvernants pour prêcher la bonne parole « verte » était plus à l’aise pour des confidences au cœur de la station de radio de ses débuts professionnels, que dans les salons lambrissés de la République….

Il est évident que le plus célèbre « écologiste de France » a craint que ses patrons le retiennent une fois de plus par la manche, ce qu’ils ont d’ailleurs fait plusieurs fois pour celui qui a une propension à présenter sa démission plus vite que son ombre….

L’homme de communication a tout en cas réussi à affoler tous les compteurs médiatiques, en berne depuis l’affaire Benalla et créer ainsi une première dans l’histoire de la Ve République : décider lui-même de prendre la porte sans en référer à sa hiérarchie qui heureusement écoutait la matinale et a appris alors la surprenante nouvelle…Bonne fille, elle a salué son action et a juré qu’elle continuerait l’œuvre du héros brimé….

Le désormais ex-ministre a confié qu’il n’avait pas intégré tous les paramètres de la chose politique, que le costume était peut-être trop grand pour lui…

Pourtant, il avait naguère fait l’amère expérience des joutes électorales en tentant de prendre le parti des Verts face à l’intransigeante Eva Joly. En vain.

Mais l’inattendu Emmanuel Macron, chantre d’un « nouveau monde Politique » l’avait convaincu de devenir un « officier de tranchée » prêt à l’action et non plus « un prophète médiatique qui distille la bonne parole à un auditoire conquis mais passif.

Ses quinze mois passés à la tête d’un ministère technique et finalement très politique lui ont fait découvrir que les lobbies, ces groupes de pression et d’influence étaient omniprésents dans les moindres recoins de son ministère et qu’il fallait composer avec comme l’avait fait avant lui tous ses prédécesseurs.

C’est un lobbyste réputé, « conseiller écouté » d’Emmanuel Macron » et ami de « tout ce qui peut servir ses intérêt », Thierry Coste, invité surprise (?) à une réunion à laquelle participait notre ex-ministre qui aurait poussé celui-ci à reprendre sa liberté….

Prétexte fallacieux pour prendre le large ? Aveu d’impuissance d’un personnage estimé de la société civile qui ne capte pas les codes du personnel politique, prompt à manger son chapeau au fil des renoncements à des engagements passés ? Nul ne le sait vraiment pour l’instant.

L’ancien ministre s’est déclaré terriblement « seul » au cœur d’un équipage qui n’utilise pas selon lui »la bonne boussole » même s’il salue les capitaines qui lui ont quand même permis de concrétiser certains de ses souhaits (Notre Dame des Landes, Glyphosate, le dossier nucléaire).

D’autres ont plutôt découvert un personnage « fragile », psychologiquement, se montrant sensible aux attaques ad hominem (on se rappelle la diatribe de Brigitte Bardot le qualifiant de « Trouillard qui ne sert à rien », obsédé par son image et sa « popularité », jusqu’à ses propres équipes le qualifiant de « colérique », capricieux et difficile à vivre au quotidien….

Ce tonnerre médiatique a en tout cas mis en lumière toutes les contradictions d’une opinion publique qui salue l’homme jugé indispensable mais qui a raison de partir, d’accord pour réussir la transition écologique bien que ce ne soit pas finalement la priorité du moment et enfin d’un pouvoir qui vit quelques moments difficiles et qui compte peut-être remanier une équipe issue de la société civile pour redonner de la voix à un personnel « politique » plus aguerri. ».

Elle s’annonce bien compliquée cette rentrée 2018, la deuxième du quinquennat Macron. A peine rentré de sa forteresse de Brégançon, le chef d’orchestre Macron a pu constater que son agenda était déjà bien rempli pour les semaines à venir : « bousculé » par le couac provoqué par l’affaire Benalla qui aura réussi à ajourner la fameuse réforme constitutionnelle mais également à réveiller en fanfare une opposition qui jusqu’à présent, hésitait entre léthargie et résignation, il sait qu’il doit redonner le « tempo » qui lui faisait réussir avec doigté les exercices musicaux les plus audacieux…

Outre ces métaphores mélodiques, le chef de l’état se voit contraint de continuer les réformes (déjà nombreuses) qu’il a entamées depuis son accession au pouvoir.

 

Qu’il s’agisse de la lutte contre la pauvreté qui ne cesse de croître dans notre pays, pourtant un des plus riches du monde, de la réforme de l’assurance chômage dont les négociations avec les partenaires sociaux risquent d’être très tendues, de l’épineux dossier des régimes de retraite : vers une unification de ce qui est actuellement un patchwork, sans oublier les régimes spéciaux, centre névralgique[PD1]   de l’interminable conflit du printemps ou encore le plan pour un hôpital en ébullition : restrictions budgétaires et surcharge de travail du personnel soignant….La tâche s’avère ardue….

La réforme constitutionnelle ajournée devrait revenir au grand galop afin d’être adoptée définitivement… Face à lui, un premier ministre qui va tenter de rassurer des partenaires sociaux inquiets et souvent persuadés que les « dés de la négociation » sont pipés, une opposition ragaillardie qui reproche au chef de l’état de rester le héraut de « la France qui gagne aux dépens des plus humbles », de jouer la carte de l’ambiguïté sur la question migratoire ou encore d’être victime d’une lecture par trop optimiste de la conjoncture économique….

En effet, le pari du gouvernement a été de jouer sur les effets d’une reprise économique persistante (au-delà de 2 %), lui permettant par le biais des réformes engagées de bénéficier des « premiers fruits » de son action.

Mais ladite croissance n’est pas au rendez-vous escompté et cela risque d’obliger l’exécutif à opter pour un arbitrage budgétaire bien plus rigoureux que prévu…voire de continuer à rogner sur les « acquis sociaux », grande terreur de l’électeur moyen….

D’ailleurs, qu’en pense-t’il cet électeur lambda. Les enquêtes d’opinion confirment que la popularité (moyenne) de l’exécutif ne se trouve pas affectée pour l’instant : le chef de l’état tenant ses promesses de campagne mais à condition que dans un moyen terme, il y ait des résultats : des sacrifices d’accord mais des compensations itou : réduction du chômage, baisse des inégalités, reprise soutenue de l’activité économique ou encore hausse du pouvoir d’achat seraient les bienvenus….

Le premier verdict sera prononcé cette année 2019 : les électeurs par le biais des élections européennes pourront exprimer leur ressenti : on sait très bien deviner que la question européenne passera au second plan, laissant la place au satisfecit ou au rejet....

Ils ont récemment défilé à Washington pour affirmer « haut et fort » ce que devrait être (selon eux) les Etats-Unis : un pays dominé par la « race blanche ». On les appelle les Suprémacistes, ils représentent une infime minorité de la population mais ils sont très présents dans les réseaux sociaux pour mettre en avant une doctrine ouvertement xénophobe, raciste, antisémite, allant jusqu’à proposer l’hégémonie d’une race blanche qu’ils jugent en péril face à l’invasion « étrangère » que subit leur nation.

L’an passé, ils se sont mis en avant pendant les longues nuits d’émeutes qui ont secoué les états du Sud à la suite de bavures policières à forte connotation raciste sur des manifestants noirs. A contrario dans la capitale Fédérale, ils étaient moins nombreux que leurs détracteurs déterminés à leur barrer la route. Sans jeu de mots, ils ont fait « chou blanc ».

Ce groupuscule composé de tous les marginaux et excentriques en tout genre qui intègrent aussi bien les néonazis, les nostalgiques du Ku Klux Klan, des intégristes de tout poil font resurgir tous les vieux démons d’une Amérique qui les avaient pourtant rangés dans les oubliettes de l’histoire : la ségrégation raciale encore présente à l’aube des années 60 avaient été éradiquée par les mythiques années Kennedy jusqu’à l’élection d’un président noir, Barack Obama.

La montée des populismes si présente en Europe jusqu’à arriver au pouvoir (Autriche, Italie, Hongrie, etc…) doit nous permettre de demeurer vigilants sur l’expansion d’un tel mouvement outre-Atlantique, surtout quand ces mêmes suprémacistes pensent avoir trouver leur messie en la personne de…Donald Trump !

Le président des USA serait le garant de l’identité nationale en voulant établir un mur pour stopper l’invasion latino, il privilégierait l’Homme Blanc, Chrétien et Nationaliste : en bref, le White Anglo Saxon Protestant version hard.

Ivanka Trump, fille de son père, a aussi démenti cette filiation embarrassante, affirmant qu’elle était aux antipodes de la doctrine paternelle. Cependant, une ancienne collaboratrice noire évincée par la Maison blanche affirme que Donald Trump est quand même « raciste, misogyne et intolérant ».

On pourrait sourire de ce feuilleton politique de l’été, sinon qu’un récent sondage confirme que près de 5 % des Américains approuvent l’initiative des Suprémacistes, et pas seulement les électeurs des « zones sinistrées » de la « Deep America » mais surtout les jeunes et plus grave, les intellectuels……

Ces derniers, certainement des brebis égarées, gavées par la mixture douteuse de certains sites propagandistes ont l’avantage de connaître l’histoire, ils ont un devoir de mémoire et ne doivent pas tomber dans les raccourcis idéologiques qui perdit certains de nos intellectuels lors du dernier conflit mondial…. 

Qu’ils ne contredisent pas le souhait du Pasteur Martin Luther King, ardent défenseur des droits civiques qui le paya très durement en étant assassiné. « J’ai fait un rêve. Pas un cauchemar », pourrait-il dire aujourd’hui….

 

 

 

Comme tous ses collègues du gouvernement, il les attendait ces vacances salutaires, sorte de point final  de toutes les zones de turbulence subies par l’exécutif depuis le début de l’année.

Certes, elles seront de courte durée, car quand on est ministre, on a signé pour en baver avec en prime un retour sur investissement improbable : le prestige de la fonction présente parfois les revers de la médaille.

Lui, c’est l’ancien présentateur vedette du magazine télévisé Ushuaia : Nicolas Hulot, écologiste jusqu’au bout des ongles mais accusé par certains d’avoir mangé sa casquette en acceptant pour une fois de tutoyer un pouvoir qui privilégie comme beaucoup d’autres l’économie sur l’environnement, souci d’efficience oblige….

L’ancienne vedette du petit écran, souvent sujet à des états d’âme et aimant alimenter le suspense sur son éventuel départ du gouvernement pour cause de désaccord sur certains sujets qui fâchent sera finalement de retour dans son ministère de l’écologie dès la fin août.

En même temps, comme dirait le chef de l’Etat, il pourra passer des vacances loin des tracas quotidiens comme un peu plus de la moitié des français durant cette période….

Il ne se transformera surement pas en personnage lunaire et hilarant du film de Jacques Tati : « les vacances de Monsieur Hulot » ce personnage récurrent dans l’œuvre du cinéaste et qui fut inspiré par le propre grand-père de notre écolo de ministre, voisin de celui-ci, individu éloigné du vrai mais qui accepta de laisser son nom passer à la postérité, comme le confiait non sans malice le ministre lors d’un entretien donné sur LCI.

Il reprendra certainement du service en matière de sports extrêmes, tandis que son patron, Emmanuel Macron oubliera dans sa forteresse de Brégançon les derniers soubresauts du feuilleton de l’été qu’il a qualifié de « tempête dans un verre d’eau » mais qui l’auront quand même obligé à passer la serpillère….

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Naguère, on pouvait constater le retour des « marronniers » à chaque saison : hiver comme été. Vous savez, les marronniers, ces sujets d’actualités récurrents qui « comblent » par exemple une actualité estivale qui tourne souvent au ralenti : qu’ils soient tragiques (accidents de montagne, en mer), inévitables (les chassés croisés des vacanciers sur le départ ou au retour), touristiques ou économiques (les moissons, les initiatives des acteurs locaux).


Aujourd’hui, ils ne jouent plus qu’un rôle anecdotique. Certes, ils auraient pu être éclipsés par « l’évènement majeur du mois de sujet » : la victoire de la France à la Coupe du Monde de Football, vingt ans après le premier sacre qui avait enflammé tout un pays.


Ce fut le cas deux jours avant que n’éclate l’affaire Benalla, du nom du « conseiller du Président Macron » que nous avons déjà évoqué lors d’une précédente tribune. Nous ne reviendrons pas dessus tant les faits ont été commentés à longueur de journée jusqu’à nous saturer complètement….


Ce (mauvais) feuilleton de l’été dont les acteurs principaux n’ont pas vraiment connu une « happy end » aura quand même eu le mérite de réveiller une classe politique assoupie et jusqu’alors impuissante face au rouleau compresseur que Jupiter infligeait à la classe politique traditionnelle.


Ce « coup de canif » a surtout permis de retarder un énième chantier de réforme des institutions tant redouté (comme toutes les velléités de réformes d’ailleurs) en évoquant un « scandale d’état » comme il y a eu tant d’autres sous une Vème République jugée trop monarchiste même par ceux qui parfois la fustigèrent dans l’opposition pour ensuite mieux se renier étant assis sur un trône parfumé d’ivresse du pouvoir.


L’opposition ragaillardie aura donc réussi à défier un pouvoir qu’elle juge arrogant en lançant des motions de censure dont l’issue était connue d’avance. 
Une inquiétude et une colère légitime martelée avec l’aval de certains médias généralement à la diète durant cette période avec une probable indifférence de vacanciers insouciants constituera finalement « un coup d’épée dans l’eau » .


N’oublions pas que l’actualité, la vraie, reprendra ses droits dès la fin où l’on nous annoncera, ça aussi c’est certainement un marronnier : une rentrée sociale agitée….

Décidément, la douce euphorie liée à la victoire de la France aura été de courte durée pour alimenter l’actualité et l’éventuel avantage que pouvait en tirer l’exécutif.


Le cortège des vainqueurs qui a animé nos villes et nos villages a fait place à une affaire sensible pour un pouvoir qui pensait reprendre des forces pendant la moiteur de l’été. Une « affaire » qui touche directement le chef de l’Etat, Emmanuel Macron : un de ses fidèles, Alexandre Benalla, fidèle parmi les fidèles du Président est impliqué dans une affaire qui met la classe politique en ébullition depuis le début de la semaine dernière…

L’opposition a enfin trouvé un angle d’attaque pour affaiblir un chef d’état, suspecté de vouloir réduire à la portion congrue le pouvoir du parlement…. C’était d’ailleurs en pleine réforme institutionnelle que le scandale a éclaté avec ses révélations et ses rebondissements….

Rappelons les faits : Alexandre Benalla, responsable de la sécurité de l’Elysée s’est invité comme « observateur » lors des manifestations du 1 er Mai au Quartier Latin à Paris. Qui dit observateur dit personne en retrait. Or le même Benalla a été filmé en train de frapper des manifestants, avec une tenue de policier et ce, sans aucune habilitation justifiée de qui que ce soit…

L’homme, dont le passé proche au sein des services d’ordre du PS s’avère sulfureux a pourtant été sanctionné puis rétrogradé mais est resté en fonction jusqu’à ce que le « Monde » ne révèle les incidents de la fête du Travail.

La machine médiatique s’est ensuite emballée pour ne plus s’arrêter. La bronca des parlementaires a été crescendo réclamant une commission d’enquête pour ce qu’ils appellent « une affaire d’état ».

Ce tollé a provoqué le licenciement d’Alexandre Benalla, au vu, dixit l’exécutif des nouveaux éléments apportés à l’enquête diligentée…

Mais comme dans tous les incendies, quand certains tentent d’éteindre l’incendie, d’autres souffrent sur les braises, en vociférant sur les éventuels responsables des méfaits….
« Un nouveau Watergate » hurle Jean Luc Mélenchon avec la modération qu’on lui connait, une « affaire d’état » comme le clame les Républicains qui se retrouvent tous unis dans une « opposition de droite comme de gauche en quête de vérité » face au groupe majoritaire En Marche qui fait profil bas en attendant la fin de la tempête….

Et l’on apprend qu’Alexandre Benalla est un personnage sans statut officiel, qui possède de nombreux passe-droits comme un accès au parlement, de quoi faire fulminer les députés et sénateurs…

La commission d’enquête mise en place a permis d’auditionner les protagonistes de cette curieuse histoire : les acolytes du personnage principal, le préfet de police, le ministre de l’intérieur, (que certains espèrent voir quitter) mais qui renvoient la balle vers l’Elysée avec un Emmanuel Macron qui brille par son silence. Que finira-t ‘il par faire ? 
Reprendra-t ‘il la main ? Comme dans tous les feuilletons de l’été mais celui n’est pas une rediffusion, on attend une bonne chute, c’est toujours salutaire pour la démocratie....

Vingt ans après...


Les vingt-trois mousquetaires de l’équipe de France de Football ont rajouté une deuxième étoile à leur maillot à la suite d’une finale remplie d’intensité en venant à bout des valeureux combattants de la jeune Croatie….


Notre entraineur, Didier Deschamps, un des vingt-trois ainés de l’épopée glorieuse de 1998 a ainsi rejoint le cercle très fermé des joueurs-entraineurs « champions du monde » que sont déjà le Brésilien Zagallo et l’Allemand Beckenbauer...


Vingt ans après donc, les Français ont humé le parfum de bonheur que procure une victoire en coupe du monde, alors que dans les prémices de la compétition, ils ne cachaient pas leur inquiétude quant à la chance de leur équipe d’aller loin dans la compétition au vu des matches joués de façon hésitante voire laborieuse….


Mais l’équipe n’a cessé de monter « en puissance » tandis que les équipes favorites ont sombré : l’Espagne, le Brésil, l’Argentine et bien sûr l’Allemagne qui sont rentrées bien vite à la maison.

Non ce Mondial aura été le « matin des Outsiders » : Outre la Croatie, la vaillante équipe Anglaise s’est affirmée, les Russes certainement « boostés » par le fait d’être le pays organisateur ou bien sûr les Croates qui ont tutoyé les sommets en pratiquant un football flamboyant ….

Les deux dernières semaines qu’a vécu la France estivale auront été mémorables : le pessimisme ambiant a fait place à une ferveur qui a pu dépasser parfois l’engouement de 1998 : de nombreux drapeaux tricolores ornaient les façades de nos villes et nos villages et la fièvre gagnait une population toujours croissante de « supporters » enthousiastes….

Alors que l’on disait au préalable qu’une équipe ne peut gagner sans un « leader » ou sans « une cohésion soudée du groupe », il s’avère qu’au fil du temps, la « tactique » du chef d’orchestre Didier Deschamps a été la bonne. Traumatisé par l’inexplicable échec de l’Euro 2016, le Basque aura tout fait pour ne pas réitérer les erreurs du passé en insufflant à ses joueurs des notions d’humilité, de gestion du stress et surtout du respect de l’adversaire : aucun match n’est jamais gagné d’avance.

La victoire finale a récompensé tous ses efforts. La joie intense des soixante-sept millions de supporters qui a éclaté dans les moindres recoins de notre bel hexagone aura fermé cette belle parenthèse enchantée….

L’été torride continue, le Tour de France va pouvoir retrouver sa place dans l’actualité, les « sujets qui fâchent » ne vont pas tarder à revenir à la surface. Le président « Deschamps », faisant l’accolade aux joueurs issus « des quartiers » va-t-il redevenir le président « des villes » comme disent ses adversaires… ?

Dans l’attente, profitons des vacances et encore « Bravo les Bleus » !

’est la France comme on l’aime : celle qui rêve de gagner unie derrière son équipe de Football. Pourtant jusqu’à présent tout s’est déroulé comme dans un vaudeville : après des situations insolites, des doutes puis des rebondissements, il se profile peut-être à la clé : une fin heureuse.

Du pessimisme sur une équipe sans vrai leader labourant laborieusement un terrain incertain sur les terres russes a succédé une ferveur grandissante pour onze joueurs qui au fil des résultats voient s’entrouvrir les portes d’une possible finale….

Les drapeaux tricolores ne cessent de flotter au gré d’un vent favorable, balayant les autres sujets d’actualités : le tour de France d’habitude en vedette aux prémices de l’été est relégué au second plan tout comme Wimbledon….

L’ennemi public numéro un est toujours en cavale, les syndicats les plus radicaux continuent un combat qu’ils ont pourtant perdu sur la bataille du Rail, Emmanuel Macron prépare sa grande réforme des retraites qui déclenchera certainement de nouvelles manifestations à la rentrée mais pour l’instant rien n’y fait : les 67 millions de Français se retrouvent réunis : plus de « France des Start-up », « des territoires abandonnés », des « cadeaux aux riches », l’opium du peuple que constitue le football comme disait Jean-Luc Mélenchon commence à enivrer une nation fébrile et rêvant de revivre la parenthèse enchantée que fut la victoire de la France il y a vingt ans…..

Tous les médias qu’ils soient traditionnels ou nouveaux ont diffusé des matches suivis avec assiduité, permis de découvrir des « petites équipes » qui sont devenues grandes lors de la compétition et surtout d’assister à la déroute des favorites : Allemagne, Espagne, Portugal, Argentine et maintenant Brésil….

L’Europe avec quatre demi-finalistes va finir par être acclamée par ses détracteurs les plus acharnés, la Russie controversée de Poutine a proposé une compétition de grande qualité et les moins « sportifs en pantoufles » vont passer leur soirée à trinquer avec les supporters les plus inconditionnels….

Pour la France, quel que soit le résultat cette période aura été bénéfique, permettant presque de consolider pendant quelque temps un ciment social d’ordinaire enclin à se figurer. La chaleur de l’été et le début de longues vacances seront propices à ce désir de sentiment d’unité nationale retrouvé grâce à un simple jeu de ballon.

Comme diraient nos amis belges : c’est ça la part de rêve, bordel !!!!

 

Emmanuel Macron a donc été intronisé hier Chanoine Honoraire de Latran par sa Sainteté le Pape François. Certains esprits garants d’une laïcité sans faille se sont étranglés à l’annonce d’un tel évènement. L’incontournable Jean Luc Mélenchon a même rétorqué « et pourquoi pas « moufti ou rabbin d’honneur, pendant qu’on y est ! ».
L’actuel président de la République ne fait que perpétuer une tradition qui existe depuis Henri IV, où chaque monarque français était distingué par le Pape, la République a continué ce rite

Depuis le début de la Vème République, seuls trois présidents ont décliné cet honneur : Georges Pompidou, François Mitterrand et François Hollande. Curieux que « l’apôtre du Monde Nouveau » ait accepté cette distinction multiséculaire….

Certains commentateurs hostiles y verront l’hypothétique prise de « part de marché de l’électorat Catholique généralement classé à droite » de celui qui gère la France comme une Start-Up.

D’autres plus indulgents trouvent la réponse dans le cheminement personnel du chef de l’Etat : baptisé à sa demande à 12 ans, ayant fréquenté un lycée catholique par la suite mais sans pour autant remettre en question la séparation de l’église et de l’état de 1905.

La tentation de faire du régime « présidentialiste à la Française » une monarchie déguisée qui demeurerait la fille « ainée » de l’église relève indéniablement du fantasme.

Ce qui est vrai en revanche, c’est la « déchristianisation » progressive de la nation Française qui s’est développée au cours des trois dernières décennies, dont les causes se retrouveraient en partie dans le refus d’une certaine église d’accepter l’évolution des mœurs et des mentalités.

Il est loin le temps où les prêtres jouaient les animateurs sociaux : citons un père Regnault curé d’Etréchy (Essonne) qui créa le premier cirque amateur de France : le Cadet’s Circus (qui existe toujours) ou développa les colonies de vacances

On citera encore un autre « Chanoine » un vrai celui-là qui était également le député-maire de Dijon, il s’appelait Kir et pour sauver les négociants en liqueur de Côte d’Or, « inventa » un apéritif fameux mélangeant vin blanc et liqueur que l’on déguste avec toujours autant de modération : « Kir royal », « Kir impérial » ou pourquoi pas « Kir présidentiel ». Allez, à la tienne, Manu ! comme disent les jeunes pas très polis…

« Il faut savoir arrêter une grève » disait le leader Communiste Maurice Thorez lors des mouvements sociaux précédant le Front Populaire en 1936. Ce conseil pourrait s’appliquer aux leaders syndicaux actuels après l’adoption au parlement de la réforme du statut de la SNCF.

Mais comme souvent, on sort toujours les phrases de leur contexte, Thorez précisait : « à condition d’avoir obtenu satisfaction ».Ce n’est visiblement pas le cas de la majeure partie des organisations dont les plus virulentes (CGT, SUD RAIL) espéraient voir cette réforme purement et simplement abandonnée.

Les syndicats réformistes (UNSA, CFDT, FO) ont compris qu’ils avaient perdu le « bras de fer » avec le gouvernement, provoquant de facto la fin de l’intersyndicale.

Le dilemme est le suivant : faut il s’arrêter et négocier à présent ce qui est négociable (comme la remise à plat de la convention collective par exemple) ou continuer pour ne pas perdre la face et espérer un inattendu retournement de situation, comme ce fut le cas jadis du CPE (« smic jeunes ») qui fut adopté par le parlement puis retiré pour donner suite à la bronca de la rue ?

Cette deuxième hypothèse est peu probable, car dès le début cette grève « perlée » n’a pas été approuvée par une opinion publique lassée par des mouvements sociaux qu’elle juge finalement corporatistes (idem pour Air France) et puis surtout les mentalités ont évolué : ceux qui espéraient voir une réplique de la grève monstre de 1995 qui vit trébucher le tandem Chirac-Juppé en seront pour leurs frais.

La gêne réelle occasionnée par ces « débrayages » a été partiellement estompée par les nouveaux modes de transports qui sont apparues depuis le début de la décennie ainsi que la révolution numérique qui permet de trouver des plans b même dans une situation encore monopolistique.

La stratégie des syndicats de mener des grèves perlées était à la base une idée originale permet de négocier crescendo avec un pouvoir « droit dans ses bottes » mais l’établissement d’un « calendrier » planifié donc prévisible n’aura finalement pas eu la « force de frappe » d’une grève effectuée dans le dur….

Peut-on parler pour autant d’une nouvelle victoire pour le pouvoir ? Après la bataille, le plus dur reste à faire : réussir le changement de statut de la vieille dame SNCF et éviter les pièges d’une « privatisation » déguisée qui pourrait être mortifère si elle est mal élaborée.

Peut-on enfin parler de nouvelle défaite pour les syndicats ? La réponse sera dans la façon de négocier âprement la nouvelle donne proposée sans négliger que des élections professionnelles approchent : en cas d’erreur malheur aux vaincus….

 

La Coupe du Monde de Football va donc démarrer en Russie dans le courant de la semaine et voilà que la France espère revivre cette parenthèse enchantée que connut notre pays, il y a tout juste 20 ans en remportant la coupe Jules Rimet dans la chaleur du Stade de France….

Didier Deschamps va devenir l’homme le plus important du mois qui va suivre, épaulé par 67 millions de sélectionneurs qui pourront alternativement l’encenser ou bien l’accabler sur ses choix tant techniques que tactiques….

Quelle que soit l’issue, les Français vont oublier le temps d’une compétition, les périodes agitées qui ont secoué notre vieux et beau pays depuis le début de l’année : les grèves à répétition à la SNCF ou à Air France, la colère de la « rue » organisée par des opposants au pouvoir qui espéraient une marée humaine contre la politique jugée « antisociale » d’un gouvernement intransigeant, la menace de plans sociaux concernant des entreprises en péril et ce sentiment de fracture entre deux France : l’une qui réussit et l’autre promise à décliner inexorablement

Des syndicats qui jouent leur va-tout contre le « nouveau monde », des partis politiques qui continuent à se perdre dans une course d’orientation imposée par l’exécutif, un sommet du G7 qui tourne au fiasco après la énième volte-face de l’inénarrable Mr Trump sur les questions qui fâchent l’Europe : le climat ou encore la guerre de l’acier….

Heureusement, le temps d’une compétition, tous ces maux et tracas quotidiens vont être archivés dans des placards laissant ainsi la place à « l’unité nationale » : plus de « quartiers sensibles », plus de « territoires abandonnés », plus de « mise à mort du service public », de « politique migratoire répressive », des Français riches, des plus pauvres va ressusciter la France Black blanc beur de 1998 chantant à l’unisson les mérites de sa valeureuse équipe nationale ….

Enfin, à condition que les « Bleus » obtiennent des résultats susceptibles de faire vibrer les foules, sinon la « boite de Pandore » se réouvrira et les affaires citées plus haut reprendront…. Didier Deschamps sera exécuté sur la place publique avec son complice Emmanuel Macron…

En cas de victoire, tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes : le pays retrouvera la croissance, le chômage ne sera plus qu’un mauvais souvenir et un doux parfum inondera notre douce France qui érigera une statue de Didier Deschamps inaugurée par un Emmanuel Macron qui sera réélu haut la main…

Allez les Bleus, bonne campagne de Russie et assez persiflé : on ne change pas une équipe qui gagne….

Il a 22 ans, il vient du Mali, un pays d’Afrique devenu si instable qu’il l’a fui pour espérer connaître un avenir meilleur du côté de « Bako » qui veut dire en Bambara, langue nationale : l’autre rive, et l’autre rive c’est bien sûr la France.

Il s’appelle Mamoudou Gassama, il a risqué sa vie comme bon nombre d’autres migrants et s’est « retrouvé sans papiers » hébergé dans un foyer de Montreuil avec certainement la crainte de se voir refoulé à la frontière dans un futur proche.

Mais le samedi 26 mai, le hasard en a voulu autrement. Passant dans la rue Max Dormoy dans le 18 -ème arrondissement de Paris, le jeune homme a été témoin d’un drame en direct : un enfant pendu dans le vide du 3 -ème étage d’un immeuble, il est visiblement seul et une foule impuissante qui appelle au secours espérant pouvoir le récupérer en cas de chute….

De témoin, le Malien devient acteur, il gravit de façon incroyable, a la seule force des bras chacun des étages qui le sépare du petit garçon. Son exploit est suivi en direct par des millions de personnes sur la toile jusqu’au dénouement : le sauvetage de l’enfant mis a l’abri par son sauveur sur le balcon.

Celui que l’on surnomme instantanément Spiderman n’est pas forcément conscient de l’incroyable exploit qu’il vient d’accomplir et encore moins des conséquences heureuses : de paria, il va devenir héros d’un jour mais certainement héros pour toujours.
Hier l’incertitude des files d’attentes en préfecture de Bobigny s’est transformée en réception à l’Elysée face un Emmanuel Macron qui a salué sa bravoure et lui a promis ce qui était encore inimaginable la veille : une régularisation et un service civique chez les sapeurs-pompiers de Paris.

Certains esprits chagrins ont hurlé à la récupération. Peut-être, mais le président de la République lui a adressé un mot essentiel « Bravo ». Que peut-on dire d’autre face à des héros de l’ombre qui commettent le bien public avec leur tête, leurs bras, leurs jambes mais aussi leur cœur…. Rien d’autre sinon qu’encore Bravo….

 

Depuis le début du printemps, une certaine France a exprimé sa colère face à un pouvoir exécutif déterminé mais implacable : c’est celle du service public : les fonctionnaires, les cheminots, les agents hospitaliers, les contrôleurs aériens ou les travailleurs sociaux.
La raison de cette colère, on la connait c’est bien sûr la crainte de voir progressivement disparaître leurs acquis sociaux : changement de statut, privatisation imminente, diminution drastique des effectifs, gel des rémunérations, dégradation sensible de leurs conditions de travail.
Mais les 5.600.000 fonctionnaires ou assimilés, jugés trop nombreux par certains (les personnels du privé, le gouvernement, Bruxelles) ne veulent pas être les boucs émissaires d’un état incapable de réduire une dette publique qui grimpe toujours lentement mais sûrement.

L’interminable bras de fer entre le gouvernement et les cheminots demeure la lutte la plus emblématique du moment. Naguère les pouvoirs en place finissaient toujours par céder, aujourd’hui ce n’est plus le cas : le pouvoir ne peut pas reculer s’il veut mener à bien toutes ses réformes tandis que les organisations syndicales, CGT et FO en tête jouent leur survie et tentent de conserver ce qui constitue leurs « bastions » ….
« Les forces de gauche » qui s’étendent des trotskystes aux socio-libéraux, bien que très divisées, se sont invitées dans ce duel afin de pouvoir retrouver un « angle d’attaque » face à un Emmanuel Macron qui les a plongées dans un coma politique un peu longuet….

Mais le chef d’orchestre du conflit, c’est indéniablement Jean-Luc Mélenchon. Le leader de la France Insoumise a été requinqué par de récents sondages le présentant comme « le premier opposant » à Emmanuel Macron, loin devant sa rivale Marine Le Pen, toujours en convalescence depuis la présidentielle.
Après avoir échoué en novembre dernier sur la réforme du « code du travail », l’actuel Député des Bouches du Rhône qui confessait avoir été perdu la « première manche » face au jeune président de la République compte bien prendre sa revanche le 26 mai prochain en provoquant une « marée humaine de protestation » bien plus forte que « la fête à Macron » de son ami Ruffin qui ne serait selon lui qu’une fête de patronage à côté de l’électrochoc qu’il compte provoquer….

Va-t-il réussir son pari ? Rien n’est moins sûr : son indéniable talent de tribun et son excellente maitrise des outils de communication ne suffiront pas à faire vaciller le pouvoir en place car une autre grande partie de l’opinion ne se sent pas concernée par un combat, soit par indifférence, soit par l’impossibilité de protester.

D’ailleurs, Monsieur Mélenchon sera-t-il aussi là pour défendre les malheureux salariés d’une enseigne de la grande distribution condamnés à se retrouver très prochainement sur le carreau et qui n’auront que leurs yeux pour pleurer, les autres au moins ont la sécurité de l’emploi ?

Mai 1968.....


Trois jeunes musiciens grecs (Demis Roussos, Vangelis Papathanassiou, Lukas Sideras), déjà populaires dans leur pays avec leur groupe « Aphrodite’s Child » décident de fuir la dictature fasciste des Colonels et deviennent des saltimbanques « migrants » pour aller tenter leur chance en Angleterre (déjà), eldorado européen à l’époque.
Leur avion fait escale à Paris mais ils ne pourront jamais redécoller pour fait de grève (déjà). Pour compléter leur infortune, leur permis de séjour outre-manche leur est refusé.

Nos trois chevelus très « Flower power » poursuivent donc leur exil dans une capitale Française paralysée par une grève générale mais ne cessent pas pour autant de travailler. Ils font appel à un parolier débutant, Boris Bergman, (future plume de Bashung) qui leur compose très rapidement une chanson en Anglais (déjà, ça fait plus vendre), inspiré d’une scène de rue : un enterrement avec des gens qui pleurent et la pluie pour renforcer la tristesse du moment. Cela donnera « Rain and Tears ».

Ils cherchent à faire presser le disque mais toutes les usines ont débrayé. Alors ils auront recours au système D en dénichant une presse dans un garage de banlieue et pourront ainsi lancer la diffusion de leur chanson qui deviendra en Juin un tube planétaire.

Alors que l’on commémore en grandes pompes l’anniversaire de Mai 68 dont cet épisode est emblématique, la tentation de faire des parallèles entre deux périodes de contestation, l’une teintée hier de rebéllion populaire face à un vieux monde alors prospère (bien que les premiers symptômes du déclin apparaissaient) et teinté d’un conservatisme étouffant et une autre, celle d’aujourd’hui, entrée de plein fouet dans une mondialisation aux contours flous, qui procure autant d’angoisse que d’espoir reste en partie hasardeuse.

En effet, tout a changé depuis 50 ans : en 1968, trois dictatures sévissaient à nos portes (Espagne, Portugal, Grèce), le marché commun ne comptait que six membres, il n’y avait que 400 000 chômeurs en France et une croissance à 5 %.
Aujourd’hui, même si la majorité d’entre nous vit beaucoup mieux qu’à l’époque, la crise est passée par là, même si la révolution numérique porteuse de « big bang » des mentalités et d’une certaine façon de vivre, il n’en demeure pas moins que l’inquiétude de l’avenir reste présente comme il y a cinquante ans.

Mais on le sait, les « Success stories » (m … encore un anglicisme) sont transgénérationnelles et restent accessibles à tous. On peut soit « pleurer sous la pluie » soit « se retrousser les manches attendant le retour du soleil » ….

« Embrassons-nous, Folleville ! ».

Cela pouvait effectivement ressembler à un vaudeville de Labiche avec comme acteurs principaux : le dirigeant Nord-Coréen Kim Jong-Un et son homologue Sud-Coréen, Moon Jae-In et dans un rôle secondaire : le président américain Donald Trump.

La scène paraissait surréaliste : voir deux ennemis héréditaires se serrer la main : l’un à la tête d’un des pays les plus fermés du monde, héritier d’une dynastie communiste, l’autre fraîchement élu dans un état qui a connu un boom économique depuis une trentaine d’années jusqu’à devenir la treizième puissance économique mondiale.

Qui l’eut cru donc, au début de cette année à cette tentative de dégel entre deux pays qui sont toujours officiellement en état de guerre permanente depuis soixante-cinq ans, date de la fin présumée de la « guerre dite de Corée » qui a abouti à la partition du pays : au nord, un territoire qui compte aujourd’hui 25 millions d’habitants, soutenu par le régime de Pékin et au sud, un autre qui compte plus du double d’habitants et soutenu par les puissances occidentales.

Les provocations de Kim-Jong-Un menaçant de se servir de son arsenal nucléaire pour défier le géant américain et sa volonté de manger « tout cru » son frère ennemi du sud et les répliques cinglantes et sanglantes du président américain auront certainement permis à toutes les parties de revenir à la raison.
Ainsi on peut espérer que la « Guerre des Trois n’aura pas lieu ». Donald Trump, peu connu pour sa finesse diplomatique a pris tout le monde de court en proposant un sommet USA-Corée du Nord afin de calmer le jeu.
Cette action inattendue du « roi du tweet » fait de lui un potentiel Nobel de la paix et les affirmations apaisantes de Kim Jong-Un font apparaître ce dernier non plus comme (seulement) un dictateur impitoyable mais comme un fin stratège sur l’échiquier international.

Ce jeudi 27 avril, la rencontre des deux dirigeants Coréen en pleine « zone démilitarisée » (qui en fait est ultra-militarisée), zone de ligne de démarcation entre les deux nations qui constituent un même peuple et qui parle la même langue était riche de symboles prometteurs. Voir le leader communiste « passer » au sud puis son homologue (avec une once de réticence, tout de même) fouler pour la première fois le sol du « nord » est indéniablement un évènement historique.

Mais au-delà du symbole fort, quelle suite à donner à l’évènement et surtout quels sont les objectifs à atteindre : rester une simple rencontre, entamer une réconciliation durable ou s’orienter vers une réunification des deux pays, comme ce fut le cas avec des fortunes très contrastées (bel euphémisme) en Allemagne, au Vietnam ou encore au Yémen ?

Beaucoup de questions et surtout énormément d’inconnues : quid du coût d’une telle réunification ? et au profit de qui ? On sait bien que l’une des deux parties serait finalement absorbée par l’autre et pas forcément la plus forte économiquement.

Mais la situation actuelle, avec cette épée de Damoclès permanente qui frétille au-dessus des têtes des dirigeants de Pyongyang au Nord et de Séoul au sud laisse un sentiment de quadrature du cercle. Si de nombreux observateurs restent sceptiques sur les bonnes intentions de Kim Jong-Un et la volonté de Trump de faire bouger les lignes, il est toujours bon de jouer la carte de la « décrispation », c’est bien comme ça que le monde a considérablement évolué depuis les trente dernières années, en bien comme en mal, avec de la ruse ou de la sincérité mais avec la volonté sous-jacente d’éviter une probable guerre mondiale qui trouve souvent son origine dans des contrées vulnérables…

Depuis quelques temps, Manuel Valls, ancien premier ministre, redevenu simple député (apparenté La République en marche) de la 1 ère circonscription de l’Essonne (Evry-Corbeil Essonnes) refait parler de lui : d’abord il annonce sa rupture avec son épouse, la violoniste Anne Gravoin, puis son désir d’aller à la conquête de sa ville natale, Barcelone lors des prochaines élections municipales de mars prochain, en s’accordant cependant une période de réflexion.

Manuel Valls qui a été très présent dans la Péninsule Ibérique les précédents mois a été sollicité par Albert Rivera, le leader de « Ciudadanos » (Les Citoyens), parti de centre-droit, opposé à l’indépendance de la Catalogne et arrivé en tête lors des dernières élections générales en Catalogne mais qui est en panne de leader d’envergure, pour s’emparer de la deuxième ville d’Espagne au printemps 2018.

On connait actuellement le contexte catalan : il se trouve dans une forme d’impasse, avec indirectement une tutelle de Madrid imposée comme sanction au référendum illégal organisé l’an dernier mais avec des séparatistes qui ont remporté des élections voulues par le pouvoir central et dont certains sont en fuite ou derrière les barreaux.
Bref les échos d’un bordel ambiant…. Que diable irait donc faire notre ancien premier ministre dans cette galère ?

Galère ou résurrection pour l’intéressé ? Car Barcelone, deuxième ville d’Espagne, cité profondément européenne et multiculturelle pourrait trouver dans l’ancien chef de gouvernement un homme de défi, habitué à mener des combats difficiles mais doté d’une évidente ténacité … Il est indéniablement l’homme de la situation.

Et puis qu’a-t-il à perdre ? En fait pas grand-chose. Certains le disent actuellement en déshérence politique : divorce douloureux avec un PS qui l’avait fait roi, rejeté par l’actuel président de la république qui se méfie de lui, mal réélu lors des dernières législatives, il n’est plus le roi d’une ville : Evry qui l’avait propulsé au sommet. Le costume est trop étriqué pour lui, fini les lustres de Matignon, lui qui visait l’Elysée pour se retrouver à écouter les doléances de ses électeurs souvent remontés contre lui….

Detesté par une grande partie de la gauche, soutenu de façon encombrante par une partie de la droite, Manuel Valls en retournant à ses racines pourrait donc retrouver un deuxième souffle politique en mars prochain. Né dans la cité catalane sous le franquisme en 1962, y ayant passé une partie de son enfance puis naturalisé français à 20 ans, il serait pratiquement moins « parachuté » que lors de son élection à Evry en 2001 !

Quelles sont ses chances : l’homme a une stature nationale française, parfaitement bilingue voire trilingue, il pourrait constituer la parfaite interface entre le pouvoir madrilène et sa province la plus riche.Confirmer le particularisme catalan mais dans une Espagne unie et en partenariat avec l’Europe. Avec comme slogan : Catalan, oui! Espagnol,oui !

Pour conclure, un petit clin d’œil à l’histoire : c’est dans son actuelle circonscription, lors du premier traité de Corbeil en 1258, que la France avait renoncé à ses prétentions sur la Catalogne en échange de récupérer le Languedoc. Et si lui petit Français naturalisé décidait à sa façon de récupérer une parcelle de sa terre natale ?

« Si j’étais Président de la République
J’écrirais mes discours en vers et en musique
Et les jours de conseil on irait en pique-nique »

Comme le chantait le gentil Gérard Lenorman en 1980 mais pour l’actuel chef de l’Etat, Emmanuel Macron, le « job » n’est pas aussi idyllique.

Alors qu’il va fêter en mai prochain, le premier anniversaire de son accession au palais de l’Elysée, le plus jeune président que la France est connue se voit confronté aux dures réalités de l’exercice du pouvoir qui suscitent de vives critiques de la part de ses ennemis mais également de ses ex-amis.

A commencer par son prédécesseur et indéniable mentor, François Hollande qui ne s’est pas privé de fustiger la politique autoritaire et crypto-libérale de son dauphin félon (« tu quoque, filii !) lors son come-back télévisuel au journal de France 2.

Conscient que la « grogne » montait au fur et à mesure qu’il déployait sa frénétique batterie de réformes pourtant promises lors de la campagne, Emmanuel Macron s’est lui aussi invité sur les plateaux télé : notamment sur celui du fameux 13 heures de TF1 dirigé par l’indéboulonnable Jean-Pierre Pernaut (originaire de la Somme, comme lui).

Le lieu de l’entretien n’était pas anodin : dans une école primaire d’un village de l’Orne, symbole d’une France profonde et regardé par plus de six millions de téléspectateurs appartenant à un monde qui ne serait pas en grande majorité celui que prône le chef de l’Etat, porte-parole de la « France urbaine, éduquée et pleine d’avenir » comme le disent ses détracteurs…

Dans cette interview d’une heure, la plupart des grands sujets auront été abordés, aussi bien ceux qui fâchent (la colère des cheminots et des retraités, les risques de sélection chez les étudiants, etc…) que ceux qui séduisent (un président qui tient ses promesses, la reprise de l’économie, le renouvellement de la classe politique).

Quelle conclusion en tirer ? D’abord cet exercice était-il utile ? on serait tenté de répondre par l’affirmative car c’est le devoir de tout président français de distiller de la pédagogie certes dans un cadre formaté, avec un interlocuteur qui est plus connu pour ses talents de « localier » que de redoutable « interviewer », mais cela à au moins le mérite de faire sortir un court moment la tentation de « la tour d’ivoire » de tout gouvernant, taxé d’arrogance ou de déni des réalités du terrain….

Et enfin, c’est exercice a-t-il porté ses fruits ? : comme toujours, avec Emmanuel Macron, il subsiste un paradoxe constant : on apprécie son dynamisme, son indéniable puissance de travail et sa volonté de vouloir transformer les rouages parfois rouillés de notre beau et vieux pays, mais en « même temps » (dixit l’intéressé), certains critiquent avec virulence la méthode employée : une certaine brutalité, une volonté forcenée de dégager « l’ancien monde » pour le remplacer un « nouveau monde » dont les fondamentaux restent flous …..

« Et vogue la galère » c’est ce que sont dit de nombreux usagers fatalistes lors de cette première série de grèves « perlées » du rail qui risque de s’éterniser si le bras de fer entre d’un côté les Cheminots et leurs représentants syndicaux opposés à une réforme qu’il juge mortifère et de l’autre côté d’un gouvernement qui se veut inflexible ne trouve pas une issue à un conflit qui était prévisible mais inévitable….

A l’origine du conflit, c’est d’abord le refus du changement de statut des cheminots, notamment pour les futurs embauchés qui ne jouiront pas des mêmes privilèges que leurs aînés, puis c’est le changement de raison sociale d’une SNCF, née au lendemain du Front Populaire contrainte par les instances européennes de s’ouvrir à la concurrence et enfin c’est la tentative de résorption de la dette colossale de la vénérable entreprise publique accumulée depuis la nuit des temps….

« C’est se réformer ou bien mourir » clame à tue-tête un gouvernement qui continue à lancer de nombreuses réformes le plus vite et le plus tôt possible afin de pouvoir en constater les effets avant la fin du quinquennat.

S’il a habilement réussi lors de la réforme du marché du travail, la donne est là toute différente. La puissance syndicale divisée et groggy par la méthode Macron lors du précédent épisode peut se requinquer dans un secteur public qu’elle domine encore largement….

Les syndicats reprochent au pouvoir de vouloir chambouler les règles du dialogue social régi depuis le début de la cinquième république : celui d’une négociation entre les syndicats, représentant des salariés et la direction et (ou) le gouvernement afin de régler un conflit.

Les cheminots qui clament ne pas être les « privilégiés » que l’on dit et que l’on prendrait comme « bouc émissaire », pointés du doigt comme uniques responsables de tous les dysfonctionnements de leur entreprise : la mauvaise qualité de service, le surinvestissement dans les lignes rentables ou bien sûr la dette….

L’ensemble des organisations syndicales, qu’elles soient radicales ou bien réformistes font pour l’instant front commun car elles pensent que les « dés » sont pipés : un simulacre de dialogue social se déroule effectivement mais pour aller dans le sens que l’entend le gouvernement. Et la menace des « ordonnances » renforce ce sentiment….

Ce que dénie un pouvoir qui penserait représenter le nouveau « monde » ouvert vers plus de souplesse afin de répondre aux nouveaux défis de notre époque tandis que les syndicats seraient les archétypes d’un monde « ancien » arc-boutés sur ses privilèges et hostiles au changement synonyme de « casse sociale ».

Bref, un « langage de sourds » qui risque de n’avoir aucun vainqueur si une amorce de solution au problème n’intervient avant l’été : le risque de voir des usagers pénalisés, d’un gouvernement confronté aux dures réalités de la gestion quotidienne des affaires de l’état et des syndicats qui jouent leur survie sur le terrain, afin de ne pas décevoir une « base » inquiète n’arrangerait en rien un climat social déjà électrique qui voit poindre à l’horizon une certaine convergence de luttes (au sein de l’hôpital, de l’université, des éboueurs, etc…)

Le débat est pour l’instant technique, le manque de pédagogie ou le flou des mesures à prendre pour expliquer des réformes nécessaires dans un pays jugé « irréformable » doit s’orienter vers une stratégie du « donnant-donnant ». Pas celui d’une quelconque capitulation des uns ou de compensations en sous-main comme ce fut le cas dans le passé mais dans l’élaboration d’une solution moins clivante et plus satisfaisante pour les deux parties….

Les exemples de changement de statut des entreprises du rail dans les pays voisins (Allemagne, Italie, Royaume-Uni) déjà entamés il y plus de vingt ans et qui ont connu des fortunes diverses mais qui peuvent nous servir d’indicateurs sur les démarches à suivre ou à éviter
Sinon nous continuerons à déplorer ce qui est une constante du mal français : réformer mais dans la douleur.

e mercredi 28 mars 2018, la nation rend un hommage national émouvant à son héros, le colonel Arnaud Beltrame, 44 ans victime de la haine meurtrière d’un terroriste. Le président Emmanuel Macron a prononcé un éloge funèbre sobre mais non teinté d’une grande émotion.
Tout avait commencé le vendredi 23 mars à Carcassonne (Aude) où un malheureux automobiliste, Jean Mazières, fraîchement retraité, avait été la proie du terroriste qui lui avait volé son véhicule pour rejoindre le super U de Trèbes, à quelques kilomètres de là et où il commettra ensuite l’irréparable en abattant deux autres innocents, le chef-boucher Christian Medves et un client, Hervé Sosna qui avaient le malheur d’être là au mauvais endroit au mauvais moment…
Sans l’intervention du gendarme Arnaud Beltrame qui a fait le sacrifice de se substituer à une caissière prise en otage comme les autres clients et employés, le bilan aurait certainement été encore plus lourd. Durant trois heures, l’officier aura tenté de « négocier » avec son adversaire puis de le neutraliser : en vain….
Après l’intervention du GIGN, le terroriste sera abattu. S’agissait-il de l’acte barbare d’un loup solitaire ? L’enquête en cours nous le dira….
L’adage : « Ça n’arrive qu’aux autres et ailleurs que chez soi » est de nouveau contredit car la barbarie n’a pas d’endroit de prédilection : frapper « n’importe où » et surtout « n’importe quand » est plus vrai que jamais : au cœur d’une bourgade paisible de 5 600 habitants qui n’est pas prêt d’oublier ce cauchemar….
Le sacrifice du gendarme aura soulevé une grande émotion unanime et surtout une admiration pour un homme, certes formé pour gérer ce type de drame mais dont le courage nous interpelle. Quelques voix discordantes n’auront cependant pas tardé pour fustiger les failles du gouvernement en matière de lutte contre le terrorisme mais Emmanuel Macron n’aura pas tardé à faire taire des polémiques qu’il juge stériles voire simplistes…
C’est avec une certaine émotion qu’on apprend qu’Arnaud Beltrame était né à Etampes, il avait grandi dans notre sud Essonne, fils d’infirmiers à Barthélemy Durand. Sa mère qui confessait n’avoir pas été surprise de l’acte de bravoure de son fils.
Major de l’interarmes de Saint Cyr Coëtquidan et de l’école de Gendarmerie de Melun puis diplômé en intelligence économique à Versailles : le Colonel Beltrame avait une tête bien faite, un courage exceptionnel, un caractère forgé par les notions de devoir, de résistance face à l’adversité : un meneur d’hommes, un chef qui doit mettre en avant une exemplarité sans faille.
La France salue donc un héros authentique qui aurait certainement dit « je n’ai fait que mon devoir ».
Dans son éloge funèbre, le président Macron, conscient de cette journée d’unité nationale ne doit pas nous faire oublier que l’ennemi invisible qui nous menace est loin d’être éradiqué malgré les mesures mises en place.
Son message à l’attention d’une certaine jeunesse égarée et tentée par les chemins qui mènent à la haine et à l’obscurantisme est une voie sans issue et que seules les valeurs de tolérance et de respect d’autrui, socle de la France éternelle sont le chemin à suivre. …….

Ainsi, Vladimir Vladimirovitch Poutine, 65 ans a réussi son pari : être réélu dès le 1 er tour à la présidence de la fédération de Russie pour 6 ans mais cela ne constitue pas une grande surprise.

S’agit-il d’une véritable élection ou plutôt d’un indéniable plébiscite ? La question reste posée. En tout cas, l’enfant de Léningrad issu d’un milieu modeste que rien ne prédisposait à une telle ascension peut savourer sa victoire et constater le chemin parcouru…
Il obtient 76 % des suffrages, loin devant le second le communiste Grodinine (12%) et le troisième, le nationaliste Jirinovski (6 %) pour un taux de participation relativement élevé : 67 %.
L’absence pour cause d’inéligibilité de son plus farouche adversaire, Alexandre Navalny, pourfendeur acharné du « système Poutine » qu’il qualifie « d’escroc et de voleur » a permis l’ampleur du score mais dans le cas contraire n’aurait tout de même pas permis de « renverser » l’homme fort du Kremlin, loin de là….
Depuis 2000, l’ancien officier du KGB à tissé sa toile lentement mais sûrement sur l’immense Russie, le plus grand pays du monde, qui s’étend de la Baltique à Vladivostok, avec plusieurs fuseaux horaires.
Héritier d’un système déliquescent, miné par la corruption et la volonté de rattraper le temps perdu face à l’occident, son régime a les apparences d’une démocratie : rendez-vous électoral régulier, autorisation du multipartisme, presse libre et liberté d’expression, limite des mandats présidentiels, mais en réalité seulement « les apparences : certains observateurs l’ont accusé hier, preuves à l’appui d’avoir bourré « les urnes » dans de nombreux bureaux de vote, certains opposants sont écartés du débat, seul le pouvoir a accès aux grands médias qu’il contrôle, des minorités sont montrées du doigt et persécutées, l’émergence d’un état policier est de plus en plus sensible…
Vladimir Poutine s’est fait « l’architecte » de ce qu’il appelle « la Verticale du Pouvoir » : il tente de tout contrôler pour mieux affirmer son autorité. Il se veut le garant du retour de la Russie sur la scène internationale, de la renaissance d’un sentiment de fierté et d’être le « poil à gratter » d’un occident arrogant et dominateur qui n’avait cessé de le rabaisser voire de l’humilier depuis la fin du bloc soviétique….
Cela peut expliquer sa grande popularité au cœur de sa population mais ne doit pas lui faire oublier que la Russie reste un pays très fragile économiquement et que le sentiment de grogne, notamment chez les jeunes reste un problème épineux que l’homme fort du Kremlin que certains disaient lassé du pouvoir, devra prendre en compte.
« Il faut se mettre au travail » clamait-il hier soir et mener un combat qui risque d’être difficile car plus complexe à réussir que celui mené diplomatiquement. Le judoka Poutine, rusé et tacticien devra mener un combat sans faille et se souvenir que ce n’est pas seulement l’éveil des nationalités qui avait fait s’écrouler le régime soviétique mais aussi les carences criantes d’un système politique et économique dépassé …

On la pensait prête à raccrocher les gants à la suite d’un combat politique qui lui avait été fatal lors de la présidentielle de 2017.

Les épisodes suivants n’avaient guère été plus glorieux : départ de son « penseur » Florian Philippot, de sa nièce Marion (pour mieux revenir ?), d’une poignée de députés condamnés à jouer de la figuration faute de groupe politique, d’une succession d’affaires d’emplois fictifs, de clôture de comptes bancaires sans oublier la brouille avec son géniteur, le toujours remuant nonagénaire Jean-Marie….

C’était bien sous-estimer Marion Anne Perrine Le Pen, dite Marine, présidente du Front National depuis 2011 qui est partisane de la stratégie du rebond. L’adage est bien connu : pour réussir dans la vie, il faut d’abord rater. Ce qui permet par la suite de savourer le chemin parcouru….

Certes, Marine Le Pen, 50 ans n’est pas complètement au bord du gouffre : son échec à la présidentielle n’a pas été aussi cuisant que celui de son père en 2002, la fille aujourd’hui « répudiée » a tout de même attiré plus de 11 millions d’électeurs, ce n’est pas rien, cela constitue même un socle électoral conséquent….

Mais on sait que ce débat raté face à un Macron dominateur a montré en pleine lumière, les nombreuses lacunes qu’elle avait jusqu’à présent camouflées sous forme de slogans ravageurs à l’encontre de ses adversaires, du système économico-financier ou de l’Europe, porteuse de tous les maux de notre douce France.

Son « conseiller « Florian Philippot l’avait amené vers la voie de la « dédiabolisation » d’un parti marqué par les outrances de son co-fondateur et sa volonté de rester un « parti » de contestation…avec comme cheval de bataille : la sortie de l’Euro et même une tentative de Frexit, l’antimondialisme, le retour des frontières. En bref, des thèmes porteurs pour des électeurs en déshérence mais dont la réalisation serait lourde de conséquences.

Mais du passé, faisons table rase, diront certains. L’organisation du congrès de Lille était de tout remettre à plat tous les rouages d’un parti qui revendique 50 000 membres mais dont le départ de bon nombre d’élus déboussolés par un manque criant de perspectives obligeait à un changement de cap impératif…

L’idée de changer de nom est-elle opportune ? C’est vrai le terme Front National, fondé en 1972, par le leader d’Occident, Alain Robert et l’ex Député Jean-Marie Le Pen fait toujours peur. D’abord créé pour lutter contre l’anticommunisme, valeur montante dans l’Europe de ces années-là, il s’était transformé en mouvement très clivant : ultra libéral, xénophobe voire raciste et bien sûr anti-européen…. Alors pour quel nom ? : « Les Nationaux » avait été évoqué puis finalement « Rassemblement National », avec l’idée sous-jacente de « rassembler » au-delà de sa famille traditionnelle, car on sait que pour gagner il faut s’allier avec autrui….

Mais le terme « Rassemblement national » est une marque déposée par une association de droite qui s’est opposée farouchement à la volonté Frontiste d’usurper son nom… Sans oublier que l’appellation avait déjà été utilisée lors des législatives de 1986 (qui comprenait le FN et le CNI) et qui avait envoyé 35 députés au Palais-Bourbon !

Marine Le Pen, à la tête d’une PME familiale, en a profité pour se faire réélire à la tête du mouvement (elle n’avait pas d’adversaires), de supprimer le poste de Président d’Honneur pour ponctuer un deuxième parricide et de retrouver tous les fondamentaux du toujours « Front » afin de reconquérir les déçus tentés de rejoindre les Patriotes, l’aile dure des Républicains ou pourquoi pas tous les autres déçus venus d’En Marche ou ceux de la France Insoumise et de prendre alors le train en marche des Populistes qui font actuellement recette en Europe….

C’est ce que titraient les journaux Italiens ce lundi 5 mars, on évitera de traduire ce constat du résultat des élections législatives et sénatoriales dans la Péninsule.

L’issue de ce scrutin était redoutée mais prévisible et la relative forte participation (70%) n’a fait qu’amplifier le sentiment d’un pays inquiet, nostalgique d’une ère économique prospère balayée en partie par la crise de 2008 (dette publique, chômage des jeunes endémique, disparités entre les différentes régions) et submergé par un flux migratoire trop dense et trop lourd à gérer seul…..

A l’instar de ses voisins, l’Italie est lassée des partis traditionnels qui ne font plus rêver et se laisse ainsi tenter par le discours aux accents xénophobes et anti-européens des mouvements populistes qui promettent d’opérer le « dégagisme » d’un système politique rouillé et voué à rejoindre les oubliettes de l’histoire.

La « percée » du mouvement cinq étoiles fondé par le saltimbanque Beppe Grillo et dirigé par le jeune di Maio, 31 ans, sorti de nulle part confirme son ancrage antisystème, anti parti et devient donc le paradoxalement le premier « parti » d’Italie avec 32 % des voix.

Suivi de très près par un attelage improbable droite /extrême droite dirigé par le nationaliste Matteo Salvini, député européen de 45 ans, « ami » de Marine le Pen » et qui a eu l’habileté de rebaptiser l’ex Ligue du Nord, jugée trop régionale en Ligue tout court pour lui donner une texture nationale.

Il s’est trouvé un allié incontournable pour sa coalition en la personne de Silvio Berlusconi, 81 ans, devenu inéligible mais qui aura été cependant très présent durant la campagne avec son mouvement « Forza Italia » qui naguère l’avait porté au pouvoir, sonnant le glas à l’époque du traditionnel duel Démocratie Chrétienne/Parti Communiste qui composait la vie politique de la Péninsule depuis 1945…

En ajoutant les 5 % des frères d’Italie, groupuscule réactionnaire, la coalition des droites obtient 37 % des suffrages mais arithmétiquement cela ne suffit pas à faire une majorité d’autant que ladite coalition est des plus hétéroclites.

En fait, le « Cavalliere » vieillissant a échoué dans sa tentative de revenir aux premières loges avec ses 17 % et pourrait bien repartir définitivement à la retraite.

Il est en fait le grand perdant de ses élections avec le Parti Démocrate (19%) actuellement au pouvoir, dirigé par l’ancien Président du Conseil , Matteo Renzi , celui que l’on surnommait le Macron Italien et qui connait un revers électoral cuisant qui l’a poussé à la démission. Mais sera-t-il pour autant hors-jeu ?

Car le système électoral Italien, dont la complexité ne permet pas de dégager des majorités claires obligera à des combinaisons politiques très proches de l’usine à gaz…. Les vainqueurs présumés de dimanche soir ne seront peut-être pas aux manettes….
Cela nous rappelle quelque peu les heures sombres de notre Quatrième République, marquée par une instabilité politique chronique et une incertitude permanente ….

Le président de la République, Sergio Mattarella, connu pour sa sagesse et sa modération sera au cœur du choix du futur président du Conseil, les consultations pouvant durer en moyenne deux mois, les « affaires courantes » continueront malgré tout d’être traitées par l’actuelle équipe en place ….

Mais cette confusion politique n’est pas spécifique à la seule Italie, elle touche ses voisins tel l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique ou encore les pays d’Europe Centrale, souvent marqués par l’épineuse question migratoire, la reprise économique tant proclamée par les experts économiques mais dont les effets ne sont pas forcément palpables pour tous.

Outre-Rhin, la difficulté de la Chancelière Merkel a composer un gouvernement de coalition montre bien que rien n’est acquis : naguère considérée comme la « patronne d’une Europe triomphante, Angela Merkel doit aujourd’hui faire face à la poussée de fièvre extrémiste qui refuse ses choix économiques et politiques….

L’Allemagne et L’Italie, puissances industrielles et exportatrices au cœur de l’union européenne sont des nations vieillissantes (l’inquiétant déficit démographique continue à se creuser inexorablement), la notion d’état unifié tardif date du XIX e siècle, laissant réapparaître un sentiment régionaliste prédominant face à un état central répondant aux diktats de Bruxelles qui peuvent mener à une volonté séparatiste (Catalogne, Flandre, Nord de l’Italie) et les maux que cela comporte : repli sur soi, xénophobie, anti-islamisme, etc….

L’idée européenne, née en 1957 prônait le contraire mais l’Europe du « Marché Commun » n’existe plus, avec une Europe élargie et inégale, doublée d’une mondialisation qui avance à un rythme frénétique et donc les effets négatifs prennent le pas (pour l’instant) sur les effets positifs, c’est du moins le ressenti des électeurs européens inquiets, en témoignent cette volonté de dégagisme ou d’abstentionnisme endémique…

 

 

La période que nous vivons actuellement n’est pas rude qu’au niveau climatique : alors que la France grelotte, pestant contre un hiver qui n’en finit pas, on peut voir poindre à l’horizon un printemps agité au niveau social.

Lors du salon de l’agriculture qui se tient actuellement Porte de Versailles, le monde paysan a poussé un grand coup de gueule à l’évocation de sujets qui fâchent : citons par exemple, les actuels pourparlers de libre-échange commercial avec les pays de l’hémisphère sud et du Mercosur ou encore l’abandon à court terme de l’herbicide glyphosate et surtout le sentiment de lente agonie de ce monde agricole provoqué par des règlements européens trop rigides.

Une bronca dans l’arène verte aussitôt relayée par les rumeurs d’une révolution de palais au cœur de la maison SNCF dont certains esprits voient déjà sonner le glas d’une époque bénie dont l’origine remonte bien avant le Front Populaire : la fin du statut de cheminot pour les futurs embauchés, l’éventuelle fermeture des lignes secondaires non rentables ou tout simplement l’évolution de l’EPIC en société nationale pour tenter de résorber une dette abyssale, ce qui entamerait de façon déguisée sa privatisation lente….

Difficile de distinguer le vrai du faux dans ces craintes mais indéniablement un dénominateur commun dans les deux cas : l’angoisse.
L’angoisse pour un monde agricole dont un nombre croissant de ses ouailles vit chichement, s’endette toujours plus pour finalement se résigner à aller voir une herbe moins verte au cœur des nouvelles oasis que constituent les « métropoles », l’angoisse toujours pour une corporation cheminote, hantée par une culture d’entreprise sculptée dans le marbre mais voyant ses privilèges risquer de fondre comme neige au soleil……

Outre l’Europe, les prédateurs politiques ou encore les spéculateurs financiers, d’autres verront comme adversaire à combattre : Emmanuel Macron, président de la République qui avait promis lors de la campagne présidentielle de réformer le monde agricole et la vénérable institution ferroviaire.

On sait que ces velléités politiques restent sempiternellement, même s’ils sont approuvés par une certaine opinion publique, des sujets sensibles risquant de hérisser le poil des organisations syndicales qui voient dans le chef de l’état le pur produit d’une élite arrogante, plus proche de la « France qui gagne que de celle qui « perd » cette dernière étant en passe de supplanter la première…

La méthode du tandem Macron-Philippe repose sur l’instauration d’une négociation s’étendant sur une période assez longue pour tenter de trouver un compromis équitable afin de satisfaire les deux parties dans ce qui constitue un véritable changement en matière de dialogue social.

Les adversaires politiques du chef de l’état rétorqueront qu’il s’agit plutôt d’un véritable « marché de dupe « relevant plus de l’accord unilatéral : on discute certes mais au final on adoube les décisions préconisées par le pouvoir en place.

La volonté de passer par ordonnance afin de ne pas s’enliser dans une crise durable permettrait au gouvernement de mener à bien son projet de « transformation » d’un pays jugé souvent non réformable.

La crainte de voir un conflit bloquant le pays comme en 1995 pour finalement capituler anéantirait l’espoir d’une « nouvelle façon » de faire de la politique mais ne rien céder, rester sourd aux revendications des partenaires sociaux constituerait pour beaucoup un déni de démocratie.

La marge de manœuvre est délicate et pour que chacun y trouve son compte, la pédagogie, la concession sur certains points d’une réforme dont les contours sont pour l’instant encore flous resteront les éléments à prendre en considération.

Chacun des acteurs a tout à y gagner : les partenaires sociaux pour apparaitre plus pragmatiques qu’opposants irréductibles à tout changement, le gouvernement pour éviter d’une perte de confiance d’une opinion susceptible de sanctionner dans les urnes...

Quatorze centimètres ! Soit une pointe de spatule d’avance sur la ligne d’arrivée aura suffi à Martin Fourcade pour être sacré de nouveau Champion Olympique à Pyeongchang (Corée du Sud).

Une victoire à l’arrachée face au redoutable adversaire Allemand mais une victoire quand même qui permet également de dépasser le record du roi Killy : quatre médailles contre trois au héros des JO de Grenoble (1968).

Le biathlète catalan de 29 ans, formé à Font-Romeu et résidant à présent sur l’emblématique Plateau du Vercors, au-delà d’un palmarès hors-normes : six médailles olympiques depuis le début de sa carrière en 2009, onze titres de champion du monde et six victoires en coupe du monde garde toutefois la tête froide.

Toujours en proie au doute, voire au mauvais sort (il avait échoué à Sotchi dans les mêmes conditions qui cette fois lui auront réussies), Martin Fourcade sait gérer un mental d’acier.

On le sait, c’est la marque de fabrique des champions d’exception : une dose d’humilité, une constante concentration sur la course, le réflexe d’une correction rapide des faiblesses et bien sûr un respect infaillible de l’adversaire.

D’ailleurs, c’est bien l’état d’esprit de toute cette équipe de France qui nous a déjà ramené plus de 10 médailles et qui voit d’ailleurs en Fourcade « le patron », le « taulier » incontesté de ces jeux.

La culture de la gagne avec parfois du doute et de la souffrance souffle sur la maison France balayée par les vents de Corée, avec parfois des désillusions, des malchances et occasionellement d’insolents coups de chance.

Mais après tout, n’est-ce pas l’exact contraire d’un sport-business qui crache des millions pour un résultat au sommet désespérant vierge ? Suivez mon regard….

« Tombe la neige, tu resteras bloqué ce soir », c’est ce qui est arrivé à bon nombre d’automobilistes ce mardi 6 février 2018 sur la fameuse Route Nationale 118 entre le Pont de Sèvres et l’Echangeur des Ulis (Essonne)… Tout comme en 2010, date du précédent épisode neigeux notable, l’histoire s’est répétée, avec les mêmes causes et surtout les mêmes effets….

On a pu compatir à la solitude de l’automobiliste au cœur de la nuit (dont faisait partie l’auteur de ces lignes, ndlr). Et surtout en conclure qu’au cœur d’un XXI e siècle déjà bien entamé, les éléments naturels continuent à défier le genre humain décidément toujours vulnérable….

En effet, une neige tombant de façon incessante, des routes devenues impraticables et glissantes, provoquant des embouteillages « monstres » sur une toute petite partie d’un territoire devenu inhospitalier auront été visionnés en boucle sur les télévisions et autre média…

Des voitures abandonnées, des piétons errant dans la nuit, des chasse-neiges bloqués, des gendarmes et policiers souvent absents, des pompiers débordés auront été également les acteurs de ce mauvais feuilleton hivernal….

Le plateau de Saclay, future « Silicon Valley » française bien loin de la californienne était coupé du monde civilisé comme le sont souvent certaines stations scientifiques de l’antarctique ……

Dans un pays et à une époque dans laquelle on aime bien trouver des boucs émissaires, de multiples raisons sont à l’origine d’avoir contraint plus de 2000 automobilistes à passer une nuit glaciale, sans réelle assistance ni information et ce, à quelques dix kilomètres de la capitale, pas au cœur de l’Alaska….

Cela provoquant ainsi la risée de nos cousins du Québec : « ah, ces maudits français qui restent bloqués pour quelques centimètres de neige ! »

La faute à qui ? à Météo France ? non, de multiples bulletins d’alerte commentant l’importance de l’évènement avait été relayés dès la fin de la semaine précédente…

Aux automobilistes Franciliens qui sont trop mal équipés (pas de chaînes ni de pneus-neige) pour ce genre de problèmes, certainement, mais l’Ile de France n’est pas une région alpine ?

Aux autorités ? A la préfecture des Hauts de Seine qui a fermé la N118 du Pont de Sèvres à Vélizy, prenant en otages des automobilistes, sous prétexte du principe de précaution ? Aux différentes administrations qui gèrent le réseau routier qui n’ont pas assez anticipé, aux Départements ou encore aux mairies qui souvent se renvoient la balle au cœur de ce magma technico-administratif que l’on peine à fédérer ?

Peut-être finalement à un état d’esprit français qui fait notre charme mais aussi parfois notre faiblesse : les problèmes liés au climat n’arrivent qu’aux autres ou n’interviennent qu’une fois tous les dix ans, alors pourquoi investir pour éviter les rechutes ?

Tant pis pour « les sinistrés », ils pourront ainsi se remémorer cet épisode nocturne dans quelques années. En quelque sorte leur « Retraite de Russie » ….

 

  

En ce début d’année, le chef cuistot Macron, épaulé par son assistant Philippe est en quête de trouver une recette « miracle » dont les ingrédients ne sont pas toujours digestes pour le gastronome lambda du restaurant France.

Depuis bien longtemps déjà, la marmite bout dans la cuisine gouvernementale. Et parfois, l’odeur du plat a un sérieux goût de réchauffé. Si l’on soulève le couvercle, on découvre une mixture pas forcement infâme mais parfois compliquée à « relever ».

Allez, mettons de côté, ce préambule métaphorique pour évoquer les difficultés que renferment la marmite dont le dénominateur commun est qu’elles sont issues de feux mal éteints…

Citons l’interminable feuilleton de Notre-Dame des Landes commencé dans les années 60, la grogne des gardiens de prison, « mal aimés de la république » en proie à l’insécurité d’une population carcérale parfois violente, le malaise dans les EHPAD où le personnel craint avec la redéfinition des postes budgétaires le risque de mener leur mission quotidienne avec toujours moins de personnel face à une population vieillissante en constante évolution.

La marmite commence à déborder avec la colère des élus locaux face aux réformes territoriales en cours : statuts, taxe d’habitation, abandons de projets ambitieux (aéroport, expo universelle, etc…)

N’oublions pas non plus la volonté récente du gouvernement de réduire le nombre de fonctionnaires à moyen terme afin de modifier un statut jugé anachronique et se devant de s’aligner sur celui du privé…

Mais toutes ces tentatives ne sont pas neuves : il s’agit de faire des économies, de dégripper des structures sclérosées et surtout répondre aux critères de la maison Europe en matière de régulation des dépenses publiques……

On le sait, en France, on ne réforme pas, on tente de transformer par saupoudrage de « réformettes » afin de ne froisser personne sinon il une levée de boucliers se lève au cœur d’un village gaulois.

L’actuel gouvernement bénéficie toujours, malgré cette grogne frémissante, d’un relatif soutien populaire et surtout d’une opposition trop divisée ou mal en point pour s’imposer une force de contre-pouvoir.

Le pragmatisme utilisé quotidiennement par l’exécutif quant à la résolution de ces problèmes semble lui porter chance ou bien est-ce tout simplement grâce une opinion publique blasée ou fataliste ?

Mais il est clair que s’il s’agit de la chance, elle doit toujours se travailler et qu’elle demeurera si les résultats sont au rendez-vous….

« Non, non, rien n’a changé : tout a continué » comme disait la chanson.
Non, rien n’a changé dans le monde arabe depuis l’éclosion des mouvements de révoltes à des régimes dictatoriaux, que ce soit en Tunisie ou en Egypte. Ce que l’on a surnommé le « printemps arabe » donne l’effet d’une bulle de savon…. Elle prend son envol prometteur pour éclater subitement.
Des signes avant-coureurs étaient apparus avant 2010 avec des mouvements de protestations en Algérie ou au Maroc concernant surtout la hausse des prix sur les denrées alimentaires et sur le coût de la vie.
Mais c’est une tragédie qui avait déclenché ce formidable mouvement de révolte à travers le Maghreb : l’immolation par le feu d’un étudiant tunisien reconverti en marchand des quatre saisons, désespéré de ne pouvoir continuer son activité.
Le ras-le-bol d’une population bridée par des régimes dictatoriaux, iniques, brutaux, hermétiques au dialogue et s’étant enrichis ignominieusement aux dépens du peuple.
Une volonté de « dégagisme » notamment en Egypte et en Tunisie s’était déclenchée par le biais de manifestations répétées, bravant la réplique brutale des forces de l’ordre.
Les sit-in organisés au cœur des villes avaient été montrés en boucle sur toutes les télévisions du monde et la volonté des manifestants d’employer une méthode non violente mais avec pour seule arme les outils modernes de communication (Internet, téléphone mobile, le satellite) qui peuvent s’avérer plus efficace qu’un arsenal utilisé pour une guérilla urbaine
Au final, les autorités avaient été de se mettre en position d’accepter de dialoguer et d’apporter des solutions aux requêtes populaires : plus de démocratie, un meilleur partage des richesses pour de meilleures conditions de vie. En vain.
Les différents mouvements auront eu raison des dictateurs en place, mis à part en Syrie avec les résultats sanglants que l’on connait ou encore en Libye, ou le chaos et les rivalités claniques ont refait leur apparition
Mais ailleurs en Egypte ou en Tunisie, un processus démocratique s’était engagé mais avec un retour de bâton assez violent mais pour des raisons différentes.
Dans le pays des Pharaons, les urnes ont parlé en faveur des islamistes, dont beaucoup émanaient des frères musulmans que les militaires au pouvoir avaient naguère muselés. Une gestion approximative des intérêts économiques de la région (généreusement épaulé par le grand frère américain) et la crainte de l’inexorable essor de l’Etat Islamique.
La succession d’attentats qui ont ruiné un tourisme jadis florissant auront eu raison du président élu : destitué par les militaires qui ont repris le pouvoir, en le transformant de nouveau en pouvoir autoritaire. La boucle était bouclée.
En Tunisie, la donne est toute autre : le despote Ben Ali chassé du pouvoir (comme lui-même l’avait fait vingt ans plus tôt avec le sénile Bourguiba), l’espoir était considérable : la volonté de rapidement retrouver les libertés démocratiques et publiques et surtout permettre à une population avide de pouvoir prétendre à un avenir meilleur.
Le processus démocratique s’est bien déclenché avec des élections démocratiques, mais les différents attentats terroristes (dont celui du Bardo à Tunis) ont ruiné une des forces de frappe du pays : le tourisme low coast pour européens. La hausse vertigineuse des prix et la poussée d’un chômage de masse sont à l’origine des mouvements de protestations qui ne cessent de se développer.
Le pouvoir ne réagit pas aussi brutalement que le précédent mais se révèle impuissant à apporter des solutions à une population, souvent très jeune qui est alimentée par un désespoir latent. La roue de secours demeure toujours l’Occident mais qui parfois peut se révéler être un mirage…. Ailleurs, l’herbe n’est pas toujours plus verte, c’est bien connu……

C’est sûr, c’est certain : cette année 2018 sera indéniablement l’année de tous les chantiers à mettre en œuvre dans une France qui s’est toujours voulue réformiste à condition de…ne pas changer en profondeur.

Ce paradoxe qui hante la conscience collective hexagonale a bien été capté par celui qui restera l’homme de l’année 2017 : Emmanuel Macron, devenu président de la République à 39 ans et surtout autoproclamé maître d’œuvre du « nouveau monde ».

Beaucoup n’y croyaient pas à l’irrésistible ascension de ce jeune homme pressé et encore moins à sa capacité de (presque) porter le « coup de grâce » à un ordre établi, celui que l’on appellera « l’ancien monde » : pour être plus clair, un système politique et socio-économique qui avait été porté sur les fonts baptismaux de la Vème République en 1958…

Très vite rentré dans les habits présidentiels, l’ancien ministre des finances a engendré également un mouvement politique, « La République en Marche » qui n’existait pas il y a moins de deux ans pour finalement se doter d’une confortable majorité novice et insolite sur les bancs de l’Hémicycle….

Son gouvernement, composé de membres qui naguère se combattaient suscite autant de sentiments contradictoires : qui vont de l’admiration à l’agacement, via la timide approbation ou encore le dépit de la part d’adversaires victimes de ce tsunami électoral et qui peinent à reprendre des couleurs….

Un président qui a surtout compris que ce pays ne se reformerait pas mais plutôt serait condamné à se transformer en profondeur.

Son imparable leitmotiv « je fais ce que j’avais promis » désarçonne sensiblement une opinion publique qui a trop longtemps fustigé le fameux adage « les promesses n’engagent que ceux qui les croient »

Emmanuel Macron a la baraka pour l’instant : redevenu populaire après un décrochage de quelques semaines, doit cependant continuer à ausculter et tâter le pou d’un peuple français toujours en quête d’une poussée de fièvre…

Car une opposition anesthésiée voire maraboutée risque cependant de reprendre des couleurs tant les dossiers sensibles mis en avant par l’exécutif risquent de faire chauffer les esprits….

Citons par exemple, la loi Logement (qui avait déjà fait grincer des dents lors de la diminution de l’APL), un nouveau plan pour la croissance des entreprises, l’idée d’un leadership de la France au cœur de la maison Européenne ou encore la réforme des institutions sont autant de dossiers qui nécessite une certaine maestria avec des ingrédients pas toujours compatibles : analyse, négociation, fermeté….

 

L’idée de faire passer les premières mesures avec ordonnance mais à la suite de longues discussions avec les partenaires sociaux est à mettre à l’actif de l’actuel exécutif qui a su éviter le piège dans lequel était tombé le précédent président et qui lui aura été fatal.

Emmanuel Macron est un joueur d’échec : il sait anticiper les coups : il sait que le contrôle des chômeurs, qu’améliorer enfin la formation professionnelle, l’épineuse fusion des régimes de retraite ou la laïcité sont autant de sujets qui fâchent et qu’un flou des remèdes à leur apporter pourrait lui être fatal….

C’est aussi un joueur de Poker avisé : il ne dévoile pas son jeu complètement, sachant que certains sujets périlleux tels Notre Dame des Landes, la question Corse ou encore le référendum en Nouvelle Calédonie sont autant de châteaux de cartes qui peuvent s’écrouler brutalement s’ils reposent sur un sol mouvant…

Le chef de chantier de la « nouvelle maison France » sait que son cahier des charges est très abondant, que la maitrise du gros-œuvre à accomplir est la « clé de voute » de son édifice quinquennal.

En cas de réussite, cette année 2018 serait l’an I d’une transformation tant souhaitée mais jamais réalisée.
En cas d’échec, elle constituerait alors l’année de tous les dangers : la remontada d’une opposition prête à cogner (Wauquiez, Mélenchon, les nouveaux socialistes) voire celle qui ouvre la porte à toutes les dérives et à tous les populismes qui hantent les mauvaises consciences européennes….