SORDIDE HISTOIRE DE CULTE

 

L’église Catholique connait indéniablement depuis quelques années une crise de défiance auprès de l’opinion publique due en grande partie à la suite des récentes histoires de pédophilie qui ont secoué le clergé et qui n’ont rien arranger pour tenter de redorer un blason qui à chaque nouveau fait délictueux révélé par les médias provoquant l’inverse : la consternation du grand public et un début de doute palpable au sein même de la communauté catholique….

 

La France, qui fut jadis considérée comme la « fille aînée de l’église » s’est éloignée au fil du temps d’une institution religieuse qui pourtant domina longtemps la vie sociale, culturelle et politique de notre pays.

Hormis, ces épisodes de déviation sexuelle provoqués par une minorité de nos ministres du culte, il faut remonter au début du XXe siècle pour voir s’amorcer un lent mais inexorable déclin du fait religieux dans notre pays, notamment en 1905 lorsqu’il y eut séparation de l’église et de l’Etat, qui fit de la France Chrétienne, un état « laïc et républicain » sans pour autant abolir la liberté de pratique du culte mais pour les plus ferveurs catholiques le mal était fait et l’église dominante ne put que déplorer le début de sa perte d’influence sur la société.

 

Mais réduire ce déclin à cette seule épisode de la séparation de l’église et de l’état serait réducteur, car d’autres facteurs sont à prendre en compte : nos pays européens, traversés par deux guerres mondiales auront connu de grands bouleversements sociologiques, économiques et politiques : ruinés en 1945, les futurs pays fondateurs de l’Europe ont vu leur population meurtrie par des conflits tragiques ont paradoxalement relevé la tête et prendre la tête des grandes puissances économiques mondiales : une croissance économique soutenue, un enrichissement de la population, un accès au confort et à la culture et bien sûr une évolution des mœurs auront bouleversé la donne : la France, notamment, ancien pays largement dominé par le monde rural s’est peu à peu urbanisé et l’église n’est plus restée le centre de gravité des territoires.

 

Paradoxalement, certains ecclésiastiques se sont lancés dans l’action politique, citons les plus célèbres : l’incontournable abbé Pierre, élu député de Meurthe et Moselle et bien sûr le truculent Chanoine Kir, qui fut l’indéboulonnable Député-Maire de Dijon. Jusque dans les années 70, il était possible de mener mutuellement une vie dédiée à Dieu et à la république jusqu’à ce que l’on décide de revenir aux fondamentaux, c’est-à-dire l’activité pastorale sur le terrain comme celle du curé de campagne, sans forcément s’identifier à celui de Bernanos….

Le bon curé de campagne, directeur des consciences qui sermonnait ses paroissiens le dimanche a progressivement disparu, faute de paroissiens et plus grave, faute de vocations sacerdotales. Il est vrai que mener une vie d’ecclésiastique avec vœu de célibat (mais pas forcément de chasteté, contrairement aux idées reçues) dans un monde ou les tentations sont grandes n’est plus forcément « la voie royale » de naguère, le « serviteur de dieu » n’était plus un notable à l’instar de l’instituteur ou de l’officier de garnison….

Même si les institutions religieuses continuent de jouer de leur influence dans certaines régions (l’Ouest de la France, notamment), il est clair que les années 50-60 vont sonner procéder à la lente agonie d’un clergé qui joue de moins son rôle d’animateur social. La pratique religieuse va chuter de façon vertigineuse : l’église n’est plus le rendez-vous incontournable du dimanche, le catéchisme et la communion solennelle même s’ils persistent touche moins de la moitié d’une tranche d’âge.

Les changements sociétaux considérables (contraception, avortement, amour libre, etc…) vont être des marqueurs clairs et nets du décalage entre la population et un clergé toujours imprégnés d’un conservatisme bon teint… Les esprits les plus réfractaires penseront même que l’on ne peut pas se fier aux « bons conseils » de « sexologues vierges » ….

Pourtant, l’Eglise Catholique n’était pas restée complétement sourde aux changements profonds de la société, en témoigne l’organisation de Vatican II, véritable « révolution culturelle » sous la direction de Jean XIII puis de Paul VI, entre 1962 et 1964 qui mettaient en exergue la prise de considération de ces bouleversements sociétaux mais les catholiques les plus fervents y virent un exercice d’auto-flagellation l’entrainant vers le précipice….

Cependant, l’Eglise a pu jouer le rôle de contre-pouvoir dans bon nombre de pays : on se souvient de la très Catholique Pologne au cœur du Bloc de l’Est et l’élection d’un Jean-Paul II, jeune pape dynamique et surtout porteur de lendemain qui chantent mieux et son fameux « N’ayez pas peur », des missionnaires dans les brutales dictatures sud-américaines ou encore d’un Desmond Tutu, archevêque Anglican et prix Nobel de la Paix dans l’Afrique du Sud de l’Apartheid….

Mais cette même Eglise s’est aussi distinguée par la pratique d’une Omerta pesante quant a la pratique d’une pédophilie rampante et ce, depuis les temps les plus reculés… Et puis la parole s’est soudainement libérée, celles d’enfants abusés par quelques curés sûrs de leur « droit de cuissage » puisque représentant l’autorité indicible…

On se souvient de la démission en bloc des évêques du Chili, de certains évêques australiens ou américains mais surtout des nombreux méfaits constatés au sein de l’Archidiocèse de Lyon avec notamment le père Preynat, pédophile notoire qui a sévit plusieurs générations en toute impunité avant d’être rattrapé par le scandale.

 

Un scandale dans lequel a été impliqué le Cardinal Philippe Barbarin qui s’est retrouvé accusé de poursuivre cette « loi du silence » et certains pensent qu’il a « couvert » ses exactions dans le dessein peu glorieux de ne pas faire de « vagues » même s’il n’avait fait qu’hériter d’une situation scabreuse qui existait déjà du temps de ses prédécesseurs, dont Mgr Ducourtray

 

Sa piteuse « conférence de presse » aura été plus encline à l’enfoncer : ses réponses imprécises ou laconiques ont été surprenantes de la part d’un représentant du « Sacré Collège » mêlant gaucherie et esquive, digne d’un séminariste qui n’aurait pas assez révisé….

Le processus judiciaire a suivi son cours faisant du « Primat des Gaules » a été considéré par les juges comme le chef d’orchestre tout désigné de cette omerta d’un autre âge. Condamné à une peine de prison de 6 mois avec sursis tout en faisant appel, il s’est alors résigné à prendre du recul en se rendant dans les plus brefs délais au Vatican afin de remettre sa démission au Saint-Père, le Pape François, seule autorité à l’accepter ou ...pas

 

INTERIM

 

Ce bon pape François, dont l’élection en 2013 avait suscité un regain d’optimisme mais qui a « refusé »la démission du prélat Lyonnais, pour cause de « présomption d’innocence » mais à cependant rappeler un paisible retraité en la personne de Michel Dubost, 77 ans, évêque émérite d’Evry-Corbeil-Essonnes en le nommant Administrateur apostolique du diocèse de Lyon, tandis que Mgr Barbarin gardait son titre de Primat des Gaules….

Michel Dubost a été sorti de sa retraite, car il semblait être le mieux placé pour remettre de l’ordre dans un diocèse secoué par des scandales en cascade.....

Né au Maroc en 1942, formé chez les « Eudistes », communauté religieuse spécialisée dans la formation des prêtres et la bonne conduite à tenir dans la gestion au quotidien d’un ministère, il fut ordonné prêtre en 1967 avant de suivre une brillante carrière : aumônier, évêque des armées, homme des missions délicates au sein de la Conférence des évêques, il arrive dans l’Essonne, en l’an 2000, pour prendre la tête du diocèse d’Evry- Corbeil-Essonnes,  né en 1966 , suite à la réforme administrative de la région parisienne qui vit la création de nouveaux évêchés se détachant de Paris (Créteil, Nanterre et Saint-Denis) et Versailles (Pontoise et Corbeil-Essonnes)et fort d’un peu plus de 800 000 catholiques ou déclarés comme tels…

 

 

LE CONSENSUS PERMANENT

 

Homme de consensus, il aime à dialoguer avec ses homologues religieux d’à côté, dont l’Imam de la mosquée d’Evry-Courcouronnes….

Il sait cultiver ses réseaux sans y intégrer comme ses relations avec un cercle d’influence comme le « Siècle », entretenir de bonnes relations avec les « politiques » d’une circonscription qui compte deux cathédrales : St Corbinien à Evry, a présent siège de son évêché dû à la volonté de son prédécesseur Guy Herbulot qui voulait la représentation de tous les cultes sur la Ville nouvelle d’Evry, mais plus prudent que ce dernier lorsque celui-ci accompagnera Jean-Paul II sur la tombe du Généticien mais Intégriste notoire Jérôme Lejeune à Chalô Saint Mars….et Saint-Spire à Corbeil-Essonnes consacrée en 1966 par Paul VI et qui sera rénovée grâce au bienfaiteur Serge Dassault (déjà généreux donateur de la mosquée des Tarterêts) avec le regard discret mais complice de son ami Manuel Valls….

 

Monseigneur Dubost n’est pas hermétique comme certains autres hommes d’église aux progrès de la science, le fait d’avoir eu un frère myopathe disparu l’ont amené à soutenir l’action du génopole d’Evry-Corbeil.

Ses positions en faveur des migrants occupant une église à Massy dont il ordonna l’expulsion par la police sont plus mitigées même si le prélat se défend d’avoir proposé en amont une solution de relogement en amont que ces derniers auraient refusé…

 

Depuis son arrivée dans la cité des Gaules, sans que cela soit forcément lié, le père Preynat a fini par être « défroqué », la pire des sentences dans la religion catholique, l’équivalent d’une faute « lourde » pour un salarié indélicat….

Mais les problèmes les plus cruciaux ne sont pas résolus pour autant, même si des « opérations de salubrité publique s’effectuent au sein d’un clergé souvent jugé misogyne, rétrograde, avec parait-il,  une forte minorité d’homosexuels refoulés, gravitant parfois dans les plus hautes sphères comme le notifie Frédéric Martel dans son ouvrage édifiant : « Sodoma », vaste enquête sur les « mœurs » du Vatican, avec le témoignage de nombreux prélats, sans oublier le film de François Ozon sur l’histoire de l’ex-Père Preynat : « A la grâce de dieu » qui ne plait pas à tout le monde, certains ayant même voulu retarder sa sortie en salle

 

Pour faire un parallèle audacieux, on peut dire que l’Eglise vit actuellement la même situation que celle constatée dans la classe politique : le choc entre « ancien monde » et « nouveau monde », d’une volonté populaire de bouger les codes traditionnels qui régissaient jusqu’à présent les institutions, une sorte de querelle entre « les anciens » et « les modernes » mais dont les points de convergence sont très flous mais où les amalgames ou autres idées reçues sont peu être trop mis en avant : non le clergé n’est pas uniquement constitué de pédophiles que la classe politique d’élus véreux……

Toujours est-il que le changement de modèle économique, largement dominé par la révolution numérique a certainement influencé notre façon de penser, y compris les « serviteurs de Dieu ».  Récemment, ayant assisté à un enterrement, nous avons été étonnés de voir le prêtre de la commune, portant la soutane (symbole d’un retour aux fondamentaux) mais récitant le « je vous salue Marie » au cimetière, par le biais de son Smartphone….