• De Gaulle et Tante Yvonne durant l'exil Irlandais.

  • La revanche de Pompidou Elu Président de la République.

  • Le tandem Chaban/Delors promoteurs de la "Nouvelle Société" en septembre 1969

FRANCE NOUVELLE SOCIETE

 

 

Après Mai, fais ce qu’il te plait

 

 

Le 24 mai 1968, lors de son allocution radio-télévisée, Charles de Gaulle, Président de la République en exercice prônait pour la tenue d’un référendum concernant une réforme universitaire, sociale et économique en précisant que cette consultation devait se tenir dans le mois qui suivait afin de répondre urgemment aux requêtes exprimées lors du mouvement de Mai.

Mais son Premier Ministre, Georges Pompidou lui conseilla plutôt de différer une telle initiative et de procéder à contrario à la dissolution de l’assemblée nationale, afin de mieux « tâter » le pouls du corps électoral, ce qu’accepta le vieux Général qui avait plus ou moins perdu la main lors des évènements : l’homme providentiel de 1940 avait cédé la place à un dirigeant qui ne comprenait plus son époque…

Bien lui en prit : après la manifestation monstre du 30 mai organisée sur les Champs-Elysées à l’initiative des fidèles du pouvoir qui souhaitaient mettre un terme « à la chienlit », les élections qui suivirent constituèrent un triomphe sans précédent pour le pouvoir Gaulliste : un véritable « raz de marée », balayant une opposition qui pourtant, un an plus tôt avait failli renverser la majorité sortante….

Plus de 293 députés UDR élus sur les 491 sortants. « J’aurais présenté mon chien avec l’étiquette UDR, il passait » plaisantait alors le truculent Député Alexandre Sanguinetti. La majorité présidentielle était donc réconfortée après la grosse zone de turbulence qui avait failli la pulvériser, tandis que la Gauche sortait groggy du scrutin et se préparait ainsi à continuer sa déjà longue cure d’opposition entamée en 1958.

Le Général de Gaulle se sépara cependant de son sauveur, Georges Pompidou qui lui avait pourtant été très précieux, assurant l’intérim du pouvoir pendant sa curieuse éclipse en Allemagne et s’avérant un habile négociateur lors des « accords de Grenelle », réunissant les syndicats et le gouvernement et qui aboutit notamment à une forte augmentation du SMIC, fut épaulé par son secrétaire d’Etat à l’emploi, Jacques Chirac et son conseiller Edouard Balladur, ces deux derniers entamant une « amitié de trente ans » (rires).

L’Homme du 18 juin remplaça son fidèle serviteur par un grand commis de l’Etat, diplomate pur jus, Maurice Couve de Murville. Georges Pompidou se fit élire député dans son département natal, le Cantal tout en attendant son heure.

L’ex-chef de gouvernement ne tardera pas à sortir de son silence dès le début de l’année 1969, se déclarant « en réserve de la République » dès que cela se présentera comme s’il était saisi d’un pressentiment palpable…

 

L’appel de Quimper

 

« Le Grand Charles » a été requinqué par le succès électoral de l’été précédent et semble avoir effacé le mauvais souvenir du « Dix ans, ça suffit » que scandaient ses détracteurs sur les barricades de Mai. En visite à Quimper (Finistère), il relance son idée de référendum avorté l’année précédente et propose de mettre à la question deux sujets majeurs : la réforme du Sénat (déjà) et des Régions (Idem).

Le chef de l’Etat préconise même la fusion entre le Sénat et le Conseil Economique et social (déjà considéré comme un « fromage de la république »). Aussitôt, Alain Poher, Président du Sénat centriste élu en 1968 monte en première ligne pour s’opposer à une telle initiative. Le maire d’Ablon-sur-Seine (Val de Marne) y voit une volonté de contrôle des « élus » qui sont les « grands électeurs » et surtout la tentative non avouée de faire disparaître une assemblée que certains jugent être « un refuge de notables » qui pantouflent tandis que d’autres l’assimilent à un contre-pouvoir inutile….

En ce qui concerne, les régions, la donne est toute autre : il s’agit d’une volonté de donner plus de pouvoir aux élus locaux, entraînant de facto une sorte de « décentralisation » avant celle qui prendra effet qu’en 1982.

 

Paris et le désert Français

 

Car la France demeure un état ultra-jacobin, celle où tout se décide à Paris et où les régions-programmes ne jouent pour l’instant qu’un rôle de faire-valoir.  La « tentaculaire » Région Parisienne dont la réforme a été entamée dès le début des années 60 concentre à elle-seule plus d’un ¼ de la population Française de l’époque et autant des richesses du pays…. Sa croissance démographique exponentielle inquiète les élus des autres régions qui voient poindre à l’horizon que l’apport de quelques miettes d’un gâteau copieux provenant de la croissance économique de l’époque (autour de 6 % du PIB).

Pourtant un certain rééquilibrage a été opéré depuis la fin des années 50, aux grandes régions traditionnellement industrielles (Le Nord, Le couloir Rhodanien et une partie de l’Auvergne, l’Est), ont été développés de nouveaux axes industriels : notamment dans le Grand Sud-Ouest et sur le pourtour méditerranéen : l’aéronautique à Bordeaux et Toulouse ou le développement du Port de Fos sur Mer, notamment.

C’est encore la période bénie du plein emploi (moins de 500.000 chômeurs) mais la « crise de mai 1968 » aura été un des signes avant-coureurs de la fin programmée des « trente glorieuses » : une industrie manufacturière génératrice d’emplois peu qualifiés qui s’essouffle lentement mais sûrement, les bassins miniers du Nord et de Lorraine qui n’osent envisager la fin des industries fossiles et même un monde agricole qui voit disparaître les petites exploitations familiales au profit de plus grandes et plus rentables…

Mais durant cette « parenthèse enchantée », la France demeure prospère, profite de son leadership au sein d’un « Marché Commun » avec ses partenaires Allemands, du Benelux et d’Italie qui ont tous connus un « boom économique » les hissant au sommet des grandes puissances économiques mondiales à l’instar du Royaume-Uni, dont la France a mis son veto pour son entrée dans le « cercle européen » ou encore les USA et le Japon….

Sortie ruinée comme ses voisines du second conflit mondial, la France de 1969 s’est depuis beaucoup enrichie, en faisant profiter au passage ses ouailles de cet essor économique. C’est l’émergence d’une classe moyenne qui aspire pleinement à profiter de cette société de consommation au grand jour. Les ménages s’équipent des biens les plus courants : l’automobile, l’électroménager, la télévision dont le développement s’est accéléré durant la décennie : près de 60 % des foyers sont équipés, sans oublier le logement qui fut à la fin des années 50 marqué par une grave crise qui sera pallié par la mise en œuvre de nombreux chantiers à travers l’hexagone : c’est la naissance des « grands ensembles » dans la périphérie des grandes villes et bien sûr la Région Parisienne avec Sarcelles, Massy-Antony ou encore Créteil….Et bientôt, ce sera l’avènement de la « Maison individuelle », des « villages à la Française », plutôt réservé à la classe moyenne supérieure, composée de cadres comme à Mennecy ou à Breuillet avec Port-Sud (incluant un village dans la ville : avec piscine, commerce, réseau de télévision interne, etc…).

 

La théorie des « Grands ensembles »

 

La France encore rurale de l’après-guerre va peu à peu laisser la place à un pays de plus en plus urbanisé : les campagnes se vident, et la mécanisation des tâches agricoles nécessite moins de main-d’œuvre, d’où un exode rural accéléré à la fin des années 60. C’est certainement le début des « métropoles régionales » dont certaines connaissent alors une croissance démographique exponentielle : Montpellier, Rennes ou Toulouse.

Si Paris intra-Muros a perdu un million d’habitants depuis 1936, c’est au profit de sa périphérie et pas seulement la petite couronne mais également la grande couronne qui est constituée des nouveaux départements créés en 1968 : l’Essonne, le Val d’Oise et les Yvelines sans oublier la Seine et Marne qui n’a pas été scindée en deux comme prévu mais qui représente la moitié de la superficie de la région.

Le risque d’Hypertrophie de la Région Parisienne est latent, c’est pourquoi, il sera décidé de créer plusieurs villes nouvelles autour de la Capitale, afin de permettre aux nouveaux habitants de pouvoir vivre et travailler sur place. Plusieurs sites sont choisis mais tous ne seront pas retenus, seuls cinq villes nouvelles verront le jour : Evry, Cergy-Pontoise, Melun-Sénart, Marne la Vallée et Saint-Quentin en Yvelines….

Ailleurs en France, quatre villes nouvelles verront le jour : Le Vaudreuil (Eure), L’Isle-D’abeau (Isère), Les Rives de l’Etang de Berre (Bouches du Rhône) et Villeneuve d’Asq (Nord).

En cette année 1969, le site d’Evry est le plus avancé : dès 1967, des préfabriqués ont été implantés, au milieu des champs, non loin de la Nationale 7. La première phase, Evry I est lancé, avec le chantier de la future Préfecture de l’Essonne (qui ne sera inaugurée qu’en 1971). Des urbanistes, des architectes et des géographes travaillent et vivent sur place : comme André Darmagnac, Michel Mottez ou Eloi Boulakia….

Le premier Préfet de l’Essonne sera Michel Aurillac, futur député de l’Indre et Ministre de la Coopération qui s’installe provisoirement à Corbeil-Essonnes. Son rôle sera capital dans la conduite de ce « vaste chantier urbain » qui sort de nulle part, sans oublier le rôle de médiateur entre les différents acteurs politiques, notamment dans l’opposition de l’époque (dominé par le Parti Communiste, très influent en Essonne) qui sont opposés à la Ville nouvelle et le risque d’hégémonie (« le Grand Evry » ou encore certains notables, comme le Président du Conseil Général, Pierre Prost qui avoue être un peu dépassé par les évènements….

Cergy-Pontoise suit le pas. Comme Evry-Petit-Bourg, Cergy est jusqu’au milieu des années 60, un simple village de trois mille habitants, enlacé par les rives de l’Oise, à l’allure champêtre. Son site a été choisi pour abriter la future Préfecture du Val d’Oise et le Conseil Général, mais fait unique en France le Chef-lieu sera Pontoise.

Bernard Hirsch, Polytechnicien et Ingénieur des Ponts et Chaussées sera le « Maître d’œuvre de Cergy » et jouera un rôle déterminant dans le développement fulgurant du site, avec toujours l’idée sous-jacente entretenue de permettre aux habitants de pouvoir vivre et travailler sur place. Le père de Martin Hirsch sait comme beaucoup d’urbanistes que bâtir une « vraie ville » implique la conception d’infrastructures attractives : zones d’activités commerciales, loisirs (cinémas, spectacles, théâtre), environnementale : création de plan d’eau ou lacs artificiels, habitat mixte : lotissements et immeubles, zones industrielles, transports (création de routes et de voies ferrées), entités administratives sans oublier l’accompagnement d’un tel chantier près d’un centre urbain traditionnel déjà équipé (ici avec Pontoise, comme Evry avec Corbeil-Essonnes, ou St Quentin en Yvelines avec Trappes et surtout Versailles).

Saint-Quentin en Yvelines, dont le noyau originel est Trappes mais qui se déplacera par la suite vers Montigny-Le-Bretonneux est placé sous la houlette de Serge Goldberg, qui appartient comme Hirsch à la famille des technocrates-visionnaires, dont le cursus est identique (X-Ponts) et la capacité de transformer « l’idée en matière » est primordial, accompagné d’une équipe de « pionniers » un peu allumée mais qui croit à la réussite de cette mission qui comporte cependant plusieurs inconnues, dont celle d’arriver à transformer un petit village agricole comme Montigny-Le-Bretonneux qui en 1969, compte un peu plus de 500 habitants pour en atteindre 70 fois plus à l’orée de l’an 2000 !.

L’immense Seine et Marne ne sera pas en reste, avec la création de deux villes nouvelles sur son territoire : Marne-La Vallée (qui s’étend du Val de Marne jusqu’au futur site d’Eurodisney, avec comme centre de gravité Lagny sur Marne) et Melun-Sénart (qui deviendra ultérieurement : Sénart) avec les mêmes objectifs que ces homologues de la Grande couronne….

 

Cinquante millions de consommateurs

 

La France de 1969 est donc un pays entré pleinement dans la modernité et qui peut être fière du chemin parcouru depuis les décombres de l’immédiat après-guerre. Devenu une puissance nucléaire, snobant même le « grand frère américain » en quittant en 1966 les rangs de l’OTAN, ce « beau et vieux pays » peut se targuer d’avoir « cinquante millions de consommateurs » qui se précipitent dans les premiers centres commerciaux qui ouvrent à la périphérie des villes, annonçant la mort programmée du « petit commerce », ce qui provoque la création du CID-UNATI, créé par le jeune et turbulent Gérard Nicoud qui sera le héraut durant toute la décennie d’un combat voué à être perdu…..

La France devient leader en Europe sur les technologies de pointe, aussi bien au niveau spatial qu’aéronautique. Cette année-là un curieux « oiseau » supersonique, issu d’un mariage franco -britannique s’envole pour la première fois du tarmac de Blagnac-Toulouse, piloté par André Turcat. Il pour nom « Le Concorde » permettant d’atteindre New York en trois heures ! .

Mais paradoxalement, l’Hexagone est en retard au niveau de ses infrastructures autoroutières par rapport à ses voisins européens. Pourtant, dès les années 30, à l’instar de l’Allemagne et de l’Italie, la France projette un développement de ces « infrastructures » du futur mais la Guerre contrarie ses plans, et le premier tronçon entre Saint-Cloud et Orgeval (future autoroute de l’Ouest) est inauguré en 1946.

 En 1969, le pays compte moins de 1 000 kilomètres de voies rapides. L’axe le plus développé est celui de Lille à Marseille qui sera achevé en 1971 et que l’on surnommera « L’Autoroute des vacances ».

L’aventure de la future « autoroute du Soleil » a commencé dès 1953 et en 1960, le premier tronçon entre Paris et Corbeil-Essonnes est inauguré. Il faudra encore dix longues années pour le voir rejoindre la cité Phocéenne, via des tronçons provisoires inaugurés au fil du temps….

Un vaste plan de construction va être mis en place pour pallier ce retard conséquent : à l’Ouest (jusqu’à Rouen, Caen et Le Havre), au sud-Ouest (vers Bordeaux) ou à l’Est (vers Metz et Nancy). Le péage constituera la principale source de financement desdites autoroutes et de leur entretien….

Mais la France est également en retard au niveau du téléphone : en 1969, un Français sur dix est équipé du précieux combiné. Ce qui est encore l’administration des PTT impose des délais très longs (variant entre six mois et deux ans) pour l’obtenir…. Comme pour les autoroutes, elle comblera son retard en un peu plus d’une décennie, devenant même leader dans la télématique (avec le mythique Minitel).

1969 marque également l’ouverture du plus gros marché d’intérêt national du monde situé aux abords du village rural de Rungis (Val de Marne) qui remplace les Halles de Paris souffrant d’exiguïté voire d’insalubrité , laissant pour quelques années un « trou » au cœur de la Capitale qui deviendra le « Forum des Halles » dans un Paris qui se transforme toujours et qui inaugure son premier RER (Réseau Express Régional) qui traverse la Capitale d’Ouest en Est afin de réduire les « temps de transport » et contredire le fameux adage « Métro, boulot, dodo » qui apparait à cette époque…..

C’est aussi l’époque où les nouveaux territoires de la future Ile de France (remplaçant le vocable Région Parisienne, sous l’égide du Président de la Région, Michel Giraud, qui sera à l’origine du terme Francilien pour désigner ses habitants, au milieu des années 70) se rebellent : les habitants de Toussus le Noble et de Châteaufort, intégrés dans l’Essonne demandent leur rattachement au département des Yvelines, ce qu’ils obtiendront par voie de consultation locale.

 

Le NON l'emporte

 

 

A propos de consultation, c’est l’organisation du Referendum concernant la Régionalisation et La Réforme du Sénat, dont nous avons évoqué plus haut l’opposition de nombreux élus, c’est celle d’une partie de la majorité présidentielle qui fait campagne pour le « non », notamment, Valéry Giscard d’Estaing, leader des Républicains Indépendants.

Et ce dimanche 27 avril, la participation va être élevée (près de 80 %) et le…NON arrive en tête avec près de 53 % des voix. Aussitôt, le chef de l’Etat en tire toutes les conclusions du résultat en annonçant dans la foulée sa démission qui prendra effet dès le 28 à midi. Onze ans après avoir été rappelé aux « affaires » par son prédécesseur René Coty, l’homme du 18 juin décide de quitter le pouvoir non sans panache et laissant par la même occasion le champ libre à tous les prétendants à sa succession.

La Gauche se frotte les mains car elle peut saisir une nouvelle opportunité à s’emparer du pouvoir face à une majorité divisée. François Mitterrand qui avait créé la surprise en mettant en ballotage le Général en 1965, ne peut se présenter car son image a été ternie lors depuis les évènements de mai, il ne peut se représenter et cède la place à Gaston Defferre. Le maire de Marseille décide d’associer Pierre Mendès-France à sa campagne et promet de le nommer Premier Ministre s’il l’emporte. Mais ses chances sont très minces car la gauche socialiste est très divisée et moribonde à l’image d’une SFIO qui va disparaître cette année-là, remplacée en partie par le Nouveau Parti Socialiste qui fédérera toute ses forces lors du Congrès d’Epinay en 1971, ressuscitant un François Mitterrand qui élimine au passage son adversaire direct, Alain Savary….

Mais la force de frappe de la Gauche, c’est surtout le Parti Communiste, premier parti d’opposition dirigé par Waldeck-Rochet. Ce dernier ne sera cependant pas candidat et cède sa place à Jacques Duclos, ancien chef du parti communiste clandestin sous l’occupation et alors Député de Seine Saint-Denis…

 

 

A cette Gauche de la Gauche surgit un candidat alors sous …les drapeaux, il s’appelle Alain Krivine, il a 27 ans et est à l’origine avant son départ au service militaire, de la création de la Ligue Communiste Révolutionnaire et entame ainsi sa longue carrière politique à l’Extrême-Gauche qu’il ne quittera jamais même s’il fait des émules comme Olivier Besancenot ou Philippe Poutou, quelques décennies après….

Obtenir des signatures à cette époque est moins compliquée qu’aujourd’hui, il suffit alors d’une centaine de parrainages d’élus pour être qualifié pour cette deuxième élection au suffrage universel direct de la Ve République, ce qui permet également à un industriel originaire du Nord-Pas de Calais, Louis Ducatel d’être candidat pour la première mais également ultime fois. Une sorte de « quart d’heure de célébrité » en somme.

 

Le retour de Pompidou

 

Pour rappel, Georges Pompidou avait annoncé son intention de se présenter le cas échéant et il saisit l’opportunité pour se porter candidat et d’être adoubé par la majorité gaulliste, y compris celle des gaullistes dit de « gauche » qui ne l’aimait guère….

Né en 1911 à Montboudif (Cantal), l’ancien Premier Ministre du Général de Gaulle est fils d’instituteurs, dont le père Léon, deviendra professeur d’Espagnol et auteur d’un « Dictionnaire » portant son nom. Lycéen à Albi, il intègre par la suite l’Ecole Normale Supérieure et se lie d’amitié avec certains de ses condisciples tel Léopold Sédar Senghor, futur président de la République du Sénégal.

Agrégé de lettres, Georges Pompidou commence une carrière d’enseignant notamment à Marseille puis Paris. Mobilisé en 1939, il ne démérite pas sur le Front de « la drôle de guerre » mais ne jouera aucun rôle dans la Résistance, a contrario de futurs collègues premiers ministres (Jacques Chaban-Delmas et Pierre Messmer, tous les deux Compagnons de la libération). Ce qui ne l’empêche pas de devenir un des plus proches collaborateurs du Général dès 1945. La légende veut que le résident de la Boisserie voulût à ses côtés un « agrégé qui sait écrire » ….

Mais durant la longue « traversée du désert » du Général, elle durera pratiquement douze ans, suite à sa démission de la présidence du Conseil en 1946 à son « retour aux affaires » en 1958, amène Georges Pompidou à se recycler dans le milieu bancaire, notamment chez Rothschild (tiens, tiens), dont il deviendra le directeur général….

Avec le retour du « Grand Charles » aux affaires, il atterrit au Conseil Constitutionnel avant de remplacer finalement Michel Debré à Matignon en 1962 où il restera 6 ans, ce qui reste un record inégalé sous la Ve République. Puis, le Chef de l’Etat le nomme ainsi Premier Ministre, lui qui n’a jamais été élu auparavant (comme plus tard Raymond[PD1]  Barre, Dominique de Villepin ou Emmanuel Macron).

Son premier gouvernement est constitué de valeurs sûres de la Ve République : Maurice Couve de Murville, aux affaires étrangères, Pierre Messmer à la Défense, Jean Foyer à la Justice, Roger Frey à l’intérieur, Pierre Joxe à la Réforme Administrative ou Edgard Pisani, à l’Agriculture et bien sûr André Malraux aux affaires culturelles….

Cinq gouvernements Pompidou se succèderont jusqu’en 1968, avec l’apport de nouveaux ministres ou secrétaires d’état comme : Maurice Schumann, Georges Gorse, Joseph Fontanet, Jean de Broglie, Valéry Giscard d’Estaing, Joel le Theule, Robert Galley, Robert Boulin, Alain Peyrefitte ou …Jacques Chirac….

Un habile cocktail composé des différentes tendances de la majorité de l’équipe, certes dominée par l’UDR (ancêtre du RPR), mais également des MRP (plutôt centriste) et de la Gauche démocratique…. L’action du gouvernement est indissociable des « grands projets » portés par une croissance économique insolente des « Trente glorieuses » et synonymes dans l’imaginaire collectif de modernisation accélérée de la France, d’indépendance militaire (avec la force de frappe) et de contrat social déployé….

Il y aura cinq gouvernements Pompidou successifs mais la gouvernance ne sera pas toujours de tout repos : entre la sortie du douloureux dossier algérien, la grève des mineurs de 1963, des referendums risqués mais finalement gagnés, des élections gagnées sur le fil en 1967 et enfin « la crise de Mai 1968 » que Georges Pompidou dénoue avec brio mais qui provoque paradoxalement sa sortie de route…

Il va connaître une courte traversée du désert, bien qu’élu Député du Cantal, son département natal mais également une bien désagréable mésaventure susceptible de mettre fin à sa carrière politique : en 1968, l’ancien garde du corps d’Alain Delon, Markovic accuse l’épouse de Georges Pompidou de participer à des « parties fines », communiquant à la presse des photos compromettantes de Claude Pompidou.

L’ancien Premier Ministre passe à l’offensive, criant au complot politique (venant selon lui des gaullistes de gauche, hostiles à sa candidature à l’Elysée) et obtiendra gain de cause : il s’agissait de photo-montages et ne nuiront en rien à son ascension politique ultérieure. Il démarre donc la campagne en position de favori, même s’il trouve sur sa route : Alain Poher, le Président du Sénat qui s’était opposé avec virulence à la réforme de sa vénérable institution et qui, ironie du sort, est devenu le locataire provisoire de l’Elysée, suite à la démission du Général de Gaulle et doit le rester le temps de l’élection, a moins qu’il transforme l’essai….

Né à Ablon sur Seine (aujourd’hui Val de Marne), Alain Poher est issu de la Bourgeoisie Bretonne, fils d’un Ingénieur des Chemins de Fer. Lui-même sera Ingénieur des Mines et se lance dans l’action politique après la seconde guerre mondiale, devenant Maire de sa commune natale tout comme son voisin d’Athis-Mons René L’Helguen, dans un secteur géographique où la diaspora Bretonne est très importante…

Issu de la mouvance Démocrate-Chrétienne qui donnera le MRP, Alain Poher participera à plusieurs gouvernements sous la Ve République. Il finit par adhérer au Centre Démocrate, incarné par Jean Lecanuet, élu Maire de Rouen en 1968 et surtout connu pour avoir été candidat à la présidentielle de 1965. Ce parti centriste est clairement dans l’opposition au pouvoir Gaulliste et ne se ralliera à la majorité que lors de l’élection de Valéry Giscard d’Estaing en 1974, laissant augurer la création de l’UDF….

Il restera 24 ans président du Sénat (record absolu) mais cette année-là, il compte bien forcer son destin et le résultat du premier tour peut lui donner quelque espoir : la « gauche » traditionnelle est éliminée, malgré le bon score du Communiste Jacques Duclos, qui obtient 21 % des suffrages mais qui est largement devancé par Pompidou avec 42 % et Poher 23 % qui vont donc s’affronter au second tour, ce qui fait dire à Jacques Duclos son fameux : « Bonnet blanc et blanc bonnet » a propos de deux adversaires de droite selon lui…..

Georges Pompidou va l’emporter largement avec 58 % des suffrages, avec une abstention beaucoup plus forte qu’au premier tour. Mieux entouré que son adversaire avec la majorité sortante et les giscardiens et surtout fort de son long passage à Matignon, il devient donc le deuxième président de la Ve République et entame donc un septennat qu’il n’achèvera pas, emporté par la maladie cinq ans plus tard….

Entre temps, il compte bien continuer de faire de La « France, un pays comme la Suède, mais avec le soleil en plus » comme il aime à plaisanter, le pays scandinave étant souvent cité alors comme une démocratie exemplaire et dynamique…

 

LA NOUVELLE SOCIETE

 

Il faut donner des réponses à la Grande agitation de Mai 1968 et la très large majorité de députés-godillots (comme aime à le marteler l’opposition) qui est sortie des urnes en Juin ne doit pas s’endormir sur ses lauriers. Aussi, Georges Pompidou nomme à Matignon, un des barons du Gaullisme : Jacques Chaban-Delmas.

Agé de 54 ans, le Maire de Bordeaux, Compagnon de la Libération et surtout Président de l’Assemblée nationale depuis 1958 est un personnage autant apprécié à Droite qu’à Gauche. Sportif accompli (Tennisman et Rugbyman), travailleur énergique et infatigable, il est probablement l’homme de la situation, l’idéal pour décrisper une société en constante évolution……

Il décide alors de lancer un vaste chantier de « réformes »

 

Il n’hésite pas à s’entourer de collaborateurs venus de tous les horizons pour mener à bien cette mission. A commencer par sa pièce maitresse : le syndicaliste Chrétien Jacques Delors…Ce dernier, fils d’un employé de banque originaire de Corrèze, a suivi les traces de son père en intégrant la banque de France. Ambitieux et travailleur, il intègrera jusqu’à sa nomination à Matignon, le Commissariat général au Plan.

Se définissant comme un Chrétien de Gauche, il a adhéré à la CFTC et devient un militant actif et en 1964, bien que Catholique pratiquant, il rejoint cependant la scission partisane de la déconfessionnalisation du syndicat qui deviendra la CFDT.

Cette nouvelle organisation syndicale sera dirigée Eugène Descamps, avant d’être reprise en 1971 par Edmond Maire. Elle prône alors l’autogestion dans les entreprises mais favorise le dialogue social et non l’affrontement frontal comme le fait la CGT, alors toute puissante.

Le dialogue social c’est ce qu’il faut pour « décrisper » cette société Française fracturée en mai 1968 et Delors est l’homme de la situation pour trouver des solutions à ce traumatisme. Dans son entreprise, il côtoie Simon Nora, Mendésiste pur jus, donc rompu aux négociations délicates mais également l’économiste François Bloch-Lainé et quelques jeunots comme Patrick Ollier, futur Député-Maire de Rueil Malmaison et actuel boss du « Grand Paris » ou Michel Vauzelle, ancien président socialiste de la région PACA…….

 

FAIRE BOUGER LES LIGNES

 

Jacques Chaban-Delmas prononce son discours de politique générale à l’Assemblée le 16 septembre 1969, prônant une « société « prospère, jeune, généreuse et libérée ». De sa voix nasillarde qui fera le bonheur de l’imitateur Thierry le Luron, le maire de Bordeaux énonce les grandes lignes de son projet. Ce dernier séduit la Droite modérée et les Centristes, mais également une partie de la Gauche pragmatique, que l’on surnommera ultérieurement : « la deuxième gauche ».

Le chef du gouvernement veut donc lancer un « grand chantier » de réformes (déjà à l’époque…) : concernant le développement du secteur industriel jugé en retard par rapport aux voisins européens, réduire la part jugée trop importante de l’Etat jugé trop centralisateur et technocratique, de libéralisation des ondes, de remettre en question cette France des Monopoles (énergie, télévision, chemin de fer, télécommunications, etc…) et de favoriser la Formation professionnelle et la participation dans les entreprises….

C’est vrai, un souffle nouveau va se propager sur la France, notamment dans les médias, où une liberté de ton va apparaître principalement à la Télévision, avec la nomination de Pierre Desgraupes accompagné de journalistes, dont beaucoup avaient été sanctionnés lors des grèves du mois de Mai.

Un souffle nouveau donc qui devrait plaire à Georges Pompidou, un Président de la République élu sur un programme de transformation économique, social et sociétal mais qui ne veut pas complètement rompre avec une forme de pouvoir hérité des dix dernières années du Gaullisme, socle de sa majorité…

Rapidement des désaccords apparaissent entre le Chef de l’Etat et son Premier Ministre, le premier s’agaçant de voir le second tirer la « couverture » vers lui. Georges Pompidou est entouré de deux conseillers très influents (Pierre Juillet et Marie-France Garaud) qui pense pis que pendre du chef du gouvernement : « Sans Delors, Chaban n’est rien » clame même la redouble Marie-France Garaud et qui saura lui savonner la planche lors de la Présidentielle anticipée cinq ans plus tard……

Mais le tandem Pompidou-Chaban durera trois ans avant la démission du maire de Bordeaux en Juillet 1972, sonnant alors le glas d’une « nouvelle société » qui avait nourri beaucoup d’espoir pour décrisper cette France de l’Après 68…

Chaban retourne à Bordeaux et est remplacé à Matignon par Pierre Messmer, symbole de la reprise en main de la frange conservatrice du Gaullisme et qui restera en poste jusqu’à la disparition prématurée de Georges Pompidou en Avril 1974….

En 1981, clin d’œil de l’histoire : François Mitterrand confie à son ami Chaban : « Tu sais, si tu avais réussi ton entreprise (« la nouvelle société ») il y a 12 ans, nous ne serions probablement pas là….

 

 

LA CONFERENCE DE PRESSE

 

En septembre 1969, Georges Pompidou tient sa première conférence de presse à l’Elysée devant un parterre de journalistes avides de questions. Au moment de clôturer le débat, le Président de la République est interrogé par le journaliste de Radio-Monte Carlo, Jean Michel Royer à propos d’un fait-divers qui a bouleversé la France : « l’Affaire Gabrielle Russier », du nom de cette professeure de Lettres à Marseille qui s’est donné la mort après avoir été poursuivi en justice et écrouée pour avoir eu une relation passionnée avec l’un des ses élèves.

Court silence pesant de Georges Pompidou, visiblement affecté par ce drame (lui aussi fut professeur de lettres dans la cité Phocéenne) et qui donne son sentiment en clamant quelques vers de Paul Eluard « Comprennes qui voudra :  Moi, mon remords ce fut la victime raisonnable au regard d’un enfant perdu, celle qui regarde les morts et qui sont morts pour être aimé » ….

Georges Pompidou était un fin lettré et un amateur de poésie, il publia même une « anthologie de la poésie française » en 1961. Ami des gens de lettres et du spectacle (Françoise Sagan, Guy Béart), amateur d’Art Moderne, promoteur d’un musée qui portera son nom après sa mort, il affichera plusieurs images contradictoires : éclectique et avant-gardiste dans ses affinités culturelles, homme du terroir aimant se ressourcer à Cajarc et à Orvilliers (Yvelines) mais Mondain auprès de la Jet-Set Tropézienne et des Rothschild, Conservateur en Politique tout en ayant été indéniablement l’architecte de la « modernisation » de la maison France dans les années 60-70…..

 

L’ETRANGE LUCARNE

 

Malgré la libéralisation des ondes (sans toutefois briser le monopole de la radio-télévision), l’audio-visuel devait rester « la voix de la France » selon Georges Pompidou. Cependant un souffle de liberté souffla durant les trois ans de la période Chaban. Et de nouvelles émissions apparurent sur le petit écran pour y rester très longtemps : « les animaux du monde » de François de la Grange, « le Francophonissime » jeu populaire hommage à une francophonie triomphante, animé par Georges de Caunes et Anne-Marie Peysson, « Alain Decaux raconte », déjà animateur de « la tribune de l’histoire » sur France-Inter et de « la caméra explore le temps » à la télévision , le futur académicien relate les grands évènements de l’histoire de France comme s’il présentait le Journal Télévisé : ce concept original connaitra un grand succès d’audience…

Le légendaire « Schmilblick » jeu produit et animé par Guy Lux s’installe également sur les écrans, consistant à trouver un objet insolite. Ce nom insolite était déjà apparu sous l’imagination féconde de Pierre Dac, quelques années plus tôt. Dans les années 70, il sera parodié par Coluche lors de l’un de ses fameux sketches, invitant même Guy Lux à s’auto-caricaturer….

Coluche, né Michel Colucci et Romain Bouteille fondent le « Café de la Gare » cette année-là, avec la complicité de futures têtes d’affiche telles Patrick Dewaere, Miou-Miou, Henri Guybet et Sotha…. Une « institution » qui existe toujours, pratiquant l’esprit anar et qui fait des émules comme « les solistes » créé par l’infatigable Romain Bouteille et son épouse Saida Churchill à Etampes……

Un feuilleton « Jacquou le Croquant » interprété par le jeune Éric Damain, récit d’un enfant misérable dans le Périgord du XIX e siècle émeut la France télévisuelle. D’autres fictions comme « L’Homme du Picardie » magistralement interprété par Christian Barbier, tranche de vie d’un marinier courageux mais têtu  ou « Les cahiers du Capitaine Coignet », « grognard » de Napoléon connaissent également une grande notoriété, concurrençant les séries françaises déjà existantes comme les cultissimes « Saintes Chéries » avec le duo Gélin-Presle ou « Vive la vie »avec[PD2]  Daniel Ceccaldi ou américaines comme « Mannix », « L’homme de fer » ou encore « Mission Impossible »…..

 

AU FIL DES PAGES

 

L’actualité littéraire n’est pas en reste avec le Prix Goncourt qui est décerné à Félicien Marceau, futur académicien Français d’origine Belge pour « Creezy » qui sera adapté quelques années plus tard au cinéma sous le titre « La race des Seigneurs » par Pierre Granier-Deferre avec Alain Delon…. Pierre Schoendoerfer, cinéaste et écrivain (« La 317 e section », « Le Crabe-Tambour ») obtient le prix Interallié avec « L’Adieu au Roi » qui sera lui aussi adapté au cinéma mais à Hollywood. René Barjavel, auteur du premier roman français de science-fiction en 1943 avec « Ravages » obtient le « Grand Prix de l’académie Française » pour la « Nuit des temps » ….

Georges Perec qui avait obtenu le prix Renaudot pour « La vie mode d’emploi » publie le très original « La disparition » dont la particularité qu’aucune des 300 pages que compte l’ouvrage ne comporte la lettre « e » !  Membre de l’OULIPO, cet écrivain atypique, ancien élève du Collège d’Etampes comme Jean-Louis Bory (Prix Goncourt 1945), Verbicruciste fameux au « Point » est parti trop tôt en 1982, à l’âge de 45 ans…

Mais l’année 1969 est surtout marqué par le triomphe de « Papillon » récit autobiographique romancé dû à l’ex-bagnard Henri Charrière qui s’était évadé du centre pénitentiaire de Cayenne pour se réfugier au Venezuela… Revenu en France en 1967 grâce à la prescription, Charrière est publié par Robert Laffont qui tient là le jackpot : plus de 2 500 000 exemplaires vendus dans l’Hexagone et près de 10 millions à l’Etranger… Il sera adapté au cinéma par Franklin Schnaeffer en 1974, avec Steve Mc Queen, qui joue le rôle de « Papillon » et Dustin Hoffmann et qui connaîtra également un grand succès commercial….

Enfin, Samuel Beckett, venu de la sauvage et captivante Irlande, qui écrit en Anglais comme en Français, qui fut l’auteur notamment de « En attendant Godot » obtient le Prix Nobel de Littérature….

 

 

 

FAITS MARQUANTS

 

L’Ecole est finie… c’est que décide le gouvernement Chaban-Delmas, du moins le samedi après-midi où il n’y aura désormais plus de cours mais le jeudi est maintenu comme jour de repos dans la semaine (jusqu’en 1972 où il sera remplacé par le mercredi).

Autre mesure phare : Le Franc est dévalué de 11 %. La principale raison de cette mesure économique trouve son origine dans la forte augmentation des salaires décidée lors des accords de Grenelle après les évènements de Mai 1968. Le gouvernement compte ainsi effacer la perte de productivité qui influait sur la balance commerciale….

Un fait divers sanglant se produit rue Richard Lenoir (bien connue du fictif Commissaire Maigret qui y réside) au cours d’un braquage où deux pharmaciennes sont assassinées ainsi qu’un client. Le principal suspect est le militant d’extrême-gauche, Pierre Goldman, demi-frère du célèbre chanteur, bien que celui-ci niera toujours son application jusqu’à son assassinat par un mystérieux commando surnommé « Honneur de la police » en 1979…

L’année 1969 sera également marquée par la fameuse « affaires des vedettes de Cherbourg », en fait des navires de guerre que l’Etat israélien avait commandé à la France. Construites au cœur des chantiers navals de la métropole du Cotentin, leur livraison avait été gelée par un embargo provoqué par « la guerre des six jours » entre Israël et l’Egypte….

Les autorités israéliennes jouèrent de plusieurs subterfuges pour s’approprier les fameuses vedettes : lors d’essais en mer, hors des zones territoriales puis en se faisant passer pour une société norvégienne intéressée par la récupération de ces navires pour ses besoins personnels….

 

 

EPILOGUE

 

Ainsi s’achève ce long périple au cœur d’une année mémorable au XX e siècle mettant en lumière une France prospère qui va connaître les premiers signes avant-coureurs d’une « crise » énergétique, économique et sociale qui va s’installer durablement. Un pays qui a renvoyé dans ses foyers celui qui fut son « sauveur » en 1940 mais qui s’avéra dépassé en 1968….

Une année qui vit des hommes marcher sur la Lune, sous le regard émerveillé du reste du monde, un drôle d’oiseau supersonique Franco-Britannique, le Concorde qui décolla pour de longues années pour rejoindre des destinations lointaines en un temps-record, un RER qui permettait à des Parisiens et à des banlieusards de « circuler mieux et plus vite », un « ventre de Paris » qui se mettait au vert à Rungis, des « villes nouvelles » qui voulaient inventer « l’habitat de l’an 2000 », des hippies rêveurs qui ne voulaient plus de la vie de leurs parents, et qui sniffaient de l’utopie sur fond de guitares gémissantes, des cow-boys solitaires qui jouaient de l’harmonica en quête de vengeance et un monde qui était à l’aube d’un bouleversement sans précédent……..

Toute une époque…..