PAQUES AU BALCON (Edito du 4 avril)

Philippe DUPONT

 

Pour la septième fois depuis le début de la pandémie il y a plus d’un an, Emmanuel Macron s’est adressé aux Français. Ces derniers étaient près de trente-cinq millions devant leurs récepteurs radio, leurs PC et surtout leurs postes de télévisions pour connaitre « la suite à donner » à ce qui semble être un interminable feuilleton dont on peine à voir écrit le mot : "FIN".

En cette période pascale, son message pouvait ressembler au fameux « urbi et orbi » prononcée par le Pape François, un « message à la ville et au Monde » toujours teinté d’espoir même si le « suspense » risquait d’être de courte durée….

Face à l’inexorable progression de cette nouvelle forme de virus, véritable « épidémie dans l’épidémie », le chef de l’Etat se devait de réagir, de fixer un « nouveau cap » et de parler « vrai et juste » pour faire oublier les derniers « couacs » de communication qui avaient semé une confusion certaine.

L’option du confinement (même si ce vocable est surtout employé par les médias) a été retenu pour tout le territoire, soulageant les uns mais désolant ceux qui pensent être victimes d’injustice. Et surtout cette décision de procéder à la fermeture des écoles durant un mois, avec la fusion des zones de vacances… ainsi que celles des commerces dits « non essentiels » …

Pâques aidant, une « trêve des confiseurs » a été cependant accordée aux « ouailles » bientôt bridées de pouvoir prendre le large jusqu’à lundi soir, d’avoir le temps de choisir son lieu de confinement mais passée cette limite, il faudra se contenter de ne pas dépasser les dix kilomètres à la ronde, sauf pour des raisons valables notifiées sur la fameuse attestation….

Le chef de l’Etat a prononcé un discours moins martial que d’habitude, porteur d’un message ouvrant la voie à « une sortie de crise », conscient de la lassitude et de la résignation du plus grand nombre, justifiant sa décision antérieure de tenter à tout prix d’éviter un confinement il y a deux mois, ce qui fut d’abord salué puis condamné, au vu de la déferlante du « variant anglais » …

Emmanuel Macron, jugé « trop clivant » par ses (nombreux) adversaires qui lui reprochent son fameux « en même temps » probablement lié à ce qui est devenue une inévitable « gestion de crise au jour le jour » rendant impossible toute anticipation doit également faire face à une certaine opinion souvent versatile qui n’aime entendre que ce qu’elle espère….

Mais l’espoir forgé sur celui « de sortir du tunnel » est somme toute assez légitime surtout après un an de « guerre virale », ce qu’à bien compris le Président de la République qui joue « son avenir politique » pour l’instant incertain même face à une opposition aussi peu inspirée que divisée…

C’est la raison pour laquelle, il a exhorté les Français à faire un « ultime effort » avant un retour à la « vie presque d’avant », en proposant un agenda, notamment sur les réouvertures tant attendues de salles de spectacles ou autres lieux de restauration à partir du 15 mai…

Certains y ont vu un « énième faux espoir » pensant notamment aux précédentes promesses non tenues, à la différence qu’à présent, la campagne de vaccination a enfin trouvé son rythme de croisière (près de 10 millions de personnes vaccinées), avec l’ouverture de nombreux vaccinodromes et surtout l’imminente production de près de 250 millions de doses pour Pfizer, Moderna, Jansen et même Sanofi sur notre sol qui pourrait vite faire oublier le triste épisode Astra Zeneca…

Thierry Breton, le « Monsieur Vaccin » de l’Union Européenne a réaffirmé que la « France » sera sortie d’affaire dès le 14 juillet, ce qui peut constituer un pari osé mais pas irréalisable si on ne déplore plus de « couacs » ou « autre retard à l’allumage » et ce fameux chiffre de 60 % de la population immunisée ne relèverait alors plus de l’utopie…

Mais dans l’immédiat, la situation est toujours aussi tendue, notamment au niveau Hospitalier avec un variant qui ignore quant à lui « la trêve de Pâques » et qui continue à faire des ravages, nous rappelant que les prochains jours seront encore difficiles, nous incitant à rester plus que jamais vigilants en attendant notre « résurrection » Allez, Joyeuses Pâques à tous….