Philippe DUPONT

 

Florilège de 12 éditoriaux parus dans la "Voix du Sud Essonne" en cette curieuse année 2021.

Bonne lecture à tous , sans oublier de lire ou relire éventuellemnent tous les autres éditos de cette année à cliquer en fin de page. ....

LES MESAVENTURES DE DONALD, LE CANARD BOITEUX DE L'AMERIQUE (Edito du 7 Janvier)

 

Savez-vous ce qu’est un « lame Duck » ?  En cas de réponse négative, il s’agit, dans le monde anglo-saxon, d’un élu dont le mandat est arrivé à terme mais qui continue à occuper son poste même si son successeur a été élu….

En voilà, une situation bien saugrenue, me diront certains esprits intrigués par cet état de fait. Pourtant, dans les Etats-Unis d’Amérique, tout ceci parait bien normal et s’inscrit comme une « période de transition » prévue par la constitution….

Certes, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les Présidents américains ont été généralement réélus et étaient de facto dispensés de ce genre d’intermède, à l’exception notable de MM. John Kennedy (pour les raisons tragiques que l’on connait), Gerald Ford (qui d’ailleurs n’avait pas été élu), George Bush Sr et à présent Donald Trump dont les mandats n’ont pas été renouvelés….

Penchons-nous sur le cas de l’actuel président sortant, qui quoiqu’il en soit, aura pratiquement toujours été « un canard boiteux » même avant cette période de transition…

Il y a plus de cinq ans et demi, son pari insensé de vouloir se lancer dans la bataille de la présidentielle avait provoqué des commentaires moqueurs, tant la démarche de ce « self-made-man » (en fait, un héritier qui aura su fructifier l’empire familial) ressemblait plus à une « opération de com » plutôt évidente de la part d’un producteur de « télé-réalité » qu’à une volonté affirmée de faire « bouger les lignes », de déstabiliser un Establishment arrogant et de redonner de l’espoir à une Amérique profonde en déshérence…

Et en déjouant tous les pronostics, il devint « Donald le conquérant » terrassant au passage « Hillary la candidate sûre de l’emporter » tout en réussissant avec brio à attirer vers lui un Parti Républicain (qui l’avait d’abord rejeté) ainsi qu’une grande frange de la population qui se reconnut soudain dans ce personnage « hors système » qui n’écoutait que lui-même et dont le slogan « Make America Great again » fit mouche sous le regard dubitatif du reste du monde….

On connait la suite : quatre ans de présidence tumultueuse où le milliardaire New-Yorkais a mis en place son programme politique teinté de populisme, de climato-scepticisme, de nationalisme et de protectionnisme, fascinant les uns, agaçant ou démoralisant les autres….

Il mena un combat contre tous les ennemis de l’Amérique, dont la Corée du Nord qu’il menaça de réduire en poussière avant de se réconcilier avec son sulfureux dirigeant, Kim Jong Un, au risque de décrocher le Prix Nobel de la Paix ou de mener un bras de fer impitoyable avec l’Ogre Chinois qui avait eu la prétention de vouloir croquer « toute crue » la nation Outre-Atlantique…

Ses outrances verbales, ses Tweets aussi innombrables que ravageurs, son mépris pour le « vieux Continent », à savoir l’Europe, jugée incapable de pouvoir se défendre toute seule ou sa « virtuosité » à alimenter une Amérique coupée en deux mais auréolée de quelques réussites économiques sous son mandat auraient presque réussi à étoffer de façon avantageuse son « plumage » alors que ses ennemis mortels, « les médias » continuaient à l’assimiler à un indécrottable canard boiteux piaffant dans sa basse-cour….

Et puis le vent a tourné, provoqué par un virus aussi ravageur qu’inconnu qu’il qualifia de « grippette Chinoise » : la machine s’est soudainement enrayée, la pandémie a durement frappé le pays de l’Oncle Sam sous l’indifférence de son leader,  laissant poindre à l’horizon de noirs nuages risquant de faire semer le doute quant à sa réélection jusqu’alors acquise, surtout face à « Joe Biden » l’archétype du loser, du « vilain petit canard » qui risquait de prendre un « méchant coup de bec » de la part du « Duck » l’éternel Winner de Washington…..

On connait encore la suite :  une campagne électorale qui aura été très rude, une sorte de western politique entre deux septuagénaires prêts à en découdre pour défendre leur vision si différente de l’Amérique, mais ce combat de « vieux coqs » a tourné à l’avantage du plus sage au grand dam du plus agité….

Comme dans tous les feuilletons palpitants, le monde éberlué a pu assister aux nombreux rebondissements essentiellement provoqués par le « sortant » :  contestation du résultat, mises en place de nombreux recours en raison de fraudes jugées massives avec l’espoir ardent de pouvoir renverser la table avant l’intronisation du nouveau président prévu le 20 janvier….

On l’a vu, rien n’y a fait, même les plus fidèles, vice-président inclus, ont fini par concéder avoir perdu. Sauf notre « canard sauvage » aussi « entêté » « qu’endetté » comme aime à le rappeler certains observateurs qui voient dans son obstination à rester en poste, la possibilité de gagner du temps et  surtout de pouvoir éponger une dette personnelle jugée colossale (plus de 400 millions de dollars)....

Pourtant, le « lame Duck » aurait pu adopter une stratégie « gagnante » malgré sa défaite : fort de ses 74 millions de voix boostées par un taux de participation record, il aura réalisé le meilleur score qu’un président sortant ait jamais connu, laissant présager un « après » porteur de reconquête

Malheureusement, il a préféré opter pour une stratégie suicidaire : celle de l’obstruction, du déni et pour finir, son incitation à entrainer ses « troupes de fans « jusqu’au-boutistes « vers le Capitole pour empêcher la validation des résultats, transformant la manifestation en « coup de force" tragique, avec quatre morts et le bafouement de ce symbole de la démocratie l’on fait apparaître comme un « joueur de casino » qui fait n’importe quoi pour essayer de se refaire mais la roue a tourné et la boule est tombée sur la case « 0 »….. 

Finalement, l'ancienne star de la "Téléréalité" s'est résolu à quitter le "Loft" après quatre ans d'occupation..... Pathétique et consternant, mais gageons que sa "Story" est loin d'être terminée, hélas.....

La France Tropicale (Edito du 4 février)

 

Décidément, sale temps pour l’exécutif Français : en plus de devoir gérer quotidiennement l’interminable crise sanitaire, le voilà condamné climatique par le tribunal administratif de Paris, pour « carences fautives » dans la lutte contre le réchauffement, découlant d’une pétition surnommée « l’affaire du siècle ».

Cette dernière avait été provoquée par quatre ONG en 2019, provoquant deux millions de signatures et qui avaient donc déposé un recours jugeant le pouvoir « incapable de tenir ses engagements de réduction des gaz à effet de serre » ….

En effet, l’Etat français s’était engagé à diminuer ces émissions de près de 40 % d’ici à 2030 et dans l’instant présent, on peut dire que la trajectoire est loin d’être bonne pour y parvenir…

La décision judiciaire a été jugée « révolutionnaire » par les quatre ONG plaignante et ouvrant la voie « selon elles » à un « préjudice condamnable » que devra assumer l’Etat à chacune de ses entraves…

On peut certes comprendre la jubilation des « défenseurs de la planète » mais pas forcément l’approuver dans la situation présente, la trouvant bien peu indulgente pour un pouvoir (comme tous les autres à travers le monde) confronté à une « autre forme de cataclysme »totalement imprévisible au moment de la plainte et de facto ne plaçant plus dès lors, lesdits engagements en la matière comme une priorité absolue….

Et comme pour enfoncer le clou, voilà que « Météo France » qui nous avait habitué à la prudence en n’émettant des prévisions dont la fiabilité n’excède généralement pas plus de dix jours s’est lancé dans une vaste étude prospective sur l’évolution du climat d’ici à 2100….

Indéniablement, un travail pointu, d’une grande rigueur scientifique, calculé sur des modèles fiables mais qui donne comme résultat des prévisions alarmantes « si et seulement si » nous ne réagissons pas dès à présent.

Le scénario le plus plausible nous dévoile un pays subissant des canicules à répétition avec des pics flirtant avec les 50 degrés, des sécheresses répétées, des inondations fréquentes , etc… On l’a compris, nous risquons de connaitre des conditions climatiques de plus en plus extrêmes….

Nos éminents prospectivistes exhortent les autorités à limiter le plus rapidement possible les émissions de gaz à effet de serre sinon le mercure du thermomètre pourrait alors augmenter de près de 4 degrés Celsius à la fin du siècle et connaitre des étés torrides, bien au-dessus des normales saisonnières….

S’il est clair que ces prévisions pessimistes toucheraient également nos voisins, au vu des nombreuses autres études similaires à travers le monde, elles tendent à démontrer que « ce coup de chaud » risquait de se faire par pallier chronologique », ne dépassant pas les +1° C en cas de situation maitrisée, pour excéder les 2° dans l’hypothèse médiane et de s’envoler vers les 4° dans la pire des configurations….

Pour revenir au présent, on a pu constater des records de canicule en 2019 en France avec 45° constaté dans certaines régions françaises, laissant présager dans un futur lointain des épisodes de chaleur inquiétants qui pourraient être multipliés par dix ? même en cas de maitrise des émissions !

La vénérable institution météorologique cible certaines régions de l’Hexagone qui seraient plus touchées que d’autres, notamment autour de la méditerranée, de la vallée du Rhône et du Sud-Ouest…. Et qui subiraient des périodes estivales autant interminables qu’étouffantes….

Mais « la grande peur dans les montagnes » serait encore plus vivace que jamais, avec le constat d’une neige en raréfaction latente au-delà de 1700 mètres et une absence de gel…de quoi porter le « coup de grâce » définitif » à ces régions qui vivent déjà en « hibernation économique » pour cause de pandémie….

Pour les noctambules et les insomniaques, nous entrerions dans un cycle de « nuit tropicale » quand la température ne descend jamais en dessous de 20°. A vos ventilos, toute ! et a nous, les nuits difficiles et les lendemains pesants…. Et cela toucherait essentiellement, les régions situées au nord de la Loire….

Cerise sur ce gâteau indigeste, les épisodes de sécheresse tiendraient le haut de l’affiche, voyant les pluies parfois salvatrices répondre aux « abonnées absentes » sauf dans quelques régions du nord avec un zeste de vents forts…mais ce ne sont que des suppositions…ouf….

Allez, c’est promis :  dès que nous pourrons retirer nos masques, nous nous attellerons à ce vaste et inquiétant problème car depuis un an nous avons déjà assez vécu dans cette fournaise d’incertitude....

 

LES FEMMES AUSSI…. (Edito du 10 mars)

 

Elles sont près de 35 millions en France, représentant 52 % de la population totale du Pays et sont « l’avenir de l’homme » comme l’écrivait naguère Louis Aragon et le chantait Jean Ferrat. Je fais bien sûr allusion aux femmes, dont on a célébré la « Journée internationale » le 8 mars, comme on le fait d’ailleurs depuis quatre décennies et c’est tant mieux…

Certains assimileront cette journée à une sorte « d’Aujourd’hui Madame » du nom de la célèbre émission d’Armand Jammot qui fit les grandes heures des « après-midi » de la Deuxième Chaîne dans les années 70.

Mais ils seront hors sujet car ce magazine féminin s’adressait plutôt aux « ménagères de moins de 50 ans », généralement « femme-mère au foyer » et qui s’exprimaient sur des thèmes de société spécifiquement féminins …

D’autres, surtout des hommes, pourtant pétris de bonnes intentions se méprendront en souhaitant une « bonne fête » à toutes les femmes, comme s’il s’agissait de la « fête des secrétaires » de « la Saint-Valentin » ou encore de la « fête des mères ».

Or, cette journée du 8 mars a été créée dans un but à vocation militante….

Quand on parle de militantisme, certains y voient immédiatement la marque des mouvements féministes nés à la fin des années 60, avec leurs Pasionarias armées de banderoles déployées et au poing vengeur levé en scandant des « slogans revanchards » et qui ont fait des émules jusqu’à nos jours en pratiquant à présent un « activisme 2.0 ».

Non, il s’agit plutôt d’un militantisme pragmatique mettant en avant la lutte pour les droits des femmes et notamment pour la réduction des inégalités ou toute autre discrimination notoire par rapport aux hommes.

Grâce aux combats de Simone de Beauvoir, Gisèle Halimi ou les émissions télévision de Daisy de Galard (et son cultissime Dim Dam Dom, au générique dynamique) ou d’Eliane Victor avec « les femmes aussi », la cause des femmes a interpellé les consciences , changé peu à peu les mentalités, levé certains tabous et tenté de gommer certains préjugés….

Auparavant, il avait fallu attendre la fin de la Seconde guerre Mondiale pour qu’en France, on consente enfin à accorder le droit de vote aux femmes sans oublier 1965, pour que la femme devienne vraiment « majeure », libre d’ouvrir un compte en banque et de connaitre l’équité en matière d’autorité parentale sans en référer à son conjoint, jusqu’alors « seul chef de famille ».

Aujourd’hui, beaucoup d’entre nous affirmeront, au vu du chemin parcouru, que le monde professionnel a changé de regard en ce qui concerne la place réelle occupée par les femmes dans le monde du travail (70 % d’entre elles ont un emploi contre 50 % en 1970) et que désormais, il est convenu de dire :  les femmes ont accès à tous les métiers…

Si elles sont désormais plus diplômées que les hommes, elles demeurent néanmoins beaucoup moins nombreuses à occuper les postes de direction et que le « plafond de verre reste une réalité forte en entreprise » comme le souligne à juste titre un certain nombre d’observateurs.

Malgré de réelles avancées en matière législative pour faire bouger les lignes en imposant notamment un quota de 40 % de femmes au sein des conseils d’administration, on constate que ce chiffre s’effondre dès que l’on se rapproche des comités exécutifs pour finalement n’avoir qu’une seule femme à la tête d’une entreprise du CAC 40.

Le Ministère du Travail a imposé aux entreprises de plus de 50 salariés la mise en place d’indicateurs fondés sur cinq critères permettant de mieux mesurer les écarts de rémunération ou de promotion entre Hommes et Femmes avec à la clé, des mesures correctives selon le résultat enregistré, révélant au passage les « bons » et les « mauvais » élèves pour une telle démarche ..ces derniers étant sévèrement montrés du doigt….

Si l’on redescend de plusieurs étages dans hiérarchie, il est édifiant de constater que les femmes sont également sous-représentées dans certains secteurs « porteurs » comme ceux de l’informatique ou des filières scientifiques et d’ingénierie, généralement bien rémunérées et pleines d’avenir alors qu’elles sont à contrario sur-représentées dans d’autres secteurs comme l’éducation, les métiers de la santé ou encore les services à la personne, souvent chronophages et surtout beaucoup moins rémunérateurs…

Le monde politique a également entamé concrètement sa « mue » en imposant la parité homme-femme dans les conseils municipaux et départementaux mais qui voit encore ce juste équilibre s’effriter au Parlement ou dans les présidences régionales tout en constatant que 80 % des mairies sont dirigées par des hommes…

Ainsi, le fameux concept « travail égal, salaire égal » version homme-femme commence à se concrétiser mais en mode ralenti…La France ne se plaçant pas en tête de peloton au niveau Européen mais ne faisant pas non plus partie des plus réfractaires au changement des mentalités….

Enfin, il est clair que les Françaises continuent à penser qu’elles subissent parfois la « double-peine » : travail moins bien payé + heures supplémentaires consacrées aux tâches domestiques (3h25 par jour en moyenne contre 2h00 chez les hommes) …raison de plus pour continuer à célébrer le 8 mars, jour idéal pour ne jamais oublier à donner un « bon coup de balai » aux préjugés et autres discriminations qui font de la résistance….

 

CENT ANS DE GRATITUDE (Edito du 14 avril)

 

Ils auraient dû fêter leurs « Noces de Sienne » en fin d’année (74 ans de mariage, ndlr) mais le sort en a décidé autrement : à l’aube de ses cent ans, le Prince « qu’on sort » a tiré définitivement sa référence, laissant inconsolable son épouse de Reine qui n’envisageait pas son règne sans sa fameuse maxime : « My husband and I » ainsi que ses sujets qui avaient l’impression de l’avoir toujours connu….

Dans un pays récemment divisé à cause de l’interminable et improbable feuilleton du Brexit puis traumatisé par la douloureuse crise sanitaire, l’annonce de la disparition de Philip d’Edimbourg a provoqué une très vive émotion de l’autre côté de la Manche et probablement dans tout le Commonwealth…

Une émotion qui a même affecté les « mangeurs de cuisse de grenouilles et d’escargot » que nous sommes et pas uniquement les lecteurs de « Point de vue-Images du Monde », certainement séduits par ce « prince sans rire » parfaitement francophone, gaffeur hors normes mais à l’humour décapant qu’il fallait mettre au deuxième voire troisième degré pour ne pas le juger raciste ou politiquement incorrect…

C’est l’histoire d’un jeune homme de lignée princière qui voit le jour à Corfou dans une Grèce en pleine ébullition qui le conduira lui et sa famille Cosmopolite vers le chemin de l’exil, notamment en France à Saint-Cloud (Very Much, aurait renchéri ce vieux farceur) avant de rejoindre l’Angleterre, pays d’une de ses ancêtres la Reine Victoria où il rejoint l’école des Cadets de la Marine….

C’est à l’aube de la seconde guerre mondiale qu’il rencontre ses cousines les sœurs Windsor dont Elizabeth, 13 ans, fille du Roi George VI, qui tombe immédiatement amoureuse de lui, ce prince déchu et apatride.

On connait la suite : malgré les réticences paternelles, la passion l’emporte sur la raison, le couple convolera en justes noces en 1947, dès la majorité de la future Reine qui a réussi à épouser son « Prince Charmant » avec lequel elle compte avoir beaucoup d’enfants (en fait quatre, ce n’est déjà pas si mal).

Il devra cependant faire quelques concessions : devenir un « parfait British » et troquer sa foi Orthodoxe pour l’Anglicanisme, l’amour impliquant parfois beaucoup de sacrifices comme on pourra le constater plus tard...

Les premières années seront idylliques…Il sert dans la Navy et caresse l’espoir d’avoir le même destin naval que son « père de substitution » l’héroïque Lord Mountbatten (qui périra sur son bateau en 1979, assassiné par l’IRA provisoire) dont il a pris le patronyme et vit sa longue lune de miel dans une douce insouciance.

La brutale disparition de son beau-père Georges VI met un terme à cette vie de grande liberté, obligeant le capitaine au long cours et surtout sa dulcinée, la princière héritière à changer de vie : voilà que cette dernière devient Reine d’Angleterre et de tout ce qui s’y rattache à travers le monde…bref la perspective de vivre au coeur d'une prison dorée...

Philip Mountbatten est contraint de rester définitivement à quai et en outre se retrouver toujours à trois pas derrière Madame Windsor… du moins au niveau protocolaire… Il sera fait Altesse Royale et Duc d’Edimbourg, on se console comme on peut…

Le couple fait cependant un deal : « elle portera la couronne » côté cour et lui portera « la culotte » côté jardin… En privé, il sera le « chef de la famille », celui qui s’occupe des enfants, s’avérant au passage un père plutôt autoritaire et qui entretiendra des relations difficiles avec son aîné Charles qui ne lui « ressemble pas » ….

Mais il sera quand même un père absent, : entre 1952 et sa retraite en 2017 (à 96 ans, tout de même), sa vie quotidienne sera rythmée par un emploi du temps millimétré, bien huilé à l’ordre protocolaire :  il assistera plus de 22 000 manifestations, publiques, fera 200 fois le tour du monde, accomplissant 600 voyages officielles et prononçant plus de 5000 discours… lui laissant cependant quelques moments de loisirs pour assouvir sa passion du sport équestre…

A contrario, il sera un grand-père attentionné surtout dans les moments difficiles, appréciés de ces petits-enfants dont Harry, le « Bad Boy » qui a loué son soutien sans faille à sa Grand-mère de Reine et surtout ses talents de « Maitre du barbecue », un joli compliment pour celui qui était le seul à appeler la Reine : « ma petite saucisse » !

A la tête de la « Firme » cette PME familiale largement excédentaire qu’est la famille Royale où il est recommandé d’être formaté, comprenez : savoir serrer les fesses, courber l’échine et surtout ne pas faire d’entorse au fameux protocole, le Prince Philip aura su trouver finalement sa place, en sachant se rendre indispensable au cœur d’une monarchie dont le mode de fonctionnement voire la survivance semble être « une anomalie des temps modernes ».

En outre, il n’aura cessé de distiller un humour parfois si décalé et crut donner son avis sur des sujets généralement tabous qu’il aura maintes fois failli provoquer un incident diplomatique aussitôt pardonné par son épouse : on ne change pas une équipe qui gagne !

« Le Prince sans rire » a donc tiré sa référence et il sera enterré ce Samedi 17 en toute simplicité (« à la sauce Windsor, quand même), laissant un « grand vide » pour ses proches et pour tous les Britanniques qui le croyaient éternel.

Une page historique se tourne, mais comme dirait la Dame aux multiples chapeaux, malgré ce « grand vide », elle compte bien faire le job jusqu’au bout avant d’aller rejoindre son prince charmant .

« Show must go on » ….

 

NAPOLEON SOLO (Edito du 5 mai).

 

« C’est une ile perdue au milieu de l’Océan, un jardin merveilleux, un spectacle permanent » chantait naguère la « Compagnie Créole » à propos de sa chère Caraïbe mais ici, il s’agit plutôt d’une autre ile perdue située au sud de l’Atlantique qui porte le nom de  Saint Hélène…

 C’est là-même que Napoléon Bonaparte, ex-Empereur des Français et Aspirant-Maître de l’Europe s’est éteint, il y a tout juste deux siècles, cinquante et un ans après avoir poussé ses premiers hurlements sur une autre ile, cette fois-ci  située en Méditerranée : la Corse….

Autant dire que cette « commémoration » fait grincer beaucoup de dents dans le Landerneau médiatique. Certains esprits intransigeants s’offusquent de voir un hommage rendu à un despote pas toujours éclairé et plutôt mégalomane tandis que d’autres y devinent au contraire une marque de reconnaissance pour un personnage historique qui aura laissé une empreinte indélébile dans notre récit national….

Déjà, lors du bicentenaire de sa naissance en 1969, la commémoration déjà « ultra-médiatique » de l’évènement avait suscité autant de polémiques qu’aujourd’hui, certains se risquant même alors à faire un parallèle hasardeux entre la « résurrection » de ce personnage historique et le départ d’un autre « géant » qui venait juste de quitter le pouvoir après un référendum perdu….

La France « sous cloche » de 2021 n’hésite pas à « déboulonner ses « statues » (ou « vaches sacrées ») qui naguère occupaient les premières loges de l’histoire de France : pour exemple, un Jules Ferry, père de l’Ecole obligatoire désormais pointé du doigt comme colonialiste sanguinaire en Indochine.

 Sans oublier un Colbert considéré d’abord comme un Grand commis de l’Etat pour finalement être accusé d'avoir été un infâme marchand d’esclaves sans oublier dans une période plus contemporaine,  la dégradation nationale d’un Maréchal Pétain, d’abord considéré comme « le Héros de Verdun », « sauveur de la France » et couverts d’honneurs avant de terminer son existence également en exil sur une île, celle d’Yeu pour avoir été le « promoteur » d’un « Etat Français », porteur de pages très sombres et honteuses de la Seconde Guerre Mondiale…

Pour l’observateur d’aujourd’hui, Napoléon continue à faire le « Buzz » justement parce qu’il est à lui seul un sujet de curiosité qui semble intarissable : on le sait, les publications le concernant sont considérables, on en recense à ce jour plus de 80 000 depuis sa disparition, un chiffre qui devrait encore gonfler avec ce « Bicentenaire »et qui peut d’emblée s’avérer comme une « excellent opération marketing » et ce, malgré les critiques et les polémiques qui jaillissent de partout….

« Le roman de Napoléon est tellement bien fait qu’il ne cesse de fasciner », estime l’universitaire Avignonnaise, Natalie Petiteau qui a comme elle le confiait au journal « Le Monde » a tenté d’apporter un éclairage nouveau sur ce personnage dont on croit tout savoir dans cet océan de biographies saturées.

 Né dans une famille de la petite Noblesse dans une Corse devenue Française, un an plus tôt, le petit Napoleone arrive sur le Continent à l’âge de 9 ans pour y apprendre le métier des armes à l’Ecole de Brienne (Aube), l’enfant déraciné d’Ajaccio, frêle et timide, vit ses premières années dans un relatif anonymat avant de forcer le destin et de devenir un chef de guerre redouté,  prenant du "galon" de façon éclair en devenant Général, Consul puis Empereur.

Aux succès militaires incontestables  (quoique parfois enjolivés pour la postérité) rencontrés à Eylau, Wagram, Marengo ou Austerlitz face aux ennemis héréditaires Autrichiens ou Anglais (qui finiront par avoir le dernier mot à Waterloo), Napoléon apparait aujourd’hui en outre,  comme un « réformateur » des institutions  avant l’heure : on lui doit la création du Code civil, des lycées ou des préfets mais également de la Banque de France et du  Franc-Germinal, véritable facteur du développement économique du Pays…

Mais son appétit de pouvoir très autoritaire , son népotisme arrogant et sa fièvre hégémonique ont fini par avoir raison de son insolente réussite : la formation de coalitions étrangères et ses erreurs stratégiques (l’invasion Espagnole et surtout la Retraite de Russie) ont réussi à l’abattre comme un vulgaire château de cartes….

Pourtant Napoléon a été une source d’intérêt du fait qu’il fut de facto une synthèse entre « la Révolution Française » et de ses principes novateurs dont il s’était nourri et « la République » dont il a porté les fondamentaux (et peut être sa doctrine : le Bonapartisme …) sur les fonts baptismaux…

En définitive, détracteurs ou admirateurs, nous avons tous quelque chose de Napoléon, nous les « Grognards » du XXI ème siècle, une fois pessimistes sur la morne plaine de Waterloo , une autre fois devenus guillerets sous le soleil d’Austerlitz…

 

 

 

BALLE DE MATCH (Edito du 15 juin)

 

Ce n’est pas toujours évident pour la plupart d’entre nous et c’est pour ça qu’il est bon de le rappeler : un match de tennis n’est gagné que lorsque la Balle de Match a été réussie par un des deux joueurs, tout comme un match de Football n’est remporté que lorsque l’arbitre siffle la fin de la partie.

En politique, c’est la même chose : tant que le dernier bulletin de dépouillement n’a pas été comptabilisé, inutile de faire le « V » de la Victoire au risque d’avoir une cruelle désillusion…

Ce dimanche dernier, sur la terre battue de Roland Garros, le « Temple du Tennis » se sont affrontés pendant quatre heures et en plein soleil, le N°1 mondial, le Serbe (mais résident Monégasque) Novak Djokovic et le N°5, le Grec (mais également résident de la Principauté) Stéfanos Tsitsipas.

Un véritable choc des « Titans » entre le Seigneur des Balkans et l’apprenti-dieu de l’Olympe, une éprouvante « bataille de Marathon » qui a d’abord beaucoup profité au second qui réussissait avec insolence tout ce qu’il entreprenait face à un adversaire méconnaissable, qui a frôlé la catastrophe en manquant se tordre la cheville…

La fatigue était certainement une des causes du « passage à vide » du sympathique Novak qui, l’avant-veille, avait eu l’audace de faire mordre la poussière à son éternel rival, le « Taureau de Manacor » au cours de 5 sets autant incertains qu’épuisants…

« El Rey Rafa » a donc perdu sa couronne, lui « le quasi-indéboulonnable Patron sur le Court Philippe Chatrier » face à « un meilleur client que lui pour une fois » devant se contenter (ou pas) de regarder à la TV la première finale sans lui…

Mais on le sait, l’ultime confrontation de ce tournoi est toujours riche en rebondissements et le jeune Grec, qui revêtait pour la première fois les habits du « challenger » sérieux a vu son rêve se briser au troisième set, victime de la « Technique Djoko » ….

Une technique qui va finir par être brevetée par son dépositaire tant elle risque de faire de nombreux émules dans moults domaines : au cœur de la « tourmente » porteuse des germes de la défaite, le Serbe a pu faire un « break » aux vestiaires…le temps de quelques minutes pour revenir avec une nouvelle tenue et surtout des « batteries » rechargées à bloc qui lui ont permis d’inverser la vapeur et de gagner finalement la partie.

Ayant déjà pris la même option lors de sa confrontation avec l’Italien Musetti et qui lui a également porté chance, beaucoup de téléspectateurs sont restés néanmoins intrigués par ce curieux rite, entaché de nombreuses interrogations voire de soupçons…

Pour « Djoko le miraculé » il s’agissait simplement d’intégrer un « sas de décompression », doublé d’une très rapide mise en application de la « Méthode Coué », ce que les commentateurs avisés aiment expliquer pas « Lorsque l’on est cuit, la gestion du Mental reste importante » et le « port symbolique de la nouvelle tenue permet d’exorciser l’ancienne » … Dont acte…

Cette méthode du « vestiaire » est donc un cas d’école : notamment pour ceux qui trouvent interminable la « sortie de crise sanitaire » : il suffit de rester « quelques minutes reconfinés en changeant de masque » puis ressortir pour « humer le bon air de la vie d’avant » et le tour sera joué…

Ou encore un Joe Biden qui pourra s’absenter deux minutes aux toilettes lors de sa confrontation avec Poutine, qui a la sournoise tendance à lui « empoisonner la vie » pour lui décerner tous les noms d’oiseaux possible » : au retour, reprise des bonnes relations diplomatiques garanties…

La même chose pour les électeurs (du moins ceux qui se déplaceront dimanche prochain) qui pourront s’isoler quelques « secondes dans l’isoloir » pour changer le bulletin qu’ils avaient initialement prévu de mettre dans l’urne) …. Les introspections furtives sont parfois à l’origine d’évènements autant inattendus qu’heureux.

 

LA NUIT DE BUCAREST (Editorial du 1er Juillet)

 

Naguère, on connaissait « l’angoisse du gardien de but au moment du penalty », ce lundi 28 juin, on a constaté la « soudaine détresse de l’attaquant-vedette de l’Equipe de France au moment de la séance des tirs au but ».

La suite a été aussi tragique qu’inattendue : l’élimination dès les 1/8ème de finale du Champion du Monde et grandissime favori de cet Euro décalé (comprenez : de 2020 à 2021), éliminé par son vaillant voisin helvète, sur lequel aucun parieur digne de ce nom n’avait misé le moindre franc suisse….

Et pourtant, l’inimaginable est arrivé dans la « nuit de Bucarest » sous l’écrasante moiteur Roumaine qui ressemblait étrangement à celle non moins étouffante de « Séville » qui s’était déroulée trente-neuf ans plus tôt au cœur de la péninsule ibérique…quand la Bande à Platini, menait 3-1 face à la redoutable équipe de RFA, à dix minutes de la fin logiquement promise à une première finale de son histoire....

Mais le scénario fut quasi identique, la « remontada » teutonne avait finalement permis l’égalisation dans les prolongations avant de l’emporter dans l’épreuve des « tirs au but » que les observateurs fatalistes surnomment avec raison: la « loterie » ….

Heureusement, cette fois-ci pas de vilain gardien Schumacher qui assomme un quelconque Battiston qui se présentait devant sa cage sans que l’arbitre ne siffle rien, probablement occupé à essuyer ses verres de contact alors qu’aujourd’hui, il se précipite illico presto vers la VAR pour confirmer s'il y a bien un hors-jeu pour deux centimètres….

Non, cette victoire de David contre Goliath est logique : les « héros » de 2018 étaient « fatigués » tout en étant persuadés d’écraser ses « petits suisses » certes volontaires mais peu suspects d'espére d’inquiéter "l'invincible armada" qu'ils avaient l'honneur d'affronter...

Après une première mi-temps catastrophique (doux euphémisme) sauvé par un Penalty arrêté par un Hugo Lloris dont chacun sait que c’est pourtant un des seuls maillons faibles de sa brillante carrière puis une deuxième mi-temps « requinquante » (encore l’effet Djokovic : un petit coup de vestiaire et le mental revient au grand galop), un doublé du revenant Benzema et un coup de génie de l’incontournable Pogba ont pu faire croire à un « retour à la normale » : on connait la suite : des tricolores qui vont finir par se prendre les pieds dans un tapis qu’il pensait volant….La grande désillusion…

Dans la nuit Roumaine, dans ce pays qui a vu naître Ionesco, on a assisté à une forme de « théâtre de l’absurde » où la « Cantatrice chauve » a fini par s’arracher les cheveux et ceux du sélectionneur Didier Deschamps dans la foulée…….

Mais comme dirait ce dernier : « tant au niveau technique que tactique » l’équipe de France n’a pas été à la hauteur des enjeux, mais c’est le football, qui prouve une fois de plus que cet « opium du peuple » fait parfois toussoter à défaut de transcender… « nous avons manqué de tout » a pu soupirer un Raphael Varanne plus lucide sur l’état des lieux que propice à la flagellation collective…

Mais les Bleus qui verront la finale sur un écran de télévision à défaut de la disputer sur le terrain auront au moins emporté dans leur besace du retour, plusieurs lots de consolation : les Portugais qui avaient eu l’insolence de les battre en 2016 ont déjà regagné les rives du Douro, les vice-Champions du Monde Croates ont rejoint les Carpathes sans oublier les pragmatiques allemands qui ont également rangé les crampons, démentant le fameux adage « à la fin, c’est toujours l’Allemagne qui triomphe » ….

En attendant de retrouver des cieux plus cléments, avec ou sans le très « capé » Didier Deschamps, perdant d’un soir mais qui ne manquera surement pas de souhaiter bonne chance à ceux qui vont continuer à « mouiller le maillot » sur le gazon torride et surtout en leur formulant avec un indéniable fair-play : « A présent… que le meilleur gagne… !»

LES CERFS-VOLANTS DE KABOUL (EDITO DU 23/08

 

Vingt ans après…

Non, il ne s’agit pas de la suite des « Trois mousquetaires » mais plutôt du retour au pouvoir des Talibans en Afghanistan, tout juste deux décennies après en avoir été chassé par la coalition internationale menée par les Etats-Unis….

Retour en arrière : 2001, fut une « Anno horribilis » avec l’assassinat du Commandant Massoud, « le lion du Panshir » suivi deux jours plus tard par l’effondrement des deux tours du World Trade Center et le début de la longue traque contre Ben Laden, auteur des méfaits et que les Talibans refusaient de livrer…

Entre 1996 et 2001, ces « fondamentalistes » dont la très grande majorité est d’origine Pachtoune (l’ethnie majoritaire dans ce pays d’Asie centrale) mirent en place un régime de terreur au cœur de ce pays plus grand que la France, peuplé de près de 40 millions d’habitants : application rigoureuse de la Charia, fermeture des écoles, suppression de nombreuses libertés individuelles et des loisirs (cinéma, musique, et même les cerfs-volants) sans oublier bien sûr le sort tragique qui fut réservé aux femmes.

Dans les deux décennies qui suivirent, la coalition permit de façon quelque peu chaotique l’instauration d’une République Islamique modérée, un retour à une vie sociale plus apaisée et le soutien logistique des armées alliées… Mais la période ne fut pas pour autant, un long fleuve tranquille dans ce pays sans façade maritime, loin de là….

La guerre contre un ennemi certes provisoirement chassé mais qui n’en avait pas pour autant baisser les armes, se promettant même de reconquérir un jour son « Emirat perdu », ce qu’il recommença à faire lentement mais surement jusqu’à ce 15 août 2021 où il a pu rentrer triomphalement dans Kaboul sans opposer la force et provoquant la fuite de l’actuel président Ghani qui s’est fendu d’un laconique « les Talibans ont gagné » ….

L’histoire ne se répète peut-être pas mais elle bégaie très certainement…Les vainqueurs d’hier ont ainsi dû « capituler », impuissants à éradiquer ce « retour vers l’enfer ».Certes les Américains rétorqueront qu’ils avaient l’intention de « quitter les lieux dès septembre, au vu d’une mission qu’ils jugeaient accomplie » mais déjà les critiques ont fusé en direction de Joe Biden, accusé de s’être « précipité » dans ce désengagement, permettant de facto de laisser le « champ libre » aux futurs conquérants face à une armée Afghane aussi peu vaillante que défaitiste…

A présent, les nouveaux maîtres de l’Afghanistan contrôlent la quasi-totalité de la Capitale, à l’exception de l’Aéroport international où l’on a pu assister à la mise en place d’un véritable « pont aérien » afin de rapatrier le « maximum de monde possible » mais dans une ambiance de panique voire de chaos qui avait des faux airs de « chute de Saigon » en 1975 même si le contexte est bien différent….

La panique et la détresse d’une population effrayée à la perspective de « retourner en arrière » sans oublier bien sûr l’amertume des soldats de la coalition, tels les Français qui ont vu 89 des leurs « tomber au Champ d’honneur » auront pu soupirer « tout ça, pour ça ».

Emmanuel Macron est rapidement intervenu pour rappeler que la France se devra de rapatrier le plus tôt possible nos ressortissants mais également les Afghans qui ont aidé notre pays (guides, interprètes) et qui risquent à présent des représailles de la part des « vainqueurs de Kaboul ». Ces derniers risquant de provoquer un « exode massif » de la population vers les pays voisins mais bien sûr vers l’Occident…

Dans cette perspective, l’opinion française a pu se diviser en deux camps : celui des « partisans d’un accueil massif », l’autre d’un droit d’asile limité et répondant à des critères d’« humanisme »… On devine que la réponse apportée sera entre les deux….

Pendant ce temps, les Talibans cherchent une « reconnaissance internationale » voulant justifier leur « retour aux affaires » par la déliquescence d’un pouvoir « fantoche », corrompu et à la tête d’un pays divisé et aux rivalités ethniques très fortes et d’insister sur le fait que « le taliban nouveau » n’a rien à voir à celui des années 2000 : il est à présent « connecté », se veut plus ouvert, affirmant ne pas vouloir « faire de chasse aux sorcières » , d’accorder plus de droit aux femmes et surtout conscient que « Kaboul » est une ville cinq fois plus importante qu’il y a vingt ans, du fait de l’exode rural  et dont les mentalités sont bien différentes de celles des provinces éloignées…

Malgré une conférence de presse qui se voulait rassurante confirmant leurs intentions, peut-on vraiment les croire ? Rien n’est moins sûr : passée la fin des « évacuations » sur l’aéroport de Kaboul, il est à craindre que les « méfaits » d’hier connaissent une grosse piqûre de rappel, et en outre accompagnés des « variants » : les Talibans, naguère trafiquants de drogue, spécialistes des guérillas avec le soutien du Pakistan pour mater tous les éléments réfractaires (Panshir, régions du sud)  et promoteur de l’Impôt Islamique savent que le pays est riche en « minerais » qui attisent la convoitise des Chinois qui apportent en plus un soutien appuyé notamment dans la lutte contre l’Etat Islamique (qui comporterait des Ouigours dans ces troupes), mais n’oublions pas la proximité feutrée avec l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis.

Pendant ce temps, une timide résistance tente de s’organiser : on a vu le fils du Commandant Massoud écrire une lettre au Président Macron pour supplier les occidentaux de ne pas tourner  trop vite  la page de cette « tragédie afghane » mais cela suffira-t ’il à alerter les « consciences » ?, une fois de plus, rien n’est moins sûr : ce conflit onéreux et finalement stérile dans lequel ils se sont embourbés  et la hantise de grandes migrations peuvent détourner un Occident devenant sourd à la « grande peur » dans la montagne Afghane et que la vision de cerfs-volants errant dans le ciel en quête de liberté peut paraître dérisoire….

 

ITINERAIRE D’UN ENFANT BIEN-AIME (Editorial du 9 Septembre).

 

1949 : Nous sommes à Allanche, une petite localité du Cantal où séjourne alors un jeune Parisien de 16 ans, victime d’une primo-infection tuberculeuse et qui est venu ici pour humer le bon air du Massif central et subconsciemment découvrir sa vocation : il sera acteur.  En effet, c’est en faisant le pitre sur une scène devant ses camarades d’infortune qu’il s’aperçoit qu’il ne laisse pas indifférent son public…

De toute façon, les études, ce n’est pas vraiment son « truc » à cet enfant turbulent, voire bagarreur qui se fait renvoyer de la plupart des établissements scolaires qu’il fréquente…

Mais bon, « le petit » comme l’appellera plus tard Monsieur Gabin (avec lequel il tournera au début des années 60, « un singe en hiver ») est né sous une « bonne étoile », ses parents sont de grands artistes : d’abord son père Paul,  qui est un sculpteur renommé (et dont il défendra avec force la mémoire après la disparition de ce dernier) mais également sa mère Madeleine qui est une artiste peintre de talent. Le couple s’est rencontré aux beaux-arts et encouragera la vocation artistique de leur rejeton… sans oublier que son frère Alain deviendra producteur et  que sa sœur Muriel sera danseuse et comédienne…

Lui est un sportif accompli :  amateur de foot, de tennis et surtout de boxe, fréquentant assidument les salles de combat dès la fin des années 40 et où il y rencontrera son futur meilleur copain « Charlot » alias Charles Gérard, acteur et réalisateur tout en raccrochant assez vite les gants car pour « vivre de la boxe, il faut avoir faim en plus d’avoir "la haine", ce qui n’est pas mon cas » avouera-t’il plus tard…préférant finalement brûler les planches…… et l’avenir lui donnera raison….

Il a 17 ans, il s’appelle Belmondo et il doit également se faire un prénom : « Jean-Paul » comme pour se démarquer de son père Paul (alors qu'il donnera ce même prénom à son propre fils)...mais les débuts ne seront pas faciles et notre enfant de la bourgeoisie parisienne bouffera même un peu de "vache enragée" avant d’être véritablement révélé au Grand Public en 1960….

Malgré les réticences de ses professeurs de théâtre qui ne croient pas vraiment en lui, c'est un doux euphémisme : « il n’arrivera jamais à prendre une femme dans ses bras » ou « il ne percera pas avant 50 ans », entend-on en coulisses tandis que sur scène, il est adulé par ses camarades du Conservatoire (lieu qu’il a fini par intégrer non sans mal), devenant même le « chef de la bande » qui compte également Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Pierre Vernier ou encore Françoise Fabian (ces deux derniers étant les derniers survivants de cette époque).

Il sortira d’ailleurs du Conservatoire avec un tout petit accessit le privant d'un accès à la Comédie Française, une fois de plus boudé par le Jury tandis que ses fidèles compagnons le porteront en triomphe…déjà un héros populaire et un ami fidèle comme il le demeurera jusqu’à la fin de ses jours….

On connait la suite : en 1957, il tourne un court-métrage « Charlotte et son Jules » réalisé par Jean-Luc Godard qui le doublera d’ailleurs avec son accent vaudois si reconnaissable (notre héros ayant une extinction de voix) puis commence à s’imposer dans « les Tricheurs » de Marcel Carné avant d’exploser dans « A bout de souffle » d’un Godard qui le fera tourner une dernière fois dans « Pierrot le Fou » en 1965….

Celui que l’on appelle pas encore Bebel va devenir un des acteurs fétiches de la « nouvelle vague » tournant avec Truffaut, Chabrol, Louis Malle,  Peter Brook (Moderato Cantabile avec Jeanne Moreau) mais également avec Melville dans le « Doulos » et surtout « Léon Morin prêtre », alternant entre cinéma d’art et essai (avec un succès souvent d’estime) et cinéma populaire (Verneuil, avec un « singe en Hiver » où il se frotte au patriarche Gabin qui voit en lui son «fils »spirituel), avec de Broca et son délicieux « Homme de Rio » ou encore « les tribulations d’un Chinois en Chine)….

C’est dans les années 60 qu’il tournera le plus, en France comme en Italie mais ne se frottera jamais au « Cinéma Américain » contrairement à son « frère ennemi » Alain Delon qu’il affrontera d’ailleurs dans « Borsalino » en 1969.

Il devient un champion du box-office avec des films comme « Le Cerveau » de Gérard Oury ou le « Casse » de Verneuil (avec lequel il avait également tourné « Un week-end à Zuydcoote).

Et les années 70 marque l’apogée de la carrière de Jean-Paul Belmondo, acteur « bankable » et adulé, devenu producteur heureux (souvent), cascadeur culotté notamment dans les scènes à couper le souffle de « Peur sur la ville », se composant un personnage de « super-héros », flic solitaire et pas trop regardant sur la procédure….

Mais celui qui est devenu « Bebel »,  et de façon décontractée le « tombeur de ces dames », partageant la vie des plus belles actrices du moment (Ursula Andress, Laura Antonelli) reste également un « chef de bande de..copains » n’omettant jamais de s’entourer de ses plus proches amis lors des tournages (Rochefort, Marielle, Michel Beaune, Pierre Vernier  ou Bruno Cremer qu’il affronte sans merci dans « l’Alpagueur » de Philippe Labro) et bien sûr est un père attentif comme il sera plus tard un grand-père attentionné….

Le champion du Box-Office (seulement concurrencé dans un registre différent par Delon et De Funès) s’attire cependant les foudres de la critique qui fustige ce cinéma jugé trop commercial et cédant à la facilité, bien éloigné des premiers films de l’acteur dont certains ont une place enviable dans les cinémathèques mais finalement, comme on dit toujours, c’est le public qui a toujours raison (enfin presque)..

Bebel est un acteur aimé, une «superstar » « made in France » mais pas franco-français pour autant car sa notoriété dépassera indéniablement les frontières de l’Hexagone…. C’est celui avec lequel on aime passer un bon moment en visionnant une cassette VHS ou en rigolant sur le film du Dimanche soir en première partie….le spectateur bon public sait qu’il en aura de toute façon pour son argent….

Mais les années 80 marque un léger déclin dans la carrière de l’acteur qui sans « être a bout de souffle » va retourner vers ses premières amours, à savoir le théâtre ou il retrouvera un « nouveau souffle »  notamment avec Robert Hossein….

Pourtant l’acteur continuera de tourner, toujours populaire mais vierge de tout prix decerné (dans les nombreux festivals internationaux) jusqu’à ce jour de 1989, où il obtient enfin un « César » avec « itinéraire d’un enfant gâté » de son copain Lelouch et qu’il…refusera, comme un « pied de nez » à ceux qui l’avaient « snobé » durant toutes ces longues années et parait-il,  parce que la « statuette » n’était pas une œuvre de son père….

Belmondo délaissera progressivement le cinéma commercial de Lautner et de Deray et les cascades qu’il réussit de moins en moins (âge aidant) pour travailler avec la nouvelle génération dont l’étonnant « Peut-être » de Cédric Klapisch, notamment…

On le sait, les années 2000 seront plus douloureuses pour l’acteur pour plusieurs raisons : d’abord victime d’un AVC sèvère lors d’un séjour en Corse chez son vieux copain Guy Bedos, il en réchappe in-extrémis mais en gardera des séquelles qui mettront sa carrière entre parenthèses : difficultés d’élocution et de locomotion (se déplaçant a présent avec une béquille) mais l’acteur-producteur et directeur de théâtre l’affrontera avec courage, restera un séducteur invétéré et toujours un formidable copains qui pleure de la disparition progressive de sa « garde prétorienne » (notamment celle du « Conservatoire ») pour en côtoyer une nouvelle, composée des valeurs sûres d’aujourd’hui (dont Dujardin, Canet ou Lellouche) sans oublier d’autres complices (Dugléry, Anconina, Boujenah, etc…)….

Le Bebel qui fut naguère boudé dans les  jurys obtient enfin la consécration en se voyant décerner de nombreux trophées suivi de longs applaudissements d’un public et de jury cette fois-ci à l’unisson….sans oublier d’être décoré Grand officier de la légion d’honneur…

Mais « Bebel » super-héros toujours sérieux sans se prendre jamais au sérieux savait contrairement à son public qu’il n’était pas immortel et que la mort viendrait le faucher paisiblement, ce fut le cas ce 6 septembre dernier….

On connait la suite : émotion considérable et unanime pour un homme bienveillant et jovial malgré les épreuves et qui n’avait pas d’ennemis, un homme hors normes mais qui avait su rester accessible, évitant la paranoïa d’un star system qui peut être auto- destructeur…mais le jeune débutant de naguère dont le nez cassé par les bagarres avait été son « signe particulier » qui avait changé quelque peu la face de son existence : « ce n’était pas un cap, c’était une péninsule » aurait murmuré ce « Cyrano » et qui lui a permis de ne pas rester figurant et de pouvoir s’envoler au firmament des étoiles tout en gardant les pieds sur terre..

L’homme Belmondo a connu une ultime reconnaissance de ses pairs avec la cérémonie des Invalides : aussi réussie que sobre et fortement chargée d’émotion…on lui devait bien ça, à celui dont tout le monde rêvait d’être le copain….Les mots justes de son « clan familial » notamment prononcés par un de ses petits-fils ont résonné avec force et émotion dans la cour ensoleillée de ce lieu chargé d’histoire…

 Sans oublier le final grandiose : le départ de son cercueil accompagné de « Chi mai » (issu du film « le Professionnel ») du maestro Ennio Morricone : la classe, jusqu’au bout….

« Bye bye, Bebel » comme l’a rappelé le Président de la République ou encore le simple mais riche « Merci » de la foule venue se recueillir sur son cercueil exposé aux Invalides…

Ainsi on a assisté au clap d’une histoire d’amour et d’amitié entretenue pendant plus de 60 ans et que l’on pourrait finalement baptiser « itinéraire d’un enfant bien-aimé »….

MON ROYAUME POUR UN SONDAGE (Edito du 26 Octobre)

 

Nous sommes en 1938,  Jean Stœtzel, un ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure,  bien que fraichement reçu au concours de l’Agrégation de Philosophie cherche toujours sa voie : il va enfin la trouver en effectuant un stage Outre-Atlantique à la prestigieuse Université de Columbia et découvrir les travaux de George Gallup, cet ancien journaliste devenu Statisticien que l’on surnomme alors « le roi des Sondages »….

Le jeune Français de 28 ans est de facto convaincu qu’il est important d’exporter sur le vieux Continent cette méthode d’investigation d’une rigueur scientifique établie et qui permet de pouvoir tester à un instant donné l’état de l’opinion .

C’est alors qu’il rentre en France et crée au mois de Novembre de la même année : l’Institut Français d’Opinion Publique (IFOP), à un moment où notre pays et ses voisins vivent une période très trouble symbolisée par les « récents Accords de Munich » dit « ceux de la dernière chance » : quand l’Angleterre et la France pensèrent ( ?) avoir conclu un « accord a minima » pour sauver la paix face à une Allemagne plus menaçante que jamais (épaulée par son allié Italien) en acceptant de sacrifier la Tchécoslovaquie aux volontés hégémoniques du « Führer » dont ils étaient pourtant venus plaider la cause en plus de vouloir éviter un deuxième conflit mondial….

Un premier sondage avait été réalisé par les équipes de Stœtzel peu avant les négociations et dont les questions portaient plutôt sur la politique intérieure, notamment économique menée par le Gouvernement du Front Populaire et qui montra que les « sondés » désiraient un changement de cap  en profondeur , tandis que quinze jours  plus tard, dans un second sondage plus tourné sur l’International, les « même sondés » plus fatalistes que jamais sur l’imminence de la guerre, plaçaient à présent les priorités sur un gros « effort » à opérer en matière d’armement….

C’est sous la Vème République que les sondages connurent leur apogée et leur réputation de « fiabilité »… notamment à partir de 1965, année de la première élection du Président de la République au suffrage universel et où apparut également en France, le concept de « Marketing Politique » importé une fois de plus des USA et lancé par le publicitaire Michel Bongrand chargé de la campagne de son « poulain » :  le centriste Jean Lecanuet qui brouilla le duel attendu De Gaulle-Mitterrand en provoquant un « ballotage » inattendu pour le « sortant »…

Pourtant, les sondages avaient prédit ce ballotage mais au résultat plus serré, étant aidés   par un instrument de mesure connexe des intentions de vote que constituaient alors les Renseignements Généraux…

Ce support nouveau et en pleine expansion qu’était en train de devenir la Télévision changea également beaucoup la donne, permettant pour la première fois à l’opinion de découvrir non seulement le visage de l’opposition mais son expression, jusqu’alors bridés par une télévision quelque peu garrotée par le pouvoir mais permettant également l'avènement des « petits candidats » souvent marginaux qui pouvaient alors connaitre de façon espérer : leur « quart d’heure de célébrité » durant les campagnes qui suivirent… et de pouvoir ainsi « grapiller » quelques miettes de pourcentage dans les sondages….

Mais la relative « fiabilité » des sondages, exempts alors de grosses surprises était également facilitée par le scrutin majoritaire permettant de dégager des « majorités » claires et indiscutables (sauf pour les amateurs de proportionnelle le jugeant inique car ne reflétant pas la réalité des suffrages exprimés) et surtout une vie politique bipolaire : d’un côté la Droite et de l’autre la Gauche….

A partir de cette élection et dans toutes celles qui suivirent, les instituts de sondages se développèrent, outre l’IFOP, la Sofres, créée en 1963 par Pierre Weill (à l’origine Journaliste, mais à ne pas confondre avec son homonyme connu sur les ondes de France Inter) et longtemps incarné par Jérôme Jaffré, puis plus tard, l’Ipsos avec le truculent Jean-Marc Lech ou l'institut Louis-Harris avec  Roland Cayrol sans oublier ses autres éminents collègues:  Pascal Perrineau ou encore Olivier Duhamel (avant sa disgrâce) jusqu’à aujourd’hui  avec Jérôme Fourquet, Frédéric Dabi, Brice Teinturier ou encore Gael Sliman , etc…

Les « Politologues » devinrent alors les « Guest stars » des soirées électorales où ils décortiquaient avec précision les résultats, en adéquation parfaite avec leurs propres études effectuées antérieurement à la campagne.

Mais déjà certaines critiques fusèrent sur les fameuses « marges d’erreur » qui pouvaient contrarier finalement les résultats escomptés par les vaincus du jour tandis que les vainqueurs souriaient sous cape de ces erreurs d’appréciation (en fait souvent dues aux imprécisions ou pieux mensonges des « sondés » eux-mêmes). D’autres contestèrent la « teneur » scientifique desdits sondages ou leur incitation sous-jacente à poser des questions orientées à une opinion publique gavée de surinformation qui permet difficilement d’ajuster son ressenti…

Electeur lambda ou candidat politique, la plupart sont devenus en grande partie accros aux sondages, à l’instar d’un Valéry Giscard d’Estaing qui s’adjoint très vite les services de Michel Pinton, un « spécialiste des sondages » qui avait fait ses premières armes dans le staff de Bobby Kennedy (en 1968), ses successeurs de Mitterrand (qui préférait également consulté l’astrologue et ex-miss France Elisabeth Tessier), de Chirac (également friand des confidences de ses «conquêtes » journalistiques, inspirant quelques années après François Hollande) sans oublier Nicolas Sarkozy, qui comme on le voit encore de nos jours, consommait sans modération de véritable « plâtrées » de sondages…..

Mais on le sait, la belle mécanique bien huilée des sondages s’est grippée à partir de 1995, on se souvient d’Edouard Balladur, que certains sondeurs voyaient élu dès le premier tour, surtout face à un Chirac jugé « fini » autant d’ailleurs qu’en 2002 où l’incontournable Lionel Jospin devait lui donner le coup de grâce que ce dernier reçut à sa place mais de la part de Jean-Marie Le Pen que les sondeurs n’avaient pas vraiment vu venir….

On se rappelle toujours la disgrâce d’un futur candidat « socialiste » boosté par de prometteuses intentions de vote qui fondirent comme neige au soleil dans la chambre d’un hôtel New Yorkais ou plus récemment du vainqueur d’une primaire de la Droite qui avait terrassé son adversaire d'abord favori et était convaincu alors de devenir de facto le futur locataire de l’Elysée mais qui s’effondra comme un château de cartes soufflé par un fatal courant d’air politico-judiciaire….

Les sondeurs ont donc dû admettre que le «hasard » et les cas de force majeure pouvaient devenir le « matin » des outsiders, ceux qui à l’origine n’était pas inclus dans la spirale de la victoire potentielle, à l’instar des deux derniers présidents élus et pourtant….

On sait que de nouveau paramètres ont dû être pris en compte : la poussée de l’absentéisme surtout dans les tranches d’âge les plus jeunes, l’émergence d’une troisième force située à la droite de la droite de l’échiquier politique, l’effondrement du Parti Communiste , l’implantation durable d’une gauche radicalisée (quatrième force potentielle) ou l’émergence du vote écologique qui troublent le jeu à gauche tout comme à droite, où certains électeurs ne savent plus toujours où ils habitent…Après le « dégagisme de 2017 » qui a vu se brouiller le clivage droite-gauche, il est clair que tout cela constitue un véritable casse-tête pour le sondeur.

Mais jusqu’alors, les fondamentaux de cette « fiabilité » des sondages résidaient dans la lecture d’un premier tour (de piste) qui donnait dès lors la clé du deuxième tour : la quasi-certitude du vainqueur de l’élection sans véritable surprise….

En 2022, un nouveau concept a vu le jour, très largement entretenu par les médias et les sondeurs : l’annonce présumée d’un second tour, entre deux candidats qui ne sont toujours pas déclarés ! . Un duel entre un célèbre Journaliste (devenu Idéologue bankable) qui depuis son interdiction d’antenne par le CSA est devenu  paradoxalement omniprésent sur les chaînes en continu et un Président sortant, que certains accusent de profiter de sa fonction (mais c’est souvent le cas pour les sortants) pour faire allègrement campagne….

Quid du premier tour ? : les sondages ont d’emblée enterré une gauche tellement divisée que cela leur donne raison, d’une droite qui feint de croire à ses chances de reconquête sans un chef naturel,  sans oublier un Rassemblement national que l’on dit menacé par son « cousin » promis au second tour et surtout à siphonner un grand nombre de ses électeurs comme ceux d’une frange la plus conservatrice de la droite….

 

A l’orée 2022,  les commentaires vont bon train et l’intérêt pour la chose politique reste vivace même si les électeurs boudent de plus en plus l’isoloir et contrarient toujours plus les pronostics mais pas les impressions : les candidats « portés » par des sondages prometteurs se sentent «investis » d’une mission, ayant compris le message envoyés par leurs supporters tandis que les « artistes incompris ou jugés inaudibles » balayent d’un revers de main ces « sondages qui ne font pas l’élection » : il y a un peu de vrai dans tout cela et comme disait jadis le truculent Alexandre Sanguinetti : « Les sondages ne votent pas, ce sont les gens qui votent »

 

 

CIEL MON VENDREDI NOIR ! (Edito du 26 Novembre)

 

Ce 26 novembre 2021, c’était donc le « D-Day » pour déclencher le « Black Friday » une nouvelle « opération Overlord » version consumériste qui a débarqué sur le sol français, après avoir envoyé des éclaireurs dès le début de la « Black Week »et qui va se poursuivre jusqu’au « Cyber Monday » le 29 novembre….

Pour ceux qui n’auraient pas compris ce sabir franglais d’aéroport ou qui se gratteraient la tête en révisant leurs verbes irréguliers (to buy : I bought-bought), il s’agit bien de cette semaine folle, une fois de plus importée des Etats-Unis en 2013, s’imposant comme une vaste opération commerciale avec un pic de « bonnes affaires » à saisir le vendredi…


Une forme d’appel à la consommation qui a donné un « sacré coup de vieux » à nos soldes traditionnelles et autres journées de déstockage qui continuent cependant à survivre dans cet univers impitoyable de Dallas mercantile….


On le sait, les temps sont incertains, avec un rebond de l’épidémie et les mesures qui l’accompagneront, il est à parier que les magasins seront quand même pris d’assaut par des consommateurs autant masqués que motivés, omettant certainement les gestes barrières pour pouvoir saisir la bonne occase.


Cependant, le « Vendredi Noir » a connu une irrésistible ascension avec Internet, le désormais « compagnon de chevet » de cette nouvelle génération de clients avec ses « codes, us et coutumes », aussi bien en France qu’à l’Etranger et notons qu’en France, le « Cyber-Monday » est le jour essentiellement réservé au : "E : Commerce"....


Cette révolution numérique (appliquée également au marketing et à la formation notamment) qui permet aux annonceurs de proposer des réductions de prix sur leurs sites, en les modulant à leur guise en temps réel : l’efficacité alliée à la réactivité, en somme.


Cela implique que le « magasin virtuel » ne risque pas de baisser le rideau…face à cette nouvelle génération de clients « vaccinés » aux « affaires à saisir », n’hésitant pas d’avoir recours aux piqures de rappel et ayant procédé, malgré leurs dénégations au « grand remplacement » : celui du « petit commerce » face au « commerce de masse »….


C’est un fait, l’intérêt pour l’évènement connait un succès de plus en plus notable malgré les slogans actuels de pré-campagne électorale rabâchés les médias concernant le pouvoir d’achat, préoccupation n°1 des Français, devant l’immigration ou bien sûr la santé….


Cependant, la promotion massive de produits traditionnellement peu soldés que sont les smartphones ou tous les autres produits électroniques expliquent l’engouement du moment sans oublier les secteurs de la maison ou de la mode qui restent des valeurs sûres de notre société de consommation… Les grandes enseignes l’ont bien compris et on a ainsi vu s’envoler le nombre de connexions et de clics frénétiques sur les sites marchands….


Toutefois, des voix de plus nombreuses s’élèvent contre ce « panurgisme consumériste », accusant les promoteurs de cette « Cyber Week » d’incitation à la surproduction et surtout à la surconsommation, certaines associations de consommateurs ou de mouvements actifs accusant même les grandes enseignes de « promotions en trompe-l’œil » au vu des réductions proposées finalement dérisoires lorsque l’on fait des comparatifs plus aiguisés tandis que d’autres incitent à bouder l’évènement tout en voulant réinventer de nouvelles formes de « consommation », adeptes du recyclage, de l’auto production de biens, etc….


D’autres actions plus musclées ont eu lieu, en témoignent les blocages de certains centres commerciaux ou tout autre dépôt de commerce, prônant la lutte contre le « matraquage des cerveaux pour faire acheter plus »….


En attendant, rien ne semble arrêter pour l’instant l’irrésistible ascension du « Vendredi Noir », en attendant qu’un autre évènement venu d’Outre-Atlantique ne viennent le détrôner, comme disait La Bruyère : « Une mode a à peine détruit une autre mode, qu’elle est à présent abolie par une plus nouvelle qui cède elle-même à celle qui la suit »….

 

Allez, « Bon Vendredi » comme il vous plaira….

BOJO, UN CLOWN DEVENU TRISTE (Edito du 18 décembre).

 

« C’est une claque, que dis-je c’est une rouste ! »  Aura dû grommeler Boris Johnson en apprenant la perte de la circonscription du Nord Shropshire (Centre de l’Angleterre)  lors de l’élection partielle d’avant-hier et qui a vu basculer ce bastion Tory depuis deux siècles au profit d’une candidate du nouveau parti Libéral Démocrate qui a remporté le scrutin avec plus de 6000 voix d’avance envoyant au tapis un proche du Premier Ministre, qui avait profité de sa position de député pour faire du lobbying industriel…

Un sérieux revers et surtout un nouvel avertissement pour le locataire du 10, Downing Street, peu habitué depuis son accession au pouvoir en 2019 aux déconvenues électorales. Mais beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de la Tamise depuis ce temps glorieux où l’excentrique Mr Johnson, alias « Bojo » promettait aux sujets de sa gracieuse Majesté des « lendemains qui allaient chanter » après avoir claqué la porte de la maison « Europe »….

En effet, la crise sanitaire et une série de scandales sont passés par là, déstabilisant lentement mais sûrement le facétieux Premier Ministre jusqu’à ternir son image y compris chez ses plus fervents supporters.

Tout a commencé par une gestion dilettante de la crise du Covid (à l’instar de son «complice » au brushing : Donald Trump) et qui a provoqué des dégâts considérables de l’autre côté de la Manche : le plus lourd bilan de victimes en Europe (près de 150 000 morts) subissant un revers de bâton : lui-même ayant bien failli être envoyé « Ad patres » après avoir été contaminé...

Mais le leader Conservateur a su faire son Mea Culpa et pu redresser la barre en pratiquant une politique drastique en matière de prévention sanitaire,  devenant même un stakhanoviste avisé de la vaccination…

Malgré tout cela, comme on dit à Epsom : « Chassez le naturel, il revient vite au galop », notre fanfaron en chef est accusé d’avoir organisé des « petites réunions arrosées entre amis » en plein confinement strict (dont il était lui-même l’initiateur) prenant à la figure le fameux adage : « faites ce que je dis, pas ce que je fais »….

Ce type d’accusations n’a fait qu’accroitre le discrédit du locataire du Downing Street dont les récentes mesures en faveur de la lutte contre le variant OMICRON et sa volonté d’établir un Pass Sanitaire pour les grands évènements lui a valu un camouflet au Parlement : 99 députés Tories ont défié le chef du gouvernement en votant "contre" et la mesure n’est finalement passée que grâce aux votes des Travaillistes !

Il y a encore peu, rien ne semblait pouvoir déstabiliser un « Bojo »  jouissant d’une popularité « blindée » et d’une image de « Winner » : l’homme qui avait remporté « haut la main » les élections législatives, déjouant alors tous les pronostics puis réussi à « boucler » l’interminable feuilleton Post-Brexit, en outre favorisé par la faiblesse de l’Opposition pouvait ainsi se permettre de débiter de « bons mots » ainsi que des « promesses alléchantes » qui séduisaient encore une grande partie de l’électorat Britannique…

Mais le vent a tourné, outre la crise sanitaire, c’est surtout la crainte d’un avenir plus qu’incertain qui se profile à l’horizon et qui pourrait être fatal au Premier Ministre …

Une sorte de « Fog » persistant qui trouve son origine dans les premiers effets de la sortie de l’Union Européenne : pénurie de main d’œuvre étrangère (issue notamment d’Europe de l’Est et qui a quitté en grand nombre le Royaume-Uni : provoquant un véritable « Brexodus »),

Les problèmes d’approvisionnement dans les magasins et de facto l’ accroissement des inégalités notamment entre une Angleterre des « Upper Class » du Grand Londres et l’ex « Black England » dont les habitants se sont sentis peu à peu trahis par les promesses mirobolantes non tenues depuis deux ans….La vitrine alléchante d’un « monde meilleur d’après Brexit » symbolisé par « Goodbye UE !, Hello the Word ! »  risque de voir son rideau baisser à jamais…

Il est clair que pour beaucoup, Boris Johnson est étroitement lié au Brexit, dont il fut un temps opposé avant d’en devenir le porte-étendard, sorte de bonimenteur des temps modernes, assénant quelques contre-vérités ou autres mensonges qui ont réussi à faire basculer l’opinion publique. Mais à présent, le voilà devenu le « maître » et « esclave » à la fois de son œuvre…

Il a enfilé le costume du promoteur d’un libéralisme décomplexé, prônant une économie basée sur des salaires et des compétences élevés et accompagnés d’une fiscalité faible et d' un nouvel axe de libre-échange avec notamment les états du Commonwealth, d’Extrême-Orient et bien sûr de l’Amérique du Nord, comme centre de gravité de « l’Anglosphère » …tout en continuant à entretenir des relations « je t’aime, moi non plus » avec le Vieux-Continent :  un audacieux stratagème du joueur de Poker Boris mais qui peut s’avérer long et bien difficile à réaliser…

Sans oublier les nombreux contentieux qui commencent à constituer une montagne sur le bureau du Premier Ministre : les dossiers épineux concernant L’Irlande et son impossible frontière, l’Ecosse et sa volonté d’émancipation, la contraction du PIB due à la baisse des investissements et la délocalisation des institutions financières, etc…

Bref, l’ambitieux Boris, né en 1964 à New York (et qui eut très longtemps la double nationalité), éduqué à Eton et Cambridge où il côtoya un de ses prédécesseurs David Cameron (le premier à avoir déclenché imprudemment l’idée d’un référendum pour quitter l’Europe), devenu Journaliste (déjà incontrôlable) dans différents quotidiens Britanniques et correspondant à Bruxelles, puis Maire de Londres où il fit mordre la poussière à Ken Livingstone a longtemps pensé que rien ne lui résisterait, son côté iconoclaste et sa capacité à déjouer les pronostics constituant  une solide marque de fabrique.

Ses pitreries, ses bons mots ou bien sûr ses mensonges débités a longueur de journée ont fini par lasser une opinion publique qui doute de plus en plus de sa « capacité à gouverner » tout en lui reprochant d’avoir « encouragé » avec brio la corruption dans toutes les strates de la société britannique….

Dure réalité de l’exercice du pouvoir pour ce même Bojo qui, interviewé au JT de France 2 il y a quelques années, déclarait (en français) à Laurent Delahousse qui le questionnait sur ses ambitions personnelles « qu’il était aussi peu probable pour lui de devenir Premier Ministre que de se transformer en olive » (sic)….

Pourtant, même si l’étau se resserre de plus en plus pour lui, notre homme est persuadé qu’il peut encore redresser la barre comme sut le faire la vaillante et rusée Angleterre dans les périodes les plus sombres de son histoire, ça, c’est son côté Churchillien mais qui est systématiquement contrebalancé par son autre côté Benny Hill….

Wait and See…le suspense demeure (so british)….

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