Statue de Talleyrand
à Valençay (Indre).

TALLEYRAND

DANS LE SENS DU VENT OU DE L’HISTOIRE ?

 

 

Indéniablement, il mérite une place de premier ordre dans le « Dictionnaire des Girouettes », cet ouvrage politico-satirique publié une première fois en 1815 et réédité maintes fois depuis et qui recense les meilleurs opportunistes ou autres "retourneurs de veste" de tout genre qui ont su marquer l’histoire.

Comme le précise l’adage: "Il n’a que les imbéciles qui ne changent jamais d’avis".  

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord est certainement passé à la postérité pour cela, mais ce serait fort réducteur de s’en tenir à cette seule réputation aiguisée au gré d’une Histoire souvent balayée par des « vents contraires »…

Né le 2 février 1754 à Paris, dans une famille issue de la Haute Noblesse,  le petit Charles-Maurice commence sa longue existence en héritant d’un Pied-Bot, cette anomalie congénitale qui l' empechera d'embrasser la carrière des armes, sorte de "voie royale" pour tout aristocrate qui se respecte et à laquelle ses parents l’avaient destinée...

Mais dans l’Aristocratie, quand on est pas soldat, on devient ecclésiastique : l’occasion est toute trouvée pour succéder à son oncle, Archevêque de Reims et à la tête d’une fortune personnelle solide…

Il devient Prêtre en 1779 puis Evêque d’Autun, au sud de la Bourgogne. Cependant, le « souffle léger de l’Esprit Saint » ne le hantant que très partiellement, il effectue son premier revirement en quittant le clergé pour embrasser une vie laïque.  Il va trouver sa ou plutôt ses voies : celles de la Diplomatie et bien sûr de la Politique…

« Pour durer, mieux vaut aller dans le sens du vent » pourra être sa devise jusqu’à son lit de mort, d’où sa réputation d’avoir servi avec brio et sans aucune vergogne tous les régimes qui se succéderont entre la fin du XVIIIe et un bon tiers du XIXème siècle.

Son palmarès force l’admiration : Député des Etats-Généraux sous l’ancien Régime, Président de l’Assemblée nationale sous la Révolution, Ministre sous le Directoire, le Consulat puis le Premier Empire. Il appartiendra au gouvernent provisoire après la Chute de Napoléon en 1814 puis redevient ministre sous la Restauration puis finira sa carrière comme Ambassadeur sous la monarchie de Juillet…

Brillant causeur, Homme d’esprit, amoureux des plaisirs et du beau sexe, le prince Charles Maurice de Talleyrand-Périgord incarne l'art de vivre aristocratique au siècle des Lumières. Mais il apparait également comme un personnage cynique et corrompu, doué d'une intelligence supérieure et certains observateurs n’hésiteront pas à dire qu’il fut aussi le meilleur diplomate que la France ait connu...

D’autres seront tentés de dire qu’il a trahi tous les régimes qu'il a servis, mais jamais les intérêts supérieurs de l'État. Ah, l’art de la Nuance…

Concernant, cet opportunisme hors norme, le même Talleyrand, surnommé par ses détracteurs le « Diable boiteux » aurait répondu à Louis XVIII qui s’étonnait de le voir survivre à tous les régimes, la phrase suivante :

« Mon Dieu, Sire, je n'ai vraiment rien fait pour cela, c'est quelque chose d'inexplicable que j'ai en moi et qui porte malheur aux gouvernements qui me négligent. »

 

En 1800, Bonaparte avec lequel il s’est lié et qu’il passera sa vie à trahir comme les autres, l’incita à acheter le Château de Valençay (Indre) et son vaste domaine, un des plus grands de France à l’époque, situé entre Châteauroux et Argenton sur Creuse… Il y passera de nombreux moments et finira par être inhumé dans une Chapelle, situé non loin du Château, en plein centre-ville de ce village Berrichon.