• "Polnarevolution" Un parfum de scandale

  • Deep Purple

  • Boby Lapointe 1922-1972

 

1972…en musique(s)

 

Comme nous l’avions mentionné dans l’introduction, le monde de la chanson perd deux de ses plus illustres représentants cette année-là : le roi du « music-hall » Maurice Chevalier qui disparait le 1er janvier à l’âge de 83 ans, après plus de 70 ans de carrière ! ...et Boby Lapointe.

Concernant Maurice Chevalier, beau parcours pour le petit « prolo » des hauteurs de Ménilmontant qui finira par être un des rares français à avoir son étoile sur « Hollywood Walk of Fame ». A sa mort, il est un des artistes français les plus connus dans le monde, coiffé de son éternel « canotier » et de son « nœud pap » il avait conquis l’Amérique comme chanteur et acteur.

En 1971, il avait enregistré en Français et en Anglais la chanson du générique des « Aristochats » film à succès tourné dans les studios de son ami Walt Disney…

Robert Lapointe, dit « Boby Lapointe » disparaît en juillet, à seulement 50 ans, rongé par un cancer du pancréas. Né en 1922 à Pézenas (Hérault, ville chère à Molière), c’est également là qu’il s’éteindra.

Il fut l’un des proches de Brassens, qui l’aida dans ses moments difficiles. Et Boby Lapointe en connut un certain nombre. Pourtant, il est l’auteur de quelques jolis succès dont « Aragon et Framboise », « Ta Katie t’a quitté » ou encre « l’Hélicon ».

Ancien élève en classes préparatoires scientifiques, c’est l’arrivée de la guerre qui lui fait interrompre ses études. Doué pour les mathématiques et les sciences en général, il sera notamment le créateur du système dit « bibi-binaire » qui est un mode de représentation graphique et phonétique des chiffres hexadécimaux tout en mettant également au point un système d’embrayage automatique pour voiture, mais il se voit refuser la dépose de son brevet car l’invention est jugée peu rentable à l’époque (c’est finalement un concurrent américain qui le fera).

Mais outre les chiffres, ce sont également les mots qui forgeront la réputation de Boby Lapointe. Malheureusement très en avance sur son temps, ce roi du jeu de mots, des contrepèteries et des calembours qui les distillent allègrement dans son répertoire musical n’est pas toujours compris de ses contemporains et surtout des producteurs qui jugent son style trop intellectuel au risque de rebuter le « Grand Public ».

Il fera également une carrière d’acteur au cinéma, on le voit notamment dans « Tirez sur le Pianiste » de François Truffaut où il interprète « Avanie et Framboise » (qui est sous-titrée !) , accompagné au piano par Charles Aznavour ainsi que des seconds rôles dans les films de Claude Sautet dans les années 70.  Post-Mortem, il connait un regain de notoriété et de redécouverte par les générations nouvelles…

 

Côté Classique, Herbert Karajan, à la tête du Philarmonique de Berlin, enregistre la « version officielle » de l’Hymne de l’Union Européenne : « l’Ode à la joie » extrait de la 9ème symphonie de ce bon vieux Ludwig van Beethoven. Une Union Européenne qui continue d’ailleurs de s’élargir avec l’arrivée prochaine de trois nouveaux états : la Grande Bretagne, le Danemark et l’Irlande qui vont rejoindre en 1973, les six autres pays fondateurs (dont la France).

Côté Jazz, c’est la grande époque des festivals de Nice, Chateauvallon (Var), Montreux (Suisse), Monterey ou encore Newport. Ella Fitzgerald se produit à Paris.

La scène Jazz est dominée par les Stanley Clarke, Stan Getz, Keith Jarrett, Gato Barbieri ou le Français Jean-Luc Ponty, qui va surtout cartonner aux Etats-Unis…

 

LA MAISON FRANCE 

 

1972, c’est aussi l’âge d’or du disque Vinyle : en France cette année-là, on a vendu un plus de 48 millions de 45 tours et 33 millions d’albums 33 tours. Dix ans avant la commercialisation et la « révolution » des CD, les microsillons ont encore la belle vie : à l’époque pas de « piratage » possible sinon peut-être par l’intermédiaire de la mini-cassette, créée par Philipps en 1963 et qui se développent progressivement, permettant (sans véritable qualité technique) de « pomper » quelques morceaux fétiches sans passer par la case « Disquaire »….

La vague « Yé-Yé » est terminée depuis longtemps et ses « vedettes » sont souvent tombées dans les oubliettes, à l’exception toutefois de quelques rescapés qui ont su se « recycler » au fil des nouvelles modes : notre Johnny Hallyday national est toujours là, parfois imprévisible comme ce fameux concert de Grenoble où il fait « une fugue » pour rejoindre sa femme Sylvie Vartan qui enregistre à Londres, laissant en plan des milliers de fans et faisant vivre  un grand moment de solitude au présentateur du spectacle, Sam Bernett, animateur vedette de RTL qui doit « meubler » jusqu’à finalement réapparaitre vers 2 heures du matin et commencer son concert !.

Son vieux complice Eddy Mitchell, qui a cependant connu quelques « trous d’air , affûte son talent de parolier et oscille entre le style « rock » de ses débuts en y insufflant une pincée de Country et la bonne « variétoche ».  Cette année-là, il sort son album studio « Zig-Zag ».

Leur bon copain du « square de la Trinité » Jacques Dutronc, ex-guitariste du groupe les « El Toro et les Cyclones » a percé dans le mitant des années 60 et « cartonne » depuis 1966 avec de très nombreux « tubes » qu’il met en musique et qui sont écrits par son complice Jacques Lanzmann. Cette année, petite page nostalgie avec « Le petit jardin » celui près de la Chaussée d’Antin….

Annie Chancel, fille de français moyen originaire de Créteil (Val de Marne), mais plus connue sous le nom de « Sheila » a également survécu à la vague de « Salut les Copains » et chante alors « Oui, je t’aime » et ne va tarder à roucouler avec Guy Bayle, alias « Ringo » archétype du chanteur à minettes, avec lequel elle va former un éphémère duo qui connaitra quelques succès à la clé… Mais au niveau du duo, c’est plutôt celui de « Stone et Charden » qui cartonne cette année-là, notamment avec « l’Avventura »…ou « Made in Normandie ».

C’est la grande époque des émissions de variétés orchestrées par le couple Maritie et Gilbert Carpentier qui réunit des artistes entre eux pour faire des sketches sympas, sans intention de faire de la promo ou du « service après-vente » comme c'est le cas aujourd'hui...

N’oublions pas Guy Lux et sa complice Sophie Darel avec « Cadet Rousselle » l’émission de variétés de référence où se produisent toutes les « vedettes du moment » dont Claude François qui enchaîne « tubes sur tubes » avec le célébrissime « Lundi au soleil » et « viens à la maison »,

Cloclo est également un rescapé de la période « Yé-Yé » mais l’ancien batteur venu d’Egypte sait s’acclimater à toutes les nouvelles tendances comme le « citoyen du monde » au léger strabisme , Joe Dassin qui interprète « Vous les amoureux » et  « l’équipe à Jojo ».sans oublier le sympathique et très populaire Gérard Lenorman et ses « matins d’hiver » qui ne tardera pas également à collectionner les « disques d’or »…

Un autre Américain à Paris qui a écrit pour Elvis interprète le « Lac Majeur », il s’appelle Mort Schumann, pianiste bourré de talent mais également souvent « bourré »tout court tandis qu’une petite française, fille d’un député Gaulliste, Véronique Sanson commence à se faire un nom avec « besoin de personne » quelque de temps avant de larguer Michel Berger pour tomber dans les bras de Stephen Stills du fameux groupe « CrosbyStills, Nash and Young ».

Patrick Juvet, curieuse imitation « Helvète » de David Bowie car optant pour un look androgyne et adepte du maquillage appuyé apparait sur la scène musicale de cette année-là avec son tube « La Musica » complètement dans « l’air du temps ».

C’est en effet une époque où l’on peut espérer faire un malheur et devenir un chanteur « à minettes » qui vont se pavaner devant vous ad vitam aeternam, enfin presque. Vous rajoutez un look beau gosse à tifs longs, col « pelle à tarte » et « pattes d’eph » et le tour sera joué.

Cependant, la « révélation » venue de l’autre côté des Alpes est un pianiste et un mélodiste très doué, il composera d’ailleurs la musique du « Lundi au Soleil » interprété par Claude François mais l’auteur de « où sont les femmes » restera prisonnier de son image jusqu’à sa disparition récente…

Mike Brant, chanteur Israélien, né en 1947 avait été découvert par hasard par Sylvie Vartan et son « secrétaire » Carlos dans une boite de Téhéran où il se produisait. Ils sont subjugués par la puissance de timbre de voix et décident de le faire venir en France en 1970,  Celui qui voulait devenir Crooner va très rapidement connaître un très grand succès populaire, interprétant des chansons en phonétique car à son arrivée, il ne parle pas un mot de Français ! .

En 1972, il est au sommet de sa courte et fulgurante carrière quand il interprète « Qui Saura » en tête de tous les Hits Parade… Son découvreur Carlos, alias Jean-Chrysostome Dolto, ex-secrétaire et garde du corps de Sylvie Vartan s’est lui-même lancé dans la chansonnette, interprétant « Je préfère manger à la cantine ». Le fils de la Psychanalyste Françoise Dolto continuera par la suite d’enchaîner les succès rigolos et bon enfant.

C. Jérôme interprète « Kiss Me » autre succès du moment tandis que Michel Sardou, l’enfant de la Balle, s’installe pour de longues années en tête du Hit-Parade. En 1972, celui que ces détracteurs accuseront de façon exagérée d’être tour à tour homophobe (« le rire du sergent »), mais également franchouillard et réac, interprète « J’habite en France »….

Son vieux pote Michel Fugain, avec lequel il était coloc’ à l’époque des vaches maigres explose cette année-là avec sa troupe le « Big Bazar » enchainant les tubes dont beaucoup sont devenus des standards à commencer par « Une belle histoire » en cette année 1972…

Les Michel ont décidemment la côte : Delpech également habitué aux meilleures ventes de disques interprète « Que Marianne était jolie » tandis que Polnareff fait scandale avec l’affiche de son futur spectacle « Polnarevolution » où il apparait les fesses à l’air. Il fait le « buzz » avant l’heure. Il interprète la « Mouche » et « Holidays »….

C’est également la grande époque des Gilles Marchal (« l’été à fleur de peau »),  Pierre Groscolas (« l’amour est roi ») ou encore Christian Delagrange (« sans toi, je suis seul ») qui connaitront durant cette décennie 70 une grande notoriété avant de tomber dans un certain oubli (ou « repêchés » dans les « Tournées des Idoles » ou « les années bonheur » de Patrick Sébastien)…

Deux ans avant l’émergence de la « Nouvelle Chanson Française » qui submergera les « ondes françaises », la chanson post yéyé puis post hippie a déjà fait sortir du lot quelques éléments prometteurs : Julien Clerc, compositeur autodidacte révélé par la comédie musicale « Hair » (remplacé ensuite par Gérard Lenorman) interprète « Ce n’est rien » écrit par son fidèle complice Etienne Roda-Gil ou encore Maxime Le Forestier qui interprète son tube « San Francisco » ou encore « Mon frère ». Le jeune auteur compositeur interprète originaire de Vendôme (41) s’affiche clairement comme un «enfant de Brassens » Georges Brassens qui interprète le savoureux « Roi des cons »

Jacques Brel qui a fait ses adieux à la scène en 1966, devenu acteur à succès et réalisateur (avec beaucoup moins de succès, dont « Frantz » qui sort cette année-là où il partage l’écran avec sa complice Barbara) , trouve cependant le temps de réenregistrer ses succès (« les flamandes », « quand on a que l’amour », « ne me quitte pas » , etc..).

Jean Ferrat, fatigué par l’éreintante rançon du succès, décide de « faire ses adieux » à la scène en se produisant au Palais des Sports de Paris. Chanteur engagé comme chacun sait, il est violemment attaqué par Marie Laforêt. « La fille aux yeux d’or » qui doute de son « militantisme » qu’elle juge plus salonard que concret…

Léo Ferré enregistre un double album en public « Seul en scène » à l’Olympia. L’éternel poète anarchiste franco-monégasque interprète en autres : « L’oppression ».

Charles Aznavour, un an après « Mourir d’aimer » sur l’impossible amour entre une professeure et son élève, interprète « Comme ils disent » un texte qui traite de l’homosexualité à une époque où le sujet est encore tabou et sans façon ironique comme c’était beaucoup le cas à l’époque mais les déclarations  de Jean-Louis Bory, critique de cinéma et écrivain dans les colonnes du « Nouvel Observateur » ou dans l’émission « Campus » sur Europe 1 où il sera l’un des premiers à faire son "coming-out".

Mais 1972 est également marqué par la grande vogue de la musique d’inspiration Folk et Celtique.

Le 28 février, Alain Cochevelou, alias Alan Stivell se produit avec ses musiciens sur la scène de l’Olympia à Paris. Le futur promoteur de la Word Music, né à Riom (Puy de Dôme) en 1944 est le fils de Georges Cochevelou, « touche à tout : traducteur , Luthier et inventeur à qui l’on doit notamment la renaissance de la Harpe Celtique devenu l’instrument de prédilection du fils qui interprète devant la forte diaspora Bretonne de Paris et d’Ile de France le fameux standard « Tri Martolod »…

Gilles Servat (né en 1945 à Tarbes), Breton né en exil comme son prédécesseur, Gilles Servat va composer dans sa chambre de bonne à Paris, « la Blanche Hermine », il ignore alors que son morceau devient une sorte d’Hymne Breton en guerre contre « l’envahisseur français ». Poète et Romancier, Gilles Servat sort donc son premier album en cette année 1972 :  « la Blanche Hermine » qui contient les fameux morceaux à l’humour grinçant : « les Bretons typiques », « l’institutrice de Quimperlé » ou encore « Les Prolétaires » remporte un grand succès commercial et public, obtenant même un disque d’Or.

Quand on parle de Bretagne, on n’oublie pas Tri Yann, ce groupe qui s’est formé en 1970 et qui fera ses adieux à la scène en.2021 ! Il sort cette année là son premier album « Tri Yann an Naoned » (les 3 Jean de Nantes) qui inclut les morceaux « les Prisons de Nantes » « Tri Martelod » ou encore « An Arlac’h ».

Les groupes Folk commencent à trouver leur public, à l’instar de Sourdeline fondée cette année-là par Jean-Pierre Danielsen, un guitariste originaire d’Etampes, de sa future femme Catherine Burban et d’un copain d’enfance qui monte ce groupe reconnu comme une véritable référence dans le milieu du Folk-Rock. Sourdeline est le nom d’un instrument à vent, le groupe est très influencé par le Folk Anglais de ces années-là et aime mêler la musique ancienne à celle plus traditionnelle.

Mais le groupe sera un peu « éclipsé » par le succès de Malicorne,  qui verra le jour en 1973 mais qui basculera plus tard vers le Rock Progressif

Mais également par la Bamboche, avec son leader Jean Blanchard…qui s’inspire du folklore musical du Centre de la France ou encore Mélusine.

Un autre groupe folk, les Troubadours connait alors une indéniable notoriété aussi bien en France qu’à l’étranger, ce quatuor né en 1965 puis trio composé de deux musiciens et d’une chanteuse Franca di Rienzo accompagne d’ailleurs Jean Ferrat dans sa « tournée d’adieu » au Palais de Sports en cette année 1972

Les Ménestriers, Groupe de musique médiévale connait également un certain succès, reprenant les grands thèmes du répertoire oublié du moyen-âge et de la renaissance qu’ils remettent à la mode, accompagnés de leurs instruments traditionnels : luth, guimbardes, basse de viole ou encore cistre….

 

 

LE ROCK FRANÇAIS

 

Le Rock Français de 1972 existe mais n’a pas encore « explosé » comme il le fera dans les années suivantes. La prédominance du Rock Anglo-Saxon, l’absence de grandes salles pour se produire et le faible support médiatique, mis à part « Pop 2 » présenté par Patrice Blanc-Francard sur la 2ème chaîne,  au « Pop Club » de José Artur sur France Inter , où Bernard Lenoir fait ses débuts, « Campus » de Michel Lancelot sur Europe 1 ou encore Jean-Bernard Hebey sur RTL sans oublier les revues spécialisées « Rock n’ Folk » , « Best » ou « Actuel » qui font connaitre les groupes et leurs tournées à travers la France.

Beaucoup de groupes se forment dès la fin des années 60 et au tout début de la décennie : citons Anarchic System qui opte pour des morceaux « électrorock » dont une reprise du «méga-tube » de l’année : « Pop-Corn ».

Le groupe qui émerge vraiment est Ange, originaire de Franche-Comté et son leader, Christian Décamps. En 1972, encouragé par le magazine Best et l’animateur Jean-Bernard Hebey sur RTL , Ange, propose un rock progressif teinté de textes médiévaux et sort son premier disque : « Caricatures »

 

D’autres groupes de Rock Progressif autour d’Ange voient le jour à l’instar de Gong qui compte parmi ses membres le flutiste Didier Malherbe et le Guitariste Britannique Steve Hillage , Triangle, un des meilleurs vendeurs de disque dans ce marché français et qui sort l’album « Viens avec nous »  Atoll, un groupe Lorrain ou encore Zoo qui accompagnait musicalement Léo Ferré (« Le Chien », « La Solitude ») sur scène mais qui se sépare cette année-là, victime d’une faible audience sur le marché anglo-saxon qu’il avait tenté d’approcher (les morceaux sont enregistrés en Anglais dans leur dernier album « Hard times, good times ») et qui a vite plafonné dans un marché hexagonal autant réduit que peu porteur à l’époque.

Dynastie Crisis qui ne va pas tarder à accompagner Michel Polnareff dans ses tournées sort son 45 tours « Faust 72 » qui connait un joli succès commercial.

Les Variations sera un des premiers groupes de Hard-Rock Français, composés de musiciens issus la communauté Juive sépharade du Maroc et qui interprète cette année-là : « Je suis juste un Rock n’Roller »

Créé en 1969, l’inclassable Magma, créateur de la musique « Zeuhl » (qui signifie Musique céleste en Kobaien, la langue inventée par Christian Vander, le leader du groupe) apparait dans le film de Jean Yanne « Moi y’en à vouloir des sous ».

La plupart de ses groupes se produiront beaucoup dans le réseau très étoffé des MJC (Maisons des Jeunes et de la Culture), parfois connaissant une plus grande notoriété à travers la France plutôt qu’à Paris….

Comme on peut le voir, certains de ses groupes se font déjà un « nom » au sein de leur région : à Metz pour « Zoo » par exemple ou qui font leurs premiers concerts au Havre, comme Little Bob Story et son leader Roberto Piazza…

 

BRITISH OR AMERICAN CONNECTION

 

C’est clair : la musique Pop anglo-saxonne, du fait de son rayonnement international et du développement inexorable de la langue Anglaise occupe les premières places dans cette catégorie : c’est la grande époque des « Super Groupes » , il suffit de citer les Rolling Stones,  le groupe Londonien a pu profiter de la séparation des Beatles en 1970 pour réoccuper la première place de la « Galaxie Rock » et de pouvoir avoir une audience aussi forte des deux côtés de l’Atlantique.

Pourtant en 1972, Mick Jagger et ses acolytes (dont Mick Taylor, le guitariste qui avait remplacé Brian Jones en 1969) enregistre l’Album « Exile on Main Street » en France, sur la Côte d’Azur (où Jagger et Richards possèdent chacun une propriété) et ne se produisent pas en Amérique du Nord.

Les Who viennent également en France pour donner notamment un spectacle à la Fête de l’Humanité. Le groupe Londonien vit sa grande période « opéra-rock » et enregistre d’ailleurs une nouvelle version de « Tommy » sortie en 1969.

Led Zeppelin est au sommet de son « art » , parcourant la planète (USA et Océanie, notamment), le groupe de Jimmy Page, John Paul Jones,  John Bonham et Robert Plant a déjà exploré avec brio tous les courants musicaux depuis sa création en 1968 : Rock psychédélique, folk puis à présent Hard-Rock, devenant même au passage un des fondateurs du « Heavy Métal ». Un an après la sortie de l’album « Led Zeppelin IV », le groupe interprète sur scène quelques morceaux « culte » dont « Rock n’ Roll » et bien sûr « Stairway to Heaven »…

Deep Purple, groupe issu de la province anglaise formé en 1968,  un des pionniers du Hard Rock avec Led Zeppelin et Black Sabbath et qui compte comme membre le chanteur Ian Gillian et le bassiste Roger Glover.

Ils enregistrent en mars 1972 à Montreux (Suisse)  l’album « Machine Head » qui contient notamment le tube planétaire « Smoke on the Water » un des plus célèbres « riff » de l’histoire du Rock , inspiré d’un violent incendie survenu lors d’un concert de Frank Zappa au Casino de Montreux, sur les bords du Lac Léman.

 

Blue Oyster Cult sort cette année-là son premier album qui porte son nom,  Les Kinks, groupe majeur des frères Davies est toujours resté dans « l’ombre » de ses rivaux (Beatles, Stones) et dont le tempérament imprévisible de ses membres ne lui a pas permis de s’imposer véritablement sur le marché US, sort cette année-là un album plutôt estampillé « Country ».

C’est la vie de la « planète pop » et de sa diversité : quand des groupes disparaissent comme Slade ou MC 5, d’autres voient le jour dans des registres totalement différents : ce sera le cas pour Van Halen  (avec deux frères d’origine Néerlandaise, dont la famille a émigré aux USA) ABBA (Groupe Suédois de variété Pop qui chante en Anglais) qui ne vont pas tarder dans leur domaine respectif à connaitre un succès planétaire.

Pink Floyd, né en pleine vague « psychédélique » en 1966-67, prend un virage en ce début des années 70, optant pour le rock progressif, enrichi par une musique planante et des textes à la portée philosophie, « affinant » des albums-concepts qui sont souvent « rodés » au cours d’enregistrement en « Live »

Ce sera le cas pour « The Dark Side of the Moon » expérimenté sur scène durant l’automne 1972 et dont l’Album sera commercialisé au printemps 1973, connaissant un succès planétaire…

Genesis, groupe de rock progressifavec Peter Gabriel et Phil Collins sort l’album « Fox Trot » qui sera un des plus vendus de sa carrière.

La vague des « Duo » notamment caractérisée par l’extraordinaire succès de « Simon et Garfunkel » est semble t’il passé de mode, comme c’était le cas dans les années 60. Pourtant les deux copains New-Yorkais, séparés depuis 1970 après la sortie du chef-d’œuvre « Bridge over trouble water » , se retrouvent au Madison Square Garden pour un concert de soutien au candidat Démocrate Mc Govern (qui ne sera d’ailleurs pas élu contre Nixon).

 

 

 

 

 

LE MATIN DES EXCENTRIQUES

 

C’est bien l’âge d’Or des « Excentriques » : qu’ils s’appellent Vincent Damon Furnier, alias « Alice Cooper » qui s’affirme comme un des leaders incontestés du « Shock Rock » qui n’est pas forcément un style musical bien défini (quoique proche du Hard-Rock) mais plutôt un style de prestations scéniques dont le dessein est de « choquer » avant tout, avec des mises en scènes grandguignolesques, du sexe, de la provocation pure et dure

Alice Cooper opte également pour un look « déjanté » paré d’un maquillage outrancier et visiblement, ça séduit et cela produira des émules comme Kiss à cette période jusqu’à Marylin Manson de nos jours…

Dans le registre provoc’, David Bowie opte également pour un look Androgyne et maquillé et affine son personnage de Ziggy Stardust sur scène. Venu du Folk et du Mime, cet artiste complet (il sera également acteur par la suite) s’était fait connaitre par son tube « Space Oddity » en 1969 mais également par « Life On Mars » (La Vie sur Mars) en 1971.

 

Il explorera de nombreux courants musicaux, dont le R n’B, la soul, le Dance-Rock ou le Glam Rock avec son album « The Rise and fall of Ziggy Stardust) qui sort en 1972…

 

Reginald K. Dwight, plus connu sous le nom d’ Elton John a 25 ans et va connaitre une immense gloire au cours de cette décennie, en produit pas moins de 17 albums. En 1972, cet auteur-compositeur-interprète qui ne va tarder à jouer du piano debout sort son album « Honky Château » qui fait d’ailleurs allusion au fameux Château d’Hérouville (Val d’Oise, France) où le disque a été enregistré. Le morceau le plus fameux est « Rocket Man »…

 

Cat Stevens (Steve Georgiu), le futur Yusuf Islam (il se convertira à cette religion en 1977) interprète « Morning has broken », Rod Stewart, chanteur du groupe « The Faces » chante « Stay with me », sans oublier Tom Jones, le chanteur Gallois exilé aux USA, Gary Glitter, Billy Paul et son méga-tube planétaire : Me and Mrs Jones » et Gilbert O’ Sullivan chante “Clair” …

Elvis, toujours le «King » enchaîne les concerts notamment à Las Vegas et au Madison Square Garden à New York tout comme John Lennon et Yoko Ono (« concert de Charité »), son ancien complice Paul Mc Cartney tourne avec son groupe « The Wings », etc, etc, etc….

 

 

Une année musicale riche et variée qui annonce le début d’un nouveau cycle, en France notamment, avec l’arrivée prochaine de « la nouvelle chanson française » mais également d’une véritable « révolution rock » et la naissance de nombreux groupes venus de la France entière (dont Rennes et Toulouse). Au niveau international, l’apparition de nouveaux groupes au succès planétaire….

 

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30. Avril, 2022

INTRODUCTION

Avoir 10 ans en 1972...